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deuxième survit et présente, après un mois, une petite adénopathie inguinale qui va s’accentuer peu à peu, pour rester ensuite stationnaire.
Le 8 avril 1929, soit après 6 mois de survie, l'animal est sacrifié. L’intégrité des viscères est absolue, le foie est normal ; la rate est un peu augmentée de volume, mais les frottis, l'examen histologique et la réinoculation de fragments à de nouveaux cobayes (III et IV) montrent l’absence de tout processus tuberculenx à son niveau.
Les seules lésions constatées consistent en une hyper-
trophieconsidérable des ganglions inguinaux du côté inoculé, hypertrophie sans suppuration, atteignant le volume d’une grosse noisette. Les groupes bronchiques, quoique beaucoup moins volumineux, sont également hypertrophiés. Les groupes axillaires, inginaux du côté opposé sont relativement moins atteints, mais également hypertrophiés.
. Sur les frottis de ces ganglions, en apparence énormes, il faut de patientes recherches pour déceler le bacille de Koch : ce n'est qu'après deux heures d'examen que l’on décèle un petit groupe de trois bâtonnets acido-résistants.
Les ganglions, broyés selon la technique habituelle, sont reportés sur deux cobayes V et VI.
Le cobaye AF V, inoculé le 4 avril présente, après 4 semaines, une petite induration ganglionnaire de l’aine droite. Cette induration augmente peu à peu, et à la fin de mai, elle prend des proportions considérables, s’accompagnant d’un gros empâtement périganglionnaire qui lui donne les dimensions d'une grosse cerise. En juin, la réaction inflammatoire paraît diminuer, cette régression très vite fait de grands progrès, en juillet elie est devenue moins importante qu'à la fin d'avril.
L'animal paraît avoir un excellent état général, il n’a pas maigri, mange bien, son poil est lisse et luisant.
Quatre mois après l’inoculation, l’animal est sacrifié. A
l’autopsie, le péritoine et l'intestin sont normaux — le foie est marbré, violacé, mais ne présente pas trace de granulations, ni en surface ni sur les coupes — de même il n'existe aucune lésion perceptible sur la rate, dont le volume est normal. Les poumons sont fortement congestionnés, mais les coupes faites en tous sens ne montrent aucune granulation. Par contre, on trouve deux ganglions bronchiques fortement hypertrophiés gris, fermes — et si les ganglions lombaires paraissent intacts, par contre il existe une importante adénopathie inguinale du côté où l’inoculation a été pratiquée. On décèle à ce niveau, noyés dans la graisse, deux ganglions dont l’un a la forme et les dimensions d'une fève, l’autre celles d'une petite noisette,
Ces ganglions sont durs et fermes, mais les coupes montrent que leur constitution n’est pas entièrement homogène ; on voit en effet de petites parties blanchâtres qui tranchent sur le fond gris terne du reste de la coupe, mais sans qu'il existe à proprement parler, de zone de ramollissement. Les frottis de ces ganglions ne décèlent pas de bacille acido-résistant, bien que la recherche en ait été poursuivie pendant près de deux heures ; une nouvelle inoculation est alors. pratiquée avec le liquide de broyage de ces ganglions : AF Vil et AF VIIT reçoivent chacun 8 cc. de ce liquide sous la peau de la patte postérieure droite.
Quant au cobaye AF VI, inoculé à‘la même date et dans les mêmes conditions que le précédent, il présente des réactions locales en tous points comparables : adénite d'abord modérée apparaissant environ 20 jours après l'inoculation, s'accompagnant alors d’une importante périadénite qui va après un mois et demi, prendre des proportions considérables avant de rétrocéder. Au début du mois d'août, il ne reste plus qu'une faible réaction inguinale ; au milieu de septembre, la palpation ne décèle plus
Lg.
la moindre trace d'hypertrophie des ganglions inguinaux. Le cobaye mange bien, engraisse ct parait avoir guéri sa lésion ganglionnaire.
Les cobayes AF VIlet AF VII, qui représentent le troisième passage chez l’animal du bacille contenu dans le pus de l’abcès froid prélevé chez l'homme, montrent au mois de septembre des lésions qui rappellent celles du groupe précédent.
Le cobaye AF VII, inoculé le 13 août, a été sacrifié le 30 septembre. Il présente une intégrité absolue de tous ses viscères, mais ‘si les ganglions inguinaux sont relativement peu lésés, par contre il existe deux gros ganglions lombaires du côté droit, et un plus petit du côté gauche.Un des ganglions mesure environ 2 em. 5 sur 1 cm. de large. Les frottis permettent, mais très difficilement, d'y déceler des bacilles acido-résistants typiques.
Le cobaye AF VIII, inoculé dans les mêmes conditions présente une volumineuse suppuration locale, qui paraît se développer, sans que l'on puisse cependant l’affirmer, aux dépens des ganglions inguinaux. Par la fistule qui se forme coule un pus assez bien lié, crémeux, qui se montre très riche en bacilles acido-résistants. Un mois après l’inoculation, cette plaie est à peu près fermée ; elle laisse cependant encore suinter une légère quantité de pus.
Après un mois et demi, la lésion locale paraît entièrement guérie ; mais l’animal qui depuis une quinzaine de jours a commencé à maigrir, dépérit peu à peu, et il succombe dans un état de cachexie deux mois après la date d’inoculation. A l’autopsie on ne retrouve pas trace de l’abcès inguinal, les ganglions sont tous à peu près indemnes, il n’existe qu’une très minime hypertrophie des groupes trachéo-bronchiques. Tous les viscères sont absolument normaux.
ATEE
Telles sant, parmi plusieurs autres séries d'expériences dont les résultats se superposent à ceux que nous venons de décrire, les lésions d'hypertrophie ganglionnaire que, à l'exclusion de toute lésion.viscérale, nous avons pu reproduire chez le cobaye, avec divers produits pathologiques humains.
Ces lésions s’apparentent en tous points — nous aurons à y revenir plus loin en détail — avec les lésions de la tuberculose à virus filtrant type Calmette-Valtis, et nous aurions été tentés d'identifier sans réserve nos résultats avec ceux obtenus par les auteurs précédents, si, au cours de nos expériences, nous n'avions été amenés à reconnaître l'existence d'une forme différente de la tuberculose atypique du cobaye : la forme d’adénites suppurées que nous allons maintenant étudier.