LETTRE VIL
lie Baron au Vicûmte.
Oui , mon cher yicomte , vous ne rcconnottriez pas Théodore; il n'a plii3 en effet ce teint Hanc et délicat des enfans élevés à Paris ; il est grandi de la tête ^ et fortifié à proportion; et celle métamorphose est due , non-seolement à Pair pur qu'il res{nre icî^ mais aussi à la vie active qu'il y mène. U est également accoutumé à supporter y sans en être incommodé y le chaud 9 le froid ^ le soleil et la pluie ; Je ne lui ai fait prendre ces différentes habitudes que peu à peu^ sans précipitation comme sans excès; car^ pour fortifier son corps , je n'ai pas eu la cruauté de le faire souffrir, ou l'imprudence d'exposer sa vie*.
Rousseau veut qu'on ne prenne aucune
^ J'imaginai depuis pour mes élevés différens exercices que je leur ai fait suivre avec le plus
Et THEODORE. :i
précaution pour les enfans , qu'on les laisse tomber , se blesser^ qu'on les eipose sans cesse aui plus grandes rigueurs des sai-* sons : en prescrivant toutes ces choses , il tombe dans l^nconvénient qu'il recom* mande tant d'éviter , celui de rendre les enfans malbêureux : ensuite il dit : ce Que D faut - il donc penser de cette éducation D barbare qoi sacrifie le présent à un avenir. D incertain*»..? etc. D Et dans le méine volotne^ il dit aussi ^ a Armons toujours )» nionune contre les accidens imprévus ; y^ qa^Émde coure les matins à pieds mu ; » en toute saison ,, par la chambre , par 9 Féscalier ^ par le jardin ; loin de l^en » gronder ^ je l'imiterai , etc. 19
gran'Â succès penaant treijce ans. On me confia ctiéitajiê dâiu'îm tjrës-mauYaîs ëtatde santé; l'te d'^nitiMt^to délkat inquiétbint à la taille , j'ai parfaitement ratifié ce défaut et rétabli lettr> sasiié; màcim 4'enx n'a été; malade durant Iek«çonrs 4^ rédocatjlpn. J*ai consigné Hoâ ces détajils danâ m>n oxm^g/^ intitulé .: Journal 4'EdncaUpn^ on Leçons d'une Gouvernante à ses Ëlèves.
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ADELE
dôi^é , SI, au mois de janvier^ u se promené
dails mon parc siaths bas et sans souliers.
RousseauV toujours pour qriher son ^èpe
contre les qcçiaei^s imprévus , ^rouble s,on
re
la lyiil; enfan îe né vois pomt d'eafant plus
louripiente et plus malAeureuî; que ce pau-
"• :!»?•■/,■ ■.; Tt'i" ''■ • •^'^"''■i-'t^ »» .?.>-iriii^/ vre J^mile.. Unç ^utre idée de Kou^eaûjoie
paroit 'ôncorq pli?s diangereûsé : a^Accoutu-
» mez r^eve., dU-il, a ne compter nilsur
» la naissance i m sur la santé , m sur, les
» richesses ; ebranlesi , .ettrayçz son imagi-
» nation des périls dont tout li'omme est
)). sans cesse environné ; qu'il voie autour
».<?«.¥ to.»»***^ aWipe^ <i.,Ç»e9»> W>^te%
» idôrpcurd'y iQïnlieï?i>i ifjoitiojinVÛ ^ ■; ' Tout ' cela^' afki de^x^dne) Fjch fmM^ compatîssaflt; lAàis^pôûî* cel^dBjèfe prfertbïli une autre rtiéthodé , caF telles» Aë' lè rëndroît que p()itrbri. ÈtilafappreriWàïïe'-éb;^^^^^^ ni sur la santé ^ ni sur les richesses^ mon*
• ET THBQ»OEE'. .r . • -^ 47
rhomme couragçuxt6l'.Y6|1Jaèw; {K^gaeirle cet homme y noble , patient, supérieur à ta destinée : il n'en sera que plus intéœssant , 70lre élève ne l'en plaindra que davantage; mais cette compassion , loin d'amollir son âme 9 ne fera que lui donner plus d'élévation et de grandeur : la pitié devient sublime quand elle est unie à l'admiration. Enfin y de celte manière , l'enfant sera profondément touché de la situation de votre héros^ mais ii ne sera point épouvanté de son sort, et il se promettra de supporter uue semblable destinée avec la même vertu, si jamais elle doit être son partage. Adieu, mon cher vicomte ; je vous assure que, malgré tout le bonheur dont je jouis ici , je pehse avec un grand plaisir que j'en partirai dans un an , puisque cet instant doit nous réunir.
M. d'Aimcri est parti hier avec son petitfils; il commence ses voyages par le Nord, qu'il ne connoît point , et va directement
bS ADËLË
en ***^^. Je lui ai donné une lettre pour le Comté éd Boseville ^ qui sûrement prendra de ramitié pour lui> car ces deux hommes <mt trop de mëttte pour ne pas se convenir mutuellçment.
2T THEODOBE. t^