B. — LES FORMES SUPPURÉES DE LA TUBERCULOSE GANGLIONNAIRE DU COBAYE
Quatre cobayes, Les Z, Z/, III et /V constituent le point de départ de cette étude. Les deux premiers sont inoculés avec le pus d’une ostéo-arthrite tuberculeuse, prélevé par ponction de l’arliculation — les deux autres reçoivent sous la peau le liquide obtenu en broyant avec du sable stérile et du sérum physiologique les fongosités prélevées au niveau des lésions articulaires au cours de l'intervention chirurgicale pratiquée par le D' Gernez.
Le cobaye Les l,inoculé le 25 mai 1928, reçoit sous la peau de la cuisse droite 2 cc. de pus (l'examen microscopique très longtemps prolongé n’ayant pas montré la présence de bacille acido-résistant dans ce pus).
Le 2 juin, soit huit jours après, on constate la présence
aü point d’inoculation d’un abcès que l’on ponctionne. Il s'agit d'un abcès aseptique, où aucun germe n'est décelable, et qui d’ailleurs va guérir spontanément en une semaine environ. Cet abcès ne s'accompagne d'aucune réaction ganglionnaire apparente du groupe inguinal cor: respondant, et lorsqu'il guérit, les ganglions paraissent absolument indemnes. |
Pendant les mois de juin et juillet, l'animal ne présente aucune autre réaction pathologique. Son poids, qui était de 530 grammes le jour de l’inoculation, atteint 498 gr. (soit une augmentation de 178 gr.) le 24 juillet. Sa température, qui a été prise quotidiennement, reste normale.
Le 26 juillet, soit deux mois après l’inoculation, l’animal est sacrifié. L'examen des viscères, tout d’abord pratiqué, montre leur intégrité absolue. Au point d’inoculation il n’existe aucune lésion etles ganglions inguinaux ne sont pas perceptibles.
Par contre, fait capital, on trouve une hypertrophie considérable des ganglions iliaques, lombaires et trachéo-bronchiques, dont le volume varie de la taille d’une noisette pour les plus gros, à celui d’un pois pour les plus petits.
A la coupe, un des ganglions lombaires donne issue a du pus : il s’agit non pas de caseum, comme on serait tenté de le croire, maïs de pus franc, bien liquide qui, examiné au microscope, apparaît comme formé presque exclusivement par des polynucléaires en grande abondance, dont quélques-uns sont légèrement allérés, mais dont la majeure partie est absolument intacte.
La coloration par le Ziehl, avec décoloration prolongée pär l'acide nitrique et l'alcool, pour éviter toute erreur, montre par places des amas de bacilles acido et alcoolorésistants ; l'abondance en est telle qu'une lame envoyée dans un laboratoire voisin pour contrôle, a pu être considérée comme provenant vräisemblablement de tuberculose
cavitaire en évolution.
F1 PTE
Les ganglions non suppurés, mais seulement hypertrophiés, présentent l'aspect terne, gris sale, que nous avons déjà signalé dans la forme hypertrophique. Mais si leur coupe ne montre trace ni.de ramollissement ni de suppuration, par contre, les frottis permettent de déceler daas la pulpe de deux d’entre eux, bien que difficilement, de rares bacilles acido et alcoolo-résistants. Cette recherche, très pénible, a nécessité deux heures d'examen au microscope sur une même lame. Ù
Le ganglion purulent est inclus pour examen histologique.
Les ganglions lombaires et bronchiques sont broyés et reportés sur un cobaye Les V.
L'histoire du cobaye Les II est en tous points analogue à celle du précédent.
Inoculé le 5 juin 1928 avec 2 cc. de pus prélevé à l’occasion d’une nouvelle ponction de l'articulation malade, le cobaye Les IT ne présente aucune réaction ganglionnaire de voisinage, son état général reste excellent, sa température prise quotidiennement sera normale pendant toute la durée de l’expérience. Son poids qui est de 485 grammes le 5 juin, atteint 560 grammes le 23 juillet, soit une augmentation de 75 grammes. |
Si l'on excepte l’abcès aseptique rapidement guéri du cobaye Les [, on voit que l'aspect extérieur des deux animaux est le même. .
Ce cobaye est sacrifié le 23 juillet : ici encore, après 6 semaines d inoculation, l'intégrité viscérale est absolue ; ici encore les seules lésions rencontrées sont des lésions ganglionnaires. Celles-ci existent au niveau des groupes bronchiques, lombaires et iliaques.
Les ganglions trachéo-bronchiques, dont l’hypertrophie est d’ailleurs modérée, sont fermes et d'aspect homogène