‹ Adénites bacillifères curables: Unique manifestation de la Tuberculose expérimentale du Cobaye (Leur importance pour le diagnostic de la tuberculose humaine)Chapitre 28 sur 44 · Sergent et Priboiano, Biologie · texte numérisé non relu

Sergent et Priboiano, Biologie

ho

qui s’est ensuite généralisée à tout l'abdomen, mais restant modérée : c'est plus une sensation de pesanteur qu’une véritable douleur. En même temps l'abdomen a augmenté de volume, ilest devenu considérable.

L'examen montre en effet une ascite considérable déformant l'abdomen qui s'étale dans les flancs ; l'ombilic est déplissé ; la peau est sèche, rugueuse, flasque ; une circulation collatérale à la fois sus et sous-ombilicale se dessine sous la paroi. La percussion montre que le liquide est mobile : l’ascite est libre. La palpation indolore, met en évidence la sensation de glaçon hépatique et splénique. La rate est très nettement hypertrophiée. Il existe un léger œdème des membres inférieurs, peu de troubles digestifs, pas d’altération du système nerveux. Les poumons sont clinique-

- ment et radiologiquement normaux.

La température, aux environs de 38° les premiers jours, redevient vite normale. La réaction de Wassermann est négative. On ne trouve aucun signe d’éthylisme, aucune maladie antérieure : le seul trouble pathologique :est l’existence d’epistaxis dans les mois précédents.

Le diagnostic de cirrhose sera confirmé par l'apparition d'un syndrome hémorragique quinze jours plus tard : purpura, épistaxis, hématurie, melæna qui entraîne la mort en dix jours. ['autopsie montre une cirrhose type cirrhose atrophique de Laënnec, avec grosse rate; il n’existe pas trace de périhépatite, le péritoine entier est lisse, souple. Les poumons, minutieusement examinés, sont normaux.

Quinze jours avant la mort de la malade, une ponction a été pratiquée, rendue nécessaire par la gêne considérable apportée par l’ascite. Cette ponction, la première pratiquée chez la malade, avait montré un liquide dont la formule semblait en contradiction avec le diagnostic de cirrhose : prédominance de lymphocytes avec quelques hématies, rareté des cellules endothéliales.

Deux cobayes, EI et E IL, reçoivent sous la peau chacun 40 cc. de ce liquide.

Le cobaye EI inoculé le 3 avril 4929, présente 25 jours plus tard une réaction inguinale qui d’abord modérée, augmente par la suite, mais sans jamais devenir considérable. A la fin de mai elle entre en régression, disparaît en juin, eten octobre il n’existe plus aucun signe permettant de soupçonner une réaction quelconque de l'animal à l’inoculation subie six mois plus tôt.

Le cobaye E II, inoculé dans les mêmes conditions, présente une réaction locale identique ; on le sacrifie au bout de six semaines d’inoculation (20 mai). A l’autopsie on trouve une adénopathie lombaire beaucoup plus importante que l’hypertrophie des ganglions inguinaux, el sur les frottis on peut déceler quelques bacilles acido et alcoolorésistants.

La réinoculation de ces ganglions à deux cobayes E. IT et E. IV détermine chez le dernier la mème hypertrophie des ganglions lombaires et trachéo-bronchiques avec présence de bacilles acido-résistants. Le cobaye E. III a présenté une grosse adénopathie inguinale qui, en Octobre (après 5 mois) a entièrement regressé.

Une telle observation nous paraît intéressante à plusieurs points de vue. D'abord parce qu’elle montre bien que la formule cytologique du liquide ascitique conserve toute sa valeur diagnostique, la lymphocytose qui paraissait au premier abord ne pas cadreravec les données cliniques étant cependant justifiée par la présence du bacille tuberculeux. De plus elle fait ressortir l'importance, dans la recherche de l’étiologie des cirrhoses, de l'examen du système lymphatique des animaux inoculés, en sacrifiant au moins un animal de chaque série au bout de six semaines, avant de dénier à la tuberculose tout rôle dans les accidents observés, que la tuberculose soit à l'origine dela cirrhose ou qu’elle n’en représente qu’une complication.

La production de tuberculose ganglionnaire du cobaye par inoculation de liquide céphalo-rachidien nous retiendra moins longtemps, car nous n'avons jamais pu la mettre en évidence dans tous les cas où nous l'avons recherchée. Cependant cette étude semble présenter un certain intérêt car diverses observations plus ou moins caractéristiques en ont été rapportées. C’est anisique MM. Arloing et Gourmont (1) ont pu produire des lésions tuberculeuses des ganglions à l’exclusion de lésions viscérales par inoculation du liquide de méningite : mais dans leur observation il s’agit de l’iñoculation d'un liquide céphalo-rachidien inoculé après filtration sur bougie Chamberland L3 sans que soitindiqué le résultat de l'inoculation de ce même liquide sans filtration préalable.

Dans l'observation de M. Loygue (2) c'est encore l’inoculation du liquide céphalo-rachidien d’une forme particulière de méningo-encéphalite tuberculeuse qui produit chez le cobaye les lésions de la tuberculose du cobaye type Calmette-Valtis.

Enfin dans une communication récente, M. Jousset (3) rapporte un certain nombre de cas de méningite tuberculeuse guérie par l’allergine, méningites dont l’origine tuberculeuse était vérifiée par inoculation au cobaye. Il semble, bien que le texte manque de précision à cet égard, qu'il se soit trouvé dans un certain nombre de cas en présence de cette forme atypique ganglionnaire de l'infection tuberculeuse du cobaye

Il convient d’ailleurs, à ce propos, de rappeler un des

Page 1