‹ Adèle et Théodore, ou, Lettres sur l'éducationChapitre 40 sur 43 · LETTRE XLIV · texte numérisé non relu

LETTRE XLIV

La Baronne à madame de ï^almont,

De Paris.

Je suis arrivée, madame^aYant-bieri el je ne puis vous parler encore de M. d' Aimeii et du chevalier de Yalmool : ils. sont tou* jours en Picardie; mais j'ai reçu aujourd'hui une lettre de M. d'Aiineri , qui m'annonce que j'aurai le plaisir de le voir dans quatre ou cinq jours au plus tard : an reste » tout ce qui cennoit ici le chevalier de Yalmont est enchanté de lui , et Ton vante également ses agrémens , son esprit ^ sa douceur et sa conduite. Il est lûén à désirer que M. d'Ai- Bieri ne le livre à lui^^iaéme que dans deux ou trois an6^ c'est-à-nlire, qu'il le suive partout jusqu'à cette époque, comme il a fait )ttsqu'idi. M* d'Aimerin'aime pas le monde, . mais il n'est permis de suivre ses goûts quaprès «vw rempli ses devoirs ^ et f cm

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ne peut songer à vivre pour soi ^ que lorsqu'on n'est plus utile à ses enfans.

J'ai reçu hier la visite de madame d'Olcy ; le chevalier de Vahnont réussit trop bien dans }e monde » pour qu'elle n'ait pas pour lui , non - ^ulement les sentimens d'une tante, mais ceux d'une mère^ ce sont ses en pressions. Elle m'a fait entendre qu'elle avoit déjà des vues pour son établissement; îl me semble que c'est s'en occuper de bien bonne heure; et j'avoue que ce ne seroit pas madame d'Olcy qui me détermineroit dans mon choix : car j'imagine* qu'elle compte pour peu de chose le mérite pecsonnely et pour rien l'avantage d'une bonne éducation. Dans une affaire d'où dépend le bonheur de la vie, je crois qu'il ne faut jamais consulter les personnes que la vanité seule conduit ou détermine.

Je vous envoie , madame , les livres que vous désiriez, et j'y joins Un livre nouveau qui fait assez de bruit : c'est le coup d'essai de Porphire, ce jeune homme, élève de M. de Lagaraye , dont vous m'avez entendu parler si souvent. Cet ouvrage me paroît

igné de vous intéresser ; quoiqu'il soit odeme ^ vous le lirez plus d'une fois avec âisir ; le style en est pur et naturel ; on y trouve point de phrases obscures , relerchées , amphibologiques, et de ces disiraies choquantes^qui décèlent tout à coup ! mauvais goût d'un écrivain : on sait bien ne le meilleur ouvrage a ses défauts et ses lOrceaux foibles ; mais un auteur qui sait znre aura toujours de la clarté, de la Hté I et le ton qui convient au sujet qu'il aite«

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