‹ Adénites bacillifères curables: Unique manifestation de la Tuberculose expérimentale du Cobaye (Leur importance pour le diagnostic de la tuberculose humaine)Chapitre 18 sur 44 · DETTE · texte numérisé non relu

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palpation, mais elle est si modérée que l'on ne se considère pas autorisé à. en tenir compte.

Pendant les deux mois où l'expérience sera poursuivie, le cobaye ne présente aucun autre signe pathologique : il mange bien, sa température est normale, son poids passe de 510 à 610 gr. soit une augmentation de 100 gr.

Le 20 août 1928, on sacrifie l’animal. L’autopsie confirme alors, en même temps que l'intégrité des viscères, l’absence de toute lésion au point de l’injection.Par contre, les ganglions lombaires et trachéo-bronchiques présentent une hypertrophie importante, ils sont gris et ternes. Les froltis pratiqués décèlent la présence de quelques bacilles acido-résistants, rares à la vérité, mais dont on rencon-. tre trois ou quatre unités par lame.

Ces ganglions sont broyés selon la technique habituelle et inoculés aux cobayes IX, X et XI.

Le cobaye Les IV, inoculé le 23 juin dans les mêmes conditions que le précédent, va rester en observation durant trois mois. On constate pendant toute cette période l’existence d’une petite adénopathie, qui siège non pas au pli de laine, mais tout le long de la paroi abdominale, sous. forme de trois où quatre pelits nodules durs,très mobiles.

L'inoculation parait au début avoir retenti sur l’état général du cobaye qui maigrit de 75 gr. dans les quinze pre- . miers jours (de 500 gr. à 425 gr.). Cet amaigrissement est passager, après un mois et demi, l'animal pèse 590 gr., soit 90 gr. de plus que le jour de l’inoculation Dans les six semaines qui suivent, l'animal augmente encore de 80 gr. environ.

Deux mois après la date d'inoculation, une cuti-réaction à la tuberculine a été pratiquée selon la technique usuelle : elle s'est montrée nettement positive.

Le 18 septembre, l'animal est sacrifié à l’Institut Pasteur en présence de MM. Boquet, Nègre et Valtis qui ont

bien voulu l’examiner avec nous. On constate l'intégrité absolue de tous les viscères, l’absence de lésion suppurée, mais, par contre, une hypertrophie ganglionnaire des plus nettes. Les frottis pratiqués se montrent d’une pauvreté extrème en bacilles, mais on parvient cependant à en déceler quelques-uns, isolés, granuleux.

Trois nouveaux cobayes XIL XIII et XIV reçoivent sous la peau le liquide de broyage de ces ganglions.

Si l’on envisage l’ensemble des résultats éxpérimentaux fournis par l'étude des quatre cobayes Les LIL, IT

et IV, on voit que tous concordent pour affirmer la nature

tuberculeuse des lésions ostéo-articulaires de Les, mais que la preuve en est fournie non par la reproduction chez le cobaye de la tuberculose type Villemin, mais uniquement par l'existence de lésions atypiques. Dans.les quatre cas, en effet, quelle qu'ait été la date ou l’animal a été

sacrifié (de 6 semaines à 3 mois après l’inoculation) on ne

trouve aucune lésion viscérale, aucun tubercule ; dans deux cas les lésions sont assez discrètes, au niveau du système lymphatique, pour qu'une recherche minutieuse soit nécessaire pour les mettre en évidence. Enfin, dans les deux cas où existent des lésions suppurées, leur aspect est bien particulier, car ilne s’agit nullement, comme nous l'avons déjà signalé, de caséification des ganglions, mais d’une suppuration franche.

Ces résultats confirmaient donc l’existence de la forme. ganglionnaire de l'infection tuberculeuse du cobaye ; mais en même tempsils établissaient la possibilité d’une forme particulière de cette tuberculose ganglionnaire, la forme suppurée riche en bacilles acido-résistants.

Sans doute on pouvait objecter la durée trop brève de

mes

la survie de nos animaux, et soutenir que lésions cons- ‘ tatées n'étaient que la première étape d’une infection tuberculeuse d'évolution lente.

D'autre part, s’il existait véritablementuneforme purement ganglionnaire de la tuberculose du cobaye, le pouvoir pathogène du bacille de Koch que l'on y décelait était-il constant ou susceptible de se modifier ?

L'étude des cobayes Les V à Les IX devait permettre une réponse à ces différentes questions. |

Les cobayes Les V, VI, VII et VIII reçoivent, comme nous l’avons vu, sous la peau, le produit de broyage des ganglions des cobayes Les I et Les IT (tous deux inoculés enx-mêmes avec le pus recueilli par ponction directe de l'ostéo-arthrite). La technique employée est la suivante : les viscères et les ganglions sont prélevés avec des instruments stérilisés différents de ceux qui ont servi à l’incision cutanée. Dans toute la série des expériences des cobayes Les, les instruments utilisés ont toujours été des instruments neufs. Les organes prélevés sont placés dans une boîte de Pétri stérile, puis broyés avec du sable stérile et du sérum physiologique dans un mortier préalablement passé à l’autoclave. Le liquide de broyage obtenu est prélevé dans une seringue stérile neuve qui, ultérieurement, ne sera plus utilisée au laboratoire. L'inoculation est toujours faite sous la peau de la patte postérieure droite ; chaque animal reçoit en moyenne de 7 à 10 cc. du liquide de broyage qu’on a laissé déposer quelques minutes pour éviter dans la mesure du possible, d’injecter du sable.

Les animaux inoculés sont placés dans des cages séparées et conservés au laboratoire où ils sont examinés quotidiennement.

Le cobaye V (issu de Les I) a été inoculé le 28 juillet 1928. Quatre jours après on constate, au point où l’injec-

ras

tion a été pratiquée, l'existence d'un abcès assez volumineux, qui entre vite en régression et a complètement disparu le 20 août sans s'être ouvert. La seule séquelle qu'on en trouve est une petite induration des ganglions inguinaux, des plus modérées. Dans le temps où se développait l'abcès, l'animal maigrit de près de 100 grammes puis son poids augmente et revient durant les mois de septembre, octobre, sensiblement le même que le jour de l'inoculation.

Le 20 octobre 1928, deux mois et demi après l'injection le cobaye V. est en parfaite santé ; il mange bien, son poil est brillant. On le sacrifie et l’autopsie montre une fois encore l'intégrité absolue de tous les viscères, et cela alors que les lésions ganglionnaires du cobaye Les I, qui ont servi à inoculer Les V, étaient d’une richesse extraordinaire en bacilles acido-résistants.

Par contre, l'adénopathie inguinale que l’on percevait à la palpation se montre beaucoup plus importante qu’elle ne paraissait. Elle est formée par un volumineux ganglion qui pèse environ ? grammes, et qui à la coupe se montre rempli d’un pus liguide identique entous points à celui des ganglions du cobaye Les 1 : polynucléaires à peu près indemnes, nombreux bacilles acido-résistants.

En même temps on notera l'existence d’une hypertrophie très marquée des groupes lombaires et trachéo-bronchiques, mais il faut de très longues recherches pour y déceler la présence de très rares bacilles acido-résistants isolés et granuleux.

Ces ganglions, broyés suivant la technique précitée, serviront à faire un troisième passage.

Des trois cobayes VI, VII et VIII, inoculés le 26 juillet dans les mêmes conditions, avec le liquide de broyage des ganglions du cobaye Les II, seul le premier survit : les deux autres succombent le lendemain de l’ino-

Le Sp

culation. Au bout d’une dizaine de jours on voit apparaître une petite adénopathie inguinale, modérée, sans qu’il y ait eu aucune réaction au point même de l’inoculation. L'animal paraît en bonne santé, son poids passe de 625 à 660 grammes en un mois, lorsqu'il succombe accidentellement le 2 septembre. L'autopsie pratiquée montrera l'intégrité des viscères et l’existence d’une hypertrophie, peu importante d’ailleurs, des ganglions trachéo-bronchiques et lombaires, et il faut deux heures de recherches pour y déceler un bacille acido-résistant.

Plus intéressantes encore à étudier sont les deux séries suivantes : Les IX, X et XI d’une part; Les XII, XIII et XIV d’autre part.

La première est représentée par 3 cobayes inoculés, rappelons-le, avec les ganglions lombaires du cobaye Les II, ganglions hypertrophiés contenant quelques bacilles acido-résistants, mais non suppurés.

Le cobaye Les IX a été inoculé le 20 août 1928. Pendant deux mois, il ne présente aucune réaction locale et ce n'est que le 25 octobre qn'apparaît une adénopathie inguinale, formée de 4 ou 5 petits ganglions très durs, en grain de plomb, qui débordent d’ailleurs sur la paroi abdominale. Parmi ces ganglions, il en est un qui va se développer plus que les autres et devient très gros (une petite noisette) dans le courant de novembre, alors qu'au contraire les autres ganglions disparaissent peu à peu. Pendant toute cette période on n'observe aucune modification pathologique au lieu même de l'injection.

Au mois de février 1929, six mois après l’inoculation, cette adénopathie a notablement diminué, mais est encore assez notable de même en mars et avril, elle s’estompe progressivement, si bien que dans le courant de juillet on ne perçoit plus qu’un petit nodule dur, de consistance fibreuse, roulant sous le doigt.

Pendant toute cette période, le poids de l’animal pré-

100 en

sente des variations importantes sans raison apparente : de 590 gr. en août 1928, il passe à 700 gr. en octobre, retombe à 600 gr. ea novembre, pour revenir à 720 gr. en décembre. En février 1929 il n’est plus que de 580 gr. mais en avril il remonte à 620 gr. En juillet il pèse 700 gr.

En août et septembre 1929, l’animal ne présente plus aucun signe de réaction pathologique.

. Une intradermo-réaction à la tuberculine a été pratiquée en octobre 1928 ; elle s’est montrée fortement positive.

Aïnsi au bout de quinze mois le cobayes Les IX est en ” parfaite santé et rien ne témoigne plus de l'atteinte qu'il a présentée quelques mois auparavant et dont font foi d’une part l’adénopathie, d'autre part les résultats des tests tuberculiniques.

D'ailleurs les lésions que présente le cobaye Les X inoculé dans les mêmes conditions, font encore mieux ressortir l'intérêt de ce cas.

Le cobaye Les X, en effet, a reçu le 20 août 1928 sous la peau de la cuisse droïte la même quantité de liquide de broyage des ganglions de Les III. Comme le cobaye Les IX, son homologue, il ne présente tout d'abord aucune espèce de réaction locale ni voisine, et ce n’est qu’au bout de six semaines, au début d’octohre, que l'on trouve une petite adénopathie inguinale, représentée tout d’abord par trois petits ganglions durs et isolés, qui ne tardent pas à devenir plus importants. Les réactions à la tuberculine sont pratiquées à deux reprises : fin septembre, une cuti-réaction est négative ; fin octobre l’intradermo-réaction est nettement positive.

En novembre, après 3 mois d'observation, le cobaye : présente une petite chaîne ganglionnaire formée de plusieurs ganglions durs, remontant le long de la paroi abdominale, et de plusieurs ganglions inguinaux dont un est particulièrement hypertrophié.

ÉD

Ce ganglion inguinal est enlevé chirurgicalement le 22 décembre, soit quatre mois après l'inoculation. On constate que l'adénile est plus importante quil ne paraissait à l'examen extérieur, et d'autre part ce ganglion est suppuré : il est immédiatement reporté d'une part sur un cobaye Les n° XVIIL et d’autre part sur un lapin.

Dix jours après Fl'ablation de ce ganglion suppuré, on voit se constituer au niveau de la plaie opératoire une lésion caséeuse, que l'on ponctionne. On retire avec beaucoup de difficultés un liquide très épais, d'aspect caséeux, qui examiné montre de très nombreux bacilles de Koch sur un fond de débris leucocytaires où aucun élément n’est plus reconnaissable.

La fistule qui fait suite à cette ponction va laisser couler pendant une quinzaine de jours un pus épais, grumeleux, qui peu à peu se tarit, et au début de février la fistule se ferme spontanément ; le 19 février on ne trouve plus à la palpation aucune trace de cette lésion caséeuse.

Pendant toute cette période le poids de l’animal présente des variations notables : de 640 gr. au jour de l’inoculation, il atteint 770 gr. le 22 décembre, jour de la biopsie ganglionnaire. Cette intervention entraîne un amaigrissement immédiat (le poids diminue de 80 gr. en 8 jours) mais qui sera vite compensé aussitôt la fistule fermée, et quand on sacrilie le cobaye fin février il pèse 750 gr.

L'autopsie montre un certain nombre de points particulièrement intéressants : tout d’abord les viscères sont absolument indemnes : foie, rate, poumons, examinés par M. le professeur Bezançon se montrent sains.

Au point où le ganglion inguinal suppuré a été prélevé et où la lésion caséeuse s'était formée, on ne décèle qu'une cicatrice à peine visible, et à son côté un ganglion fibreux, mais à peine augmenté de volume.

Par contre, on trouve une hypertrophie des plus nettes

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