‹ Adénites bacillifères curables: Unique manifestation de la Tuberculose expérimentale du Cobaye (Leur importance pour le diagnostic de la tuberculose humaine)Chapitre 24 sur 44 · LAB · texte numérisé non relu

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.phiés, alors que les groupes bronchiques sont nettement suppurés. Il convient dès lors de noter que ce ne sont pas toujours les ganglions voisins du point d'inoculation, et par conséquent les premiers atteints, qui présentent les lésions les plus importantes. On peut voir des ganglions purulents dans la région lombaire ou trachéo-bronchique alors que les groupes inguinaux sont relativement indemnes ou seulement augmentés de volume.

Lorsqu'on examine les ganglions dont les lésions consistent en simple hypertrophie, on voit que l'augmentation de leur volume est des plus variable. Tantôt leurs dimensions dépassent à peine celles des ganglions normaux ; tantôt au contraire ils deviennent beaucoup plus volumineux. Habituellement leur taille est celle d’une grosse lentille ou d’un petit pois, mais nous l'avons vu prendre les dimensions d’une noisette.

Parfois, et c’est le cas habituel, on trouve dans une même région une hypertrophie modérée de plusieurs éléments, avec l’un d’entre eux plus particulièrement développé. D’autres fois au contraire tous les ganglions d’un même groupe présentent la même augmentation de volume. Enfin, il est des cas où un seul ganglion est hypertrophié.

L'aspect même de ces ganglions est modifié autant que leur taille. [ls ont perdu leur aspect luisant et sont devenus ternes. Leur couleur s’est modifiée. Alors que chez un cobaye sain, examiné aussitôt après que l’on a sacrifié l’animal, les ganglions, d’ailleurs très petits, sont rose vif, ici au contraire ils prennent une teinte gris sale, parfois jaunâtre, tout à fait anormale.

A la coupe, le premier fait qui frappe est la fermeté de ces ganglions ; s'ils se laissent aisément couper au bistouri, ils donnent une impression de consistance augmentée : leur tranche de section est nette et plane : elle présente le même aspect que l’extérieur du ganglion :

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elle est grisâtre, terne, et céla soit uniformément, soit avec un semis de plages plus claires, jaunâtres ou blanchâtres, qui tranchent sur le fond plus gris mais qui ont la même consistance homogène.

La pression peut faire sourdre un peu desuc garglionnaire, mais avec une très grande difficulté et si l’on veut obtenir des frottis de ces ganglions, il faut couper une mince tranche ganglionnaire que l’on écrasera entre deux lames de verre : encore est-il nécessaire d'en préparer plusieurs avant d’en obtenir une qui soit propre à l’examen microscopique.

Les ganglions qui se présentent sous forme d’adénites suppurées ont un volume sensiblement analogue à celui des précédents ; parfois très petits, ils peuvent au contraire acquérir des dimensions plus considérables, et il n’est pas rare d’en observer dont les dimensions atteignent 2 à 3 centimètres de long sur 1 à 2 centimètres de large. Leur poids est variable ; nous l'avons vu s'élever. à plus de deux grammes dans un cas ; habituellement ils pèsent environ 1 gramme.

La suppuration peut n’exister qu’au niveau d’un seul ganglion, miais bien souvent en examinant avec soin le système lymphatique de l'animal, on trouve plusieurs ganglions suppurés en des régions souvent éloignées les unes des autres.

Au premier examen, ces adénites suppurées ne se distinguent que très mal des formes hypertrophiques simples car il est rare que l'existence d’une fistule laissant le pus s'écouler attire l'attention. Cette éventualité nous a paru des plus rares ; de plus si nous avons pu dans certains cas l’'observer au niveau des ganglions inguinaux, superficiels et par cela même exposés aux traumatismes, par contre jamais elle ne s’est présentée ni pour les ganglions lombaires, ni pour les groupes trachéo-bronchiques.

La surface extérieure des adénites suppurées a lemême

aspect terne et lisse que nous avons décrit aux ganglions simplement hypertrophiés. Mais leur consistance est beaucoup moins ferme et il est parfois possible de sentir à leur niveau un certain degré de fluctuation (encore qu'il soit bien délicat d'apprécier un tel symptôme sur une lésion aussi peu étendue).

Quand on pratique la coupe deces ganglions, on voit sortir de leur intérieur une certaine quantité de liquide blanc jaunâtre, épais, qui remplit la plus grande partie du ganglion.

Au premier examen, on pourrait être tenté de considérer celiquide comme étant du caseum, mais un examen attentif montre très vite qu'il en est bien différent. Il ne s’agit pas d’une matière semi-solide, pâteuse ou grumeleuse, mais d’un liquide parfaitement fluide, paraissant même très clair, de faible densité, gris plutôt que jaune verdâtre comme l'est la matière caséeuse.

La quantité de ce pus est variable : parfois on trouve une zone de ramolissement très étendue, et on peut recueillir 2 à 3 centimètres cubes de ce liquide purulent. D'autre fois au contraire la cavité creusée au centre du ganglion est très réduite et le liquide retiré en toute petite quantité. Enfin il n'existe parfois que d’infimes logettes présentant en leur centre une goutte de pus : dans ce cas la consistance du ganglion est parfaitement ferme et seule la coupe a pu montrer l'existence d’une petite zone de suppuration.

L'examen cytologique montre encore mieux l’opposition complète entre les caractères de ce pus et ceux de la substance caséeuse. Alors que les frottis obtenus avec cette dernière ne présentent aucune structure histologique et que l’on n’y reconnaît aucun élément cellulaire normal (le fond de la préparation étant constitué par une substance amorphe où l’on trouve par places des fragments nucléaires à peine reconnaissables), ici au con-

Où

traire les éléments figurés sont pour la plupart faciles à identifier. Parfois leurs altérations sont réduites au minimum ; les lames se montrent alors constituées par une masse considérable de polynucléaires intacts, voisinant avec quelques éléments moins bien conservés dont seul le noyau a persisté et également avec quelques lymphocytes. D'autres fois, quand les lésions sont au maximum, on ne trouve plus que quelques polynucléaires qui soient .… intacts, mais la plupart des éléments restent reconnaissables et l’on serait tenté de comparer l’aspect des lames à celui que donne un épanchement purulent à pyogène bien plus qu’à celui d’une lésion caséeuse.

La paroi de ces ganglions suppurés est également bien différente de celle qui s’observe dans les lésions caséeuses. Loin d’être irrégulière, déchiquetée, anfractueuse, elle est au contraire lisse et régulière, sans aucune saillie.

Son épaisseur est variable; souvent elle est des plus réduites, ne formant qu’une mince enveloppe à une assez grande quantité de liquide purulent, parfois au contraire, comme nous l’avons vu, la coque est beaucoup Deus développée que la cavité qu'elle entoure.

Son aspect est d'ailleurs variable. Parfois elle est entièrement scléreuse ; parfois au contraire il semble n’exister qu'une mince bande de tissu fibreux tapissant la cavité centrale et entourée d’un parenchyme ganglionnaire qui parait à peu près normal.

$ 2. — Etude histologique (1).

L'étude histologique a porté sur trois cas différents :

3 L d'une "part un ganglion suppuré prélevé chez un cobaye 1. Cette étude histologique a été pratiquée par notre collègue et

ami J. Delarue, aide préparateur d’anatomie pathologique à la Faculté, que nous sommes heureux de remercier ici.

PS : ja

sacrifié après deux mois d'inoculation — d'autre part sur un ganglion scléreux, pesant plus de 2 grammes, chez un cobaye sacrifié au bout de deux mois et demi — enfin sur un ganglion ayant le même aspect extérieur, mais prélevé chez un animal que l’on a laissé vivre six mois.

10 Dans le cas de l’abcès ganglionnaire, l’examen histologique montre une zone de nécrose très étendue, avec de nombreux débris nucléaires de leucocytes polynu cléaires. A la périphérie se rencontrent des leucocytes en grande quantité, de nombreuses cellules rondes macrophagiques et quelques fibres conjonctives. Il n'existe aucune organisation folliculaire.

20 l'examen histologique du ganglion d'aspect fibreux prélevé chez le cobaye sacrifié au bout de deux mois et demi d’inoculation montre la présence de très nombreux nodules tuberculeux typiques — avec quelques rares plages de caséification complète ou plus souvent incomplète, entourée d’une zone d’organisation épithélioïde giganti-cellulaire, dans laquelle on rencontre une réaction conjonctive avec fibres collagènes assez importantes.

Autour de ces formations, systématisation des éléments lymphoïdes. A la périphérie du ganglion existe une coque scléreuse importante.

30 Enfin, quand on examine le ganglion fibreux âgé de six mois environ, on constate une destruction complète de l’architecture normale du ganglion.

Le fragment examiné est envahi par des travées fibreuses qui semblent les lobuler. Cà et là on rencontre quelques éléments lymphoïdes qui’ semblent les vestiges des tollicules lymphoïdes du ganglion.

En quelques points, le tissu conjonctif riche en collagène semble s'organiser autour de zones dans lesquelles

Formations nodulaires.

on observe une tuméfaction des cellules du réticulum ganglionnaire. Celles-ci sont volumineuses, arrondies, mais prennent souvent dans ces nodules, une forme allongée ; elles tendent à s’anastomoser entre elles : en un mot elles prennent la morphologie épithélioïde.

Dans un de ces nodules on voit en un point un plasmode multinucléé (cellule géante).

En d’autres points, il existe au centre de ces formations nodulaires une toute petite zone nécrotique, environnée de toutes parts de tissu scléreux qui parait pénétrer la zone détruite, On peut y trouver des débris nucléaires de leucocytes polynucléaires.

En résumé : existence de formations nodulaires avec cellules épithéliales, mais avec une sclérose intense qui envahit lestissus et les remanie profondément.

Sur un autre ganglion de ce même cobaye, on trouve des lésions identiques, mais avec peut-être une persistance un peu plus importante des éléments Iymphoïdes.

Tels sont les renseignements fournis par l'examen hisologique : dans le cas de lésion suppurée, lésion jeune, on ne trouve que des lésions inflammatoires avec prédo-

minance de polynucléaires ; quand on examine un ganglion plus ancien où les lésions n’ont pas abouti à la suppuration, les lésions scnt de type scléreux avec formations de nodules tuberculeux caractéristiques ; enfin, dans les lésions plus anciennes, le tissu scléreux prend un développement considérable et les formations nodulaires sont des plus réduites, le tissu conjonctif ayant profondément bouleversé l'architecture normale de ce ganglion.

8 3. — Étude bactériologique de la tuberculose ganglionnaire du cobaye.

L'étude macroscopique comme les examens histologiques que nous venons de décrire, ne permettent bien souvent pas de reconnaître la nature tuberculeuse des lésions ganglionnaires que présentent les cobayes inoculés. Macroscopiquement,avons-nous dit, l’aspect est bien plus celui des abcès à pyogènes que d’un abcès froid tuberculeux, histologiquement s’il existe parfois des éléments gigantocellulaires, ils sont des plus rares, difficilesà déceler : leur absence est même presque la règle, surtout si l’on n’envisage que les seules formes hypertrophiques. C'est dire l'importance de l'étude bactériologique de telles lésions .

Cette étude pourra être pratiquée à deux périodes différentes : durant la vie de l’animal tout d'abord, à l’autopsie ensuite. Les renseignements fournis par la ponction ou le prélèvement d’un ganglion inguinal pen dant la vie de l’animal ne donnent guère de renseignements différents de ceux que fournit l’autopsie. Aussi ne retien drons-nous pour le moment, que les indications fournies par les réactions cutanées à la tuberculine, les autres réactions biologiques n'ayant pu être pratiquées. |

Au début de nos recherches, les animaux étaient

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éprouvés par cuti-réaction. Dans ces conditions nous avons obtenu des résultats assez variables dont il nous a paru difficile de tirer une conclusion ferme. Par ailleurs de nombreux auteurs ayant observé les mêmes variations dans les résultats fournis par ce mode d’investigation dans les formes typiques de la tuberculose du cobaye, nous avons eu recours ultérieurement à la seule intradermo-réaction à la tuberculine, pratiquée selon la technique suivante : avec une aiguille fine pour intradermo-réaction, on injecte dans le derme du cobaye, au niveau de la région dorsale préalablement rasée, un dixième de centimètre cube d’une solution de tuberculine obtenue en diluant un centimètre cube de tuberculine brute de l’Institut Pasteur dans 9 centimètres cubes de sérum physiologique. L’animal est alors examiné toutes les 24 heures.

Les résultats obtenus sont ici encore assez difficiles à interpréter, car les diverses expériénces ne donnent pas de résultats toujours superposables. Cependant, on peut admettre que dans la grande majorité des cas, les animaux qui présentent les lésions de la tuberculose ganglionnaire réagissent de façon nette à cette injection intradermique de tuberculine. De plus, bien que nous n’ayons pas fait de recherche systématique à cet égard, il semble que ce soit de la 6° à la 8 semaine qui suit l’inoculation que l’on obtient les réactions les plus nettes. Plus tard, on peut voir négative la réaction chez des animaux qui avaient cependant réagi de façon indiscutable à une première injection ; nous avons pu observer des animaux chez lesquels après 5 ou 6 mois l’intradermo-réaction était redevenue négative, et cela bien que l'examen bactériologique permit d'affirmer la présence de bacilles tubercu- Jeux vivants dans l'organisme de ces animaux.

Ces faits nous paraissent susceptibles d'expliquer les cas, rares à la vérité, bien que leur existence soit indé-

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niable, où la réaction reste négative, même pratiquée à plusieurs reprises, alors que cependant la palpation permet de sentir une hypertrophie des plus nettes des ganglions inguinaux. Il semble donc que l'épreuve de la tuberculino-réaction soit susceptible d'apporter un renseignement intéressant, permettant d'établir précocement l’origine tuberculeuse de ces hypertrophies ganglionnaires. Nous nousestimons autorisés à en tirer argument pour affirmer la nature bacillaire des adénopathies que présentent certains cobayes, adénopathies qui rétrocèdent quand on laisse vivre les animaux et dont on ne retrouve pas de trace si l’on sacrifie l'animal au bout de 6 à 8 mois seulement, mais une réaction négative n’autorise pas à nier l'infection tuberculeuse.

Plus intéressants et plus importants également sont les renseignements fournis par la recherche du bacille tuberculeux au niveau de ces lésions. Cette recherche doit être pratiquée de deux façons : d'une part sur frottis ou coupes des ganglions malades, selon la technique usuelle, d’autres part en réinoculant à de nouveaux cobayes les produits pathologiques suspects.

L'examen bactériologique direct ne peut porter que sur la découverte du bacille alcoolo-résistant, la seule forme du bacille tuberculeux dont on puisse reconnaître la nature sur ses seuls caractères de coloration. C’est dire que lorsque nous parlerons de présence ou d’absence de bacilles tuberculeux sur une lame, il ne s’agit que de cette seule forme acido et alcoolo-résistante du bacille.

La recherche de ce baciile donne des renseignements différents suivant les cas et l’on peut, à ce point de vue, distinguer les formes suppurées et les formes hypertrophiques simples.

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Dans les formes suppurées, l’examen direct permet le plus souvent de façcon‘aisée de déceler le bacille tuberculeux, mais il faut bien savoir qu’il n'y a pas là une loi absolue, et nous avons pu dans deux cas, voir des lésions dont la nature tuberculeuse devait être ultérieurement démontrée, ne contenir aucun bacille reconnaissable, Mais en règle on trouve des bacilles typiques, soit sous forme de longs filaments minces d'aspect homogène, soit au contraire sous forme de bâtonnets plus gros, irréguliers et granuleux.

. Souvent sur les lames on peut voir à côté du bâtonnet typique des granulations isolées, alcoolo et acidorésistantes. Par places on ne rencontre que des amas de ces granulations.

Enfin, dans certaines préparations on peut observer des bâtonnets de teinte non franchement rouge, mais violacée, qui paraissent avoir incomplètement gardé le Lieh]l et s'être recolorés partiellement par le bleu qui sert à teinter le fond de la préparation.

Le nombre des bacilles rencontrés est des plus variables, maissi dans quelques cas ils sont en petit nombre, d’autres fois au contraire leur abondance est considérable. Nous rappellerons qu’à deux reprises nous avons vu les lames présenter une telle quantité de bacilles qu’elles ont pu être considérées comme provenant de tuberculose pulmonaire cavitaire. On .ne saurait trop insister sur l'existence de tels faits, sur lesquels nous aurons à revenir

ultérieurement.

Si l’on s'adresse non plus aux frottis d'adénites suppurées mais aux formes hypertrophiques simples, les résultats sont assez différents, du moins en ce qui concerne le nombre des bacilles que l'on peut déceler. Alors

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en effet que dans les ganglions purulents il nous à presque toujours été possible de déceler en quelques minutes un ou plusieurs amas de bacilles typiques, bien que répétons-le une fois de plus, il existe des exceptions et que certains pus puissent paraître totalement abacillaires — au contraire les recherches demandent un temps beaucoup plus long pour faire découvrir le bacille daus les lésions d’hypertrophie simple. Si quelquefois on peut avoir la chance de tomber presque d'emblée sur un petit groupe de bacilles, suffisant pour établir le diagnostic certain de tuberculose, le plus souvent il n’en est pas ainsi : il faut poursuivre les recherches pendant un laps de temps beaucoup plus long ; souvent une heure ou deux sont nécessaires pour faire découvrir les premières formes acido-résistantes. Parfois une recherche encore plus longue est indispensable, et dans une expérience il nous à fallu près de 7 heures de recherches sur les frottis d’un ganglion trachéo-bronchique, avant de dépister un petit amas de bacilles caractéristiques.

Lorsqu'on décèle des bacilles — et l’époque de choix pour cette recherche paraît être du 30 ème au 40 ème jour qui suit l’inoculation — il faudra examiner avec un soin tout particulier les régions avoisinantes de la lame : les bacilles en effet sont souvent groupés (en amas ou isolés) dans une même zone de la préparation, et il nous a paru toujours pratique pour dépister de nouveaux bacilles d’explorer minutieusement la larme autour du premier bacille rencontré.

Dans certains cas, par contre, malgré la longueur des echerches, nous n'avons pu déceler de bacille acido-résistant sur nos préparations, mais nous ne nous croyons pas autorisés à en nier la présence dans ces cas, non seulement parce que faute de temps nous n’avons pu prolonger les recherches assez longuement, mais encore parce

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que dans ces cas où les lésions étaient apparemment abacillaires, les réinoculatious nous ont montré le pouvoir pathogène du produit inoculé.

Lorqu’on compare les résultats fournis par la recherche du bacille tuberculeux dans les ganglions de cobayes inoculés à une même date, dans des conditions identiques mais Sacriliées à des intervalles variables. un certain nombre de faits particulièrement intéressants doivent être notés. Le plus souvent, en effet le premier animal sacrifié après six semaines d'inoculation présente des lésions importantes où la découverte du bacille tuberculeux est en général assez aisée. L'animal sacrifié après 3 mois d'expérience a des lésions souvent importantes, mais qui presque toujours sont beaucoup moins marquées que celle du cobaye sacrifié plus précocement. Chez l’animal que l’on laisse vivre pendant 4 mois 1/2, les lésions macroscopiques peuvent être encore notables, mais la découverte du bacille de Koch y est souvent impossible: en tous cas des plus difficiles à dépister. Enfin, chez l'animal sacrifié au bout de 6 mois les lésions macroscopiques sont des plus réduites, et la recherche du bacille tuberculeux presque toujours négative.

Sans doute n'y a-t-il rien d’absolu dans ces observations et nous avons pu observer des animaux qui, sacrifiés dans un long délai après la date d’inoculation, présentaient cependant des lésions suppurées riches en bacilles typiques, mais il n’en est pas habituellement ainsi et l’on peut dire ‘que plus ia survie de l’animal est longue, plus il est ‘difficile de découvrir le bacille tuberculeux dans ses ganglions, tout au moins sous la forme du bâtonnet acido et alcoo-résistant.

De cé que nous venons d'exposer, il résulte que si la présence de ce bacille est habituelle, par contre il est

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des cas où on ne peut le mettre en évidence. De plus, suivant les cas, les germes sont très nombreux, ou au contraire rares : nous verrons les différentes interprétations que l’on peut en donner et les conclusions que l’on peut en tirer dans le troisième chapitre de ce travail.

Pour étudier les propriétés biologiques du bacille acido et alcoolo-résistant que les frottis permettaient de dépister dans les lésions ganglionnaires de nos animaux, il convenait d'obtenir des cultures de ce bacille. Pour cette recherche, nous nous sommes adressés à plusieurs reprises au pus des ganglions que l’examen microscopique nous avait montrériche en bacilles tuberculeux. Les ensemencements ont été pratiqués sur différents milieux, mais principalement sur milieu de Petroff et sur milieu à la pomme de terre glycérinée. Dans chaque cas, plusieurs tubes de l’un et l’autre milieu ont été ensemencés et l’examen des tubes a été fait pendant plusieurs semaines après l’ensemencement, parfois même pendant plusieurs mois.

Dans aucun cas nous n'avons pu obtenir de cul tures, pas plus que nous n'avions pu l'obtenir en ensemençant sur les mêmes milieux le produit pathologique humain qui représentait le point de départ de l'expérience.

Cependant, le pus dont la culture était impossible contenait comme nous l’avons vu, de très nombreux bacilles tuberculeux typiques, et nous verrons plus loin que ces bacilles, incapables de pousser sur les milieux habituels, élaient doués cependant d'une virulence parfois considérable, puisque dans certains cas, leur réinoculation allait provoquer ehez l'animal une infection tuberculeuse géné-" ralisée et non plus seulement la tuberculose atypique ganglionnaire.

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Les ‘résultats ont été également négatifs quand nous avons essayé d'obtenir des cultures en partant non plus de lésions suppurées mais de formes hypertrophiques simples.

Bien plus féconde est l'étude des réinoculalions en série pratiquées chez le cobaye à partir des lésions ganglionnaires des animaux inoculés avec le produit pathologique humain. Nous décrirons longuement les résultats obtenus, d’ailleurs variables d’un cas à l’autre, mais qui présentent un intérêt considérable tant en ce qui concerne le diagnostic de la tuberculose qu’au point de vue pathogénique.

49 Dans un premier groupe de faits, le passage chez le cobaye du bacille tuberculeux de provenance humaine détermine une exaltation de sa virulence telle que la réinoculation à une deuxième série d'animaux va produire chez eux les lésions de la tuberculose généralisés type Villemin, avec atteinte de tous les viscères. Deux faits méritent d’être précisés dans ce groupe d'observations : d’une part le nombre de bacilles décelés dans les lésions des animaux inoculés avec le produit humain (4er passage), d’autre part l’évolution de la tuberculose ganglionnaire de ces cobayes de 1% passage.’

Dans certains cas les ganglions du cobaye du groupe I qui ont servi à l’inoculation du groupe IT contiennent de nombreux bacilles acido et alcoolo-résistants, mais d’autres fois ils ne renferment que de très rares bacilles tuberculeux, et parfois même l'examen des lames le plus minutieux n'avait guère permis d'affirmer en toute certitude la présence du germe tuberculeux. Cependant on observe dans ce dernier cas comme lorsque les lésions sont très riches en bacilles, chez les animaux du 2ème passage une tuberculose géréralisée qui se développe dans les

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délais normaux, en 5 à 6 semaines, les cobayes présentant le chancre d’inoculation avec caséification des ganglions correspondants et lésions viscérales disséminées.

Mais alors que les animaux du 2ème passage succombent les cobayes du ler groupe (homologues du cobaye dont les lésions ont. déterminé chez le 2ème groupe la tuberculose généralisée) continuent à vivre sans trouble considérable. La réaction ganglionnaire inguinale, l’ntradermoréaction positive, parfois même la présence de bacilles tuberculeux dans un ganglion prélevé par biopsie permettent d'affirmer leur infestation parle bacille tuberculeux. Cependant au bout d’un temps variable, on voitleur adénopathies entrer en voie de régression, et ils guérissent de façon âbsolue. Si on les abandonne à eux-mêmes, ils survivront indéfiniment. Si on les sacrifie après plusieurs mois, on neretrouve pas trace de leurs lésions, initiales. S'ils succombent entre temps ou qu'on les sacrifie plus précocement, on nue trouve que des lésions ganglionnaires renfermant des bacilles tuberculeux, mais sans lésion viscérale. 7

C'est ainsi que dans une série d'expériences, sur 3 cobayes inoculés, l'un sacrifié après 6 semaines présente des lésions d'une extrême pauvreté en bacilles, dont la réinoculalion à 2 nouveaux cobayes provoque cependant en 6 semaines une tuberculose typique généralisée à tous les viscères. Cependant des deux autres animaux inoculés en même temps, l’un sacrifié après 4 mois présente des lésions d'hypertrophie ganglionnaire modérée, contenant de rares bacilles tuberculeux, l’autre, après 7 mois, ne présente plus aucun signe de l’hypertrophie inguinale que l’on avait constatée chez lui un mois après l'inoculation il a de plus considérablement augmenté de poids.

De ces fails on est en droit de dégager la conclusion suivante : les lésions de la tuberculose ganglionnaire du

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cobaye, qui vont guérir spontanément, peuvent cependant recéler des bacilles assez virulents pour que l'inoculation de ces lésions détermine une tuberculose viscérale généralisée, et cela malgré le petit nombre apparent de germes contenus dans ces lésions, de même qu'inversement, dans les lésions des animaux du premier groupe qui survivent et guérissent, on peut parfois déceler un nombre considérable de bacilles tuberculeux.

20 Ce retour à la tuberculose typique peut s'observer parfois, comme nous venons de le voir, dès le 2€ passage chez l'animal. Plus souvent peut-être — et l’observation de MM. Durand, Kourilski et Benda en est une des plus remarquables — ce n’est qu'après plusieurs séries d’intermédiaires que se produit ce retour à la tuberculose viscérale. Il faut souvent treis, quatre ou même cinq passages successifs chez le cobaye, avant que le bacille tuberculeux donne naissancé à des lésions viscérales.

30 Mais le plus souvent l'inoculation à une 2e série de cobayes des lésions ou du pus de la tuberculose ganglionnaire du cobaye, ne détermine chez eux aucune autre lésion qu’une atteinte des ganglions, qui présentent les mêmes caractères que ceux de nos formes typiques. L'observation de Zes nous en fournit un exemple caractéristique : sur 4 cobayes de la 1" série, deux ont des lésions ganglionnaires paucibacillaires, deux autres ont des ganglions qui sont très riches en bacilles tuberculeux. La réinoculation de ces lésions dans les 4 cas détermine chez les animaux du 2° passage une tuberculose strictement ganglionnaire, avec tantôt des formes d’hypertrophie simple, tantôl des formes suppurées où l’on retrouve la même abondance de bacilles tuberculeux. Dans ce deuxième groupe d'animaux, certains ont été sacrifiés après six mois, et l’on n'a pu constater aucune lésion viscérale;

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d’autres vivent actuellement, après plus de quinze mois, et ne présentent aucune altération pathologique (1).

Au cours de ces réinoculations, une nouvelle particularité peut s’observer : c'est celle que présente le cobaye Les XIV: celui-ci succombe en effet en deux mois dans un état de cachexie extrême, mais sans lésion viscérale, avec une atteinte ganglionnaire très discrète, où nous n'avons pu déceler de bacille tuberculeux.

De tous ces faits on peut dégager la conclusion suivante : la réinoculation des bacilles que contiennent les Îésions de la tuberculose ganglionnaire du cobaye ne détermine encore le plus souvent que des lésions ganglionnaires, et ce n’est que très rarement que l’on produit dès le 2° passage une tuberculose viscérale généralisée. De même exceptionnellement on peut voir fes animaux du 2° passage succomber dans un état de cachexie sans aucune localisation viscérale ou ganglionnaire.

Si l’on pratique avec les ganglions des animaux de la 2. série des passages successifs chez un 3 groupe, puis un 4, etc.., on peut observer les mêmes éventualités que dans le cas précédent : parfois retour à la tuberculose type Villemin, au 3°, 4 ou 5° passage suivant le cas, tantôt uniquement production de tuberculose ganglionnaire. Mais deux nouveaux modes de réaction de l’animal peuvent alors s’observer :

1. Une particularité importante mérite d’être signalée ici, car nous aurons à l’interpréter ultérieurement: le cobaye Les IL présente une udénite suppurée riche en bacilles: cependant les animaux réinoculés avec ses ganglions n'ont présenté qu’une simple hypertrophie ganglionnaire, paucibacillaire. Inversement le cobaye Les III atteint d’adénite hypertrophique simple, a donné naissance chez un des cobayes réinoculés avec ses lésions à une importante suppuration ganglionnaire. De même pour le cobaye Les IV.

Ainsi une lésion riche en bacilles, suppurée, peut ne reproduire qu'une adénite hypertrophique, et inversement une lésion d'hyper-

trophie simple paucibacillaire peut déterminer chez les animaux réinoculés: une tuberculose ganglionnaire suppurée.

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a) Parfois après plusieurs passages successifs, les animaux cessent de réagir à l’inoculation des ganglions de la série précédente, et cela quelle que soit la dose injectée et le mode d’inoculation.

b) Parfois le mode de réaction change et la production de lésions ganglionnaires ou viscérales fait place à l’apparition d'un syndrome de cachexie sans lésion viscérale, avec adénopathies minimes dont la nature tuberculeuse ne peut être affirmée (bien qu'il soit logique de l’admettre) car on ne peut y déceler de bacille tuberculeux et leur réinoculation, capable de tuer en quinze jours les nouveaux animaux, ne provoque chez eux ni lésions viscérales ni hypertrophie ganglionnaire.

Il convient de rapprocher de tels faits expérimentaux d’une donnée clinique bien établie: l'existence d’un syndrome de cachexie sans lésion susceptible de l'expliquer, amenant la mort, que l’on observe parfois chez les nouveau-nés issus de mère tuberculeuse. Un rapprochement semble devoir être établi entre ces faits cliniques et les données expérimentales que nous avons observées, sans que l’on puisse cependant préciser le rapport qu ils peuvent présenter.

Nous avons vu précédemment —cas du cobaye Les XIV — que la mort par cachexie inexpliquée peut se voir dès le 2e passage chez l’animal. Il n’est pas interdit de supposer que l’inoculation directe de produits pathologiques humains ne puisse lui donner naissance, et sans doute existe-t-il à côté de la forme ganglionnaire que nous étudions, une autre variété de tuberculose atypique du cobaye : la forme cachectisante.

Nous serons brefs en ce qui concerne l’examen bactérivlogique des ganglions des animaux des 2e, 3e, 4€ passages.

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Tantôt, et cela paraît l'éventualité la plus fréquente, ces ganglions renferment des bacilles acido et alcoolorésistants typiques, mais en petit nombre. Plus les passages sont nombreux, plus il devient difficile de déceler le bacille tuberculeux (sauf dans les cas où l’on reproduit la tuberculose type Villemin) et cela bien que le pouvoir pathogène de ces lésions puisse être tel que les animaux succombent cachectiques en 15 à 20 jours.

En outre comme pour les animaux du premier passage, plus la survie est longue, plus difficile est la découverte du bacille tuberculeux : aussi faut-il en règle sacrifier un animal de chaque série après un mois 1/2 d'inoculation.

L'intérêt de telles constatations réside non seulement dans les notions nouvelles qu'elles peuvent apporter à l'étude du bacille tuberculeux, mais encore dans le fait que leur application à l'étude de divers produits pathologiques humains permet d'établir leur origine tuberculeuse qui serait restée hypothétique si l’on avait dû s’en tenir aux données classiques de la tuberculose expérimentale du cobaye.

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