‹ Adénites bacillifères curables: Unique manifestation de la Tuberculose expérimentale du Cobaye (Leur importance pour le diagnostic de la tuberculose humaine)Chapitre 27 sur 44 · LE · texte numérisé non relu

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Dans l'observation Ver (pleurésie survenant deux ans après la guérison d'une tuberculose pulmonaire avec expectoration bacillifère) deux cobayes Ver 1 et Ver ZI reçoivent sous la peau de la cuisse droite 15 cc. de liquide séro-fibrineux (janvier: 1929).

Le cobaye Ver I, 15 jours après l'injection, présente un petit ganglion inguinal qui grossit peu à peu, et un mois plus tard il a atteint les dimensions d’un petit haricot. Puis progressivement on le voit entrer en régression ; en avril toute trace de cette atteinte lymphatique a disparu. En mai, juin, juillet, l'animal augmente de poids. On le sacrifie le 15 juillet, soit six mois après l’inoculation. A l’autopsie, tous les viscères sont indemnes ; les ganglions trachéo-bronchiques, lombaires et inguinaux sont peutêtre un peu plus volumineux que ceux des cobayes sains, mais pratiquement on ne peut tenir compte de cette adénite légère, les examens les plus minutieux n'ayant pas permis d'y dépister de bacilles tuberculeux.

Le cobaye Ver ZI, inoculé à la même date dans les mêmes conditions présente également une réaction inguinale importante un mois et demi après la date de l’inoculation. On le sacrifie à ce moment : il n'existe aucune lésion viscérale, mais les ganglions inguinaux et lombaires sont nettement hypertrophiés et sur les frottis on met en évidence plusieurs bacilles acido-résistants.

Cette observation met bien en évidence l'intérêt de l’inoculation systématique à plusieurs animaux et la nécessité d’en sacrifier un cinq à six semaines après cette inocula. tion, les lésions ganglionnaires étant susceptibles de rétrocéder spontanément sans que l’on puisse, si l’on tarde à sacrifier l'animal, y retrouver le bacille de Koch.

Dans l'observation de Mille A. (Moïana lit n° 2)'l’histoire clinique est des plus complexes.

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Hospitalisée en novembre 1928 pour une intoxication accidentelle (permenganate de potassium) sans autres troubles que des accidents digestifs qui disparaissent très vite, elle présente un mois plus tard, étant toujours hospitalisée, une polynévrite typique dont l’origine éthylique paraît établie en raison de tous les signes associés (pituites, crampes, cauchemars, tremblement -et signes associés d’atteinte hépatique : nausées, subictère, facies vultueux avec varicosités, urobilinurie, gros foie...) La malade buvait, dit-elle, 5 à 6 litres de vin par jour.

Pendant 3 semaines les signes nerveux restent stationnaires mais s’accompagnent de fièvre que rien ne paraît expliquer : en particulier il n'y a aucun signe clinique ni radiologique de tuberculose pulmonaire. Ce n'est qu'au cours du mois de janvier que se montrent les signes d’un épanchement pleural droit, peu abondant semble-t-il, qui ne tarde d’ailleurs pas à se résorber. La nature tuberculeuse de cette pleurésie est d'autant plus vraisemblable qu'un interrogatoire minutieux révèle l'existence à l'âge de 15 ans chez cette malade, de petits crachements de sang apyrétiques qui, à ce moment ont été attribués à des lésions pharyngées, en raison de l'absence de tout signe clinique de tuberculose pulmonaire et à la suite de recherches infructueuses de bacilles de Koch.

Cependant si l’origine tuberculeuse de l’épanchement pleural est vraisemblable, il n’est guère démontré, d’autant que la formule cytologique montre une prédominance des polynucléaires. Par ailleurs l'épidémie de grippe est en cours de développement et la possibilité d'une pleurésie grippale mérite d'être envisagée.

Deux cobayes sont inoculés : chacun reçoit 45 cc. de liquide pleural sous la peau de la cuisse droite.

Le cobaye À / ne présente aucun signe de réaction locale ou générale. Dix mois après il est en parfaite santé.

Le cobaye À /1 ne semble également présenter qu'une

réaction ganglionnaire insigniliante. Sacrifié au bout de deux mois, on reconnaît que l'atteinte lympathique est plus importaute qu'il ne semblait ; les ganglions lombaiïres el surtout trachéo-bronchiques sont considérablement augmentés de volume et sur les frottis de l’un d'eux on décèle de rares bacilles acido-résistants. Les viscères sont entièrement normaux.

Le Résultat de ces inoculations vient ainsi éclairer toute l’histoire clinique de cette malade et permet de rattacher à une même cause : la tuberculose, l'épanchement qu'elle a présenté. en janvier 4929 et les hémoptysies minimes mais répétées survenues dix ans auparavant. |

Dans le même temps, nous avons pratiqué l’inoculation de divers autres liquides pleuraux, dont l’origine tuberculeuse avait pu être cliniquement discutée. Dans un des 2 cas il s'agissait d'une malade hospitalisée salle Moïana en février 4929 :

Elle présentait une pleurésie survenue au milieu de quelques signes grippaux très atténués et accompagnés de quelques râles de congestion pulmonaire sous-jacente. Cette pleurésie évoluait cependant de façon torpide ; l’état général était atteint et faisait redouter une évolution bacillaire : l'examen cytologique montrait une proportion égale de polynucléaires et de lymphocytes, ne permettant guère d’orienter le diagnostic : la recherche du bacillede Koch était néga-

tive.

Trois cobayes : G.I, G. IT et G. IT sont inoculés : le 4er avec 140 cc. ; le 2e avec 15 cc. le 3€ avec 20 cc., de ce liquide pleural. Pendant les cinq mois durant lesquels on poursuit l'expérience, les animaux ne présentent aucun

signe pathologique.

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pe 7 . e. ne Le cobaye G. I est sacrifié au bout de six semaines : il ne présente ni réaction ganglionnaire ni lésion viscérale.

Le cobaye G. II est sacrifié au bout detrois mois. Son poids a augmenté ; il ne présente pas de lésion au point d'inoculation, l’autopsie montre l'intégrité des viscères et du système lymphatique.

Le cobaye G. IT sacrifié après cinq mois est également entièrement normal.

Notons enfin, que les cobayes G. IL et G. IIT éprouvés par la tuberculine, ont présenté une intradermo-réaction négative.

L'examen minutieux du système ganglionnaire ne nous ayant révélé aucune lésion, les viscères étant également indemnes, nous nous croyons autorisés à rejeter l'hypothèse de tuberculose et à accepter le diagnostic de pleuré- .sie grippale, l'évolution clinique vers la guérison rapide sans séquelle aucune cadrant par ailleurs avec cette hypothèse.

Dans deux autres cas nous avons inoculé à plusieurs cobayes le liquide de deux pleurésies rhumatismales : aucune lésion ni des viscères ni des gauglions n’ont pu être décelées chez ces animaux.

* LE Ce que nous venons de dire au sujet des épanchements pleuraux pourrait s'appliquer de la même manière aux épanchements péritonaux. Nous rapporterons lout d’abord de façon rapide l'exemple d’une péritonite tuberculeuse

survenue chez une femme de soixante ans, dont le diaguostic clinique était particulièrement délicat, l'hypothèse de lésion hépatique ayant été éliminée, mais la possibilité d’une néoplasie abdominale n'ayant pas été élucidée (la malade ayant quitté précocement le service, l’évolution n’a pas été connue). |

L’inoculation à deux cobayes de 10 cc. de ce liquide pleural ne détermine chez eux aucune lésion viscérale, mais l’un des animaux sacrifié après 3 mois est porteur d'une très volumineuse adénopathie trachéo-bronchique, où l’on peut déceler plusieurs baciiles acido-résistants. Les groupes lombaires et inguinaux sont atteints, mais à un degré beaucoup moindre.

Le deuxième cobaye présente une adénopathie notable des gangiions inguinaux droits et gauches qui se développe trois mois après l’inoculation. Peu à peu elle rétrocède et au bout d'un an l’animal vit, paraissant absolument normal.

En réalité, dans la majeure partie des cas de péritonite tuberculeuse à forme ascitique, l’inoculation au cobaye n’est guère indispensable pour étayer le diagnostic. Par contre c’est dans l’étude du liquide des cirrhoses de Laënnec que la notion de la forme ganglionnaire de l'infection bacillaire du cobaye prend tout son intérêt. On sait en effet que non seulement la tuberculisation secondaire de l’ascite cirrhotique est fréquente, mais encore que nombre d'auteurs ont pu soutenir le rôle prépondérant du bacille de Koch à l’origine de l’ascite cirrhotique. Or si parfois

l’inoculation de ces liquides détermine chez le cobaye les lésions de la tuberculose viscérale, le plus souvent par contre l’inoculation paraît négative.

Cependant si l'on étudie avec soin le système lymphatique de ces animaux, on peut, dans certains cas, reconnaître l'existence de lésions tuberculeuses de leurs ganglions. Il en est ainsi par exemple, dans deux observations

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publiées par MM. Sergent et Priboiano (1) dont nous résumerons les principaux traits :

Dans le 1er cas, il s’agit d’un malade ayant une cirrhose typique avec pleurésie droite. Le liquide contient de nom- ; breuses cellules endothéliales et de rares lymphocytes.

Deux cobayes sont inoculés sous la peau (chacun reçoit 10 cc. de liquide où l’on n’a pu déceler de B. K.).

L'un est sacrifié après un mois, il présente uniquement une grosse adénopathie lombaire et bronchique où l'on trouve de nombreux bacilles tuberculeux.

Le 2e cobaye est sacrifié au bout de 4 mois : ses viscères sont tous indemnes.

Dans la 2€ observation, il s’agit d'un cas clinique analogue au précédent, mais le liquide a été inoculé après filtration. Le cobaye présente une adénopathie généralisée où l’on ne peut déceler de bacille acido-résistant, mais après 3 passages successifs la ‘preuve de l’origine bacillaire de cette adénopathie est fournie par la production d’une tuberculose viscérale typique.

Nous-mêmes avons observé un cas analogue à ceux rapportés par MM. Sergent et Priboiano,.et qui nous parait d'autant plus intéressant à rapporter que déjà auparavant nous avions à deux reprises cherché à produire la tuberculose ganglionnaire chez le cobaye (à défaut de tuberculose viscérale) pour dépister l'infection bacillaire probable dans deux cas de cirrhose de Laënnec sans y réussir.

Mme E..., âgée de 52 ans, est hospitalisée salle Moïaua- . pour une ascite dont le débutapparent ne dateque d’une quin zaine de jours environ. À la suite d’un refroidissement, ditelle,elle a ressenti une impression de malaise général,de courbature, une douleur abdominable dans l'hypocondre gauche

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