PS 0 UE
Lippmann elle existe dans 30 à 50 % des cas. La proportion des cas positifs est de 13 % dans les travaux de L. Bernard,de 40 % dans les recherches de Mlle Thiers.
L’inoculation aux cobayes donne des résultats qui sont habituellement en contradiction avec les chiffres cités par les auteurs précédents, tous obtenus par la recherche directe du bacille de Koch dans le sang. C’est ainsi que Rumpf et Zeissler qui, par homogénéisalion, trouvent le B. K. dans 100 © des cas, ne parviennent à tuberculiser le cobaye que dans une très faible porportion (8 %).
MM. Nobécourt et Darré ont 4 cas positifs sur 48.MM.L. Bernard, Debré et Baron, 4 résultats positifs sur 41 inoculations. Par contre Delbecq en inoculant- des doses massives de sang (20 à 40 ce.) aurait eu 42 cas positifs sur 44.
Par ailleurs les expériences de MM. Calmette, Massol et Breton affirment la réalité de la bacillémie chez les animaux tuberculisés.
De toutes ces recherches on paraissait en droit de conclure, avec MM. Arloing, Dufourt et Langeron dans leur rapport au Congrès de Médecine de 1927, que « dans les tuberculoses chroniques il n’y a pas septicémie, maïs seulement migrations bacillaires intermittentes et peu nombreuses, ces migrations étant dépourvues de touteexpression clinique que nous soyions capable de dépister. Dans les granulies, dans les tuberculoses dites septicémiques, les examens de sang et les inoculalions, bien que donnant des résultats un peu plus souvent positifs, n’autorisent pas à employer le terme de septicémie : bactériolo- giquement la preuve fait le plus souvent défaut: l'état septicémique vrai paraît être une exception, ou s’il existe ce n'est pas sous la forme bacillaire ».
4 EL] Une telle conclusion devait nous autoriser à essayer de trouver dans la production de la tuberculose atypique du cobaye une preuve que les notions classiques ne parais-:
saient pas susseptibles dè donner. Nous avons tout d'abord recherché si, chez les tuberculeux pulmonaires chroniques, l'inoculation du sang pouvait déterminer la tuberculose ganglionnaire du cobaye. Après un premier échec, nous avons obtenu un résultat positif que nous rapporterons brièvement, l'observation en ayant été relatée ailleurs (1).
Mme D..., bacillose pulmonaire dont le début remonte à novembre 1926, sous forme d’hémoptysies répétées, à évolution subaiguë ayant permis à la malade de continuer son travail jusqu’en septembre 1928, date de son hospitalisation. Elle présente à ce moment des signes d'infiltration bilatérale du 1/3 supérieur des poumons avec nombreux bacilles dans les crachats: L'état général est cependant relativement bon.
Brusquement survient une poussée aiguë avec point de côté à la base droite, température a 4o° : l'examen montre un foyer pneumonique qui va persister durant un mois environ: la fièvre persiste irrégulière durant tout ce temps puis peu à peu revient progressivement à 37°5-37°8. Pendant les deux mois suivants, persistance de signes apicaux ; la température reste subnormale. |
Au 2 jour de la poussée pneumonique, 20 cc. de sang sont prélevés et inoculés à deux cobayes D.I et D. II (inoculation sous-cutanée).
Le cobaye D. 1 reçoit sous la peau de la cuisse droite 10 cc. de sang. |
Il présente dans les jours qui suivent, une réaction locale importante qui va s’estomper peu à peu. Au bout de trois semaines, la tuméfaction locale a disparu mais il persiste une petite adénopathie inguinale très nettement perceptible et lorsque l’on sacrifie l’animal après six semaines, tous ses viscères sont normaux, mais on retrouve à côté des petits ganglions perçus à la palpation, une
1. G. Paisseau et V. Oumansky, Soc. de Biologie, décembre 1928,
volumineuse adénopathie lombaire et bronchique où l’on décèle plusieurs bacilles tuberculeux caractéristiques.
Ces ganglions broyés sont reportés sur deux cobayes D. II et DIV qui reçoivent chacun sous la peau 5 cc. de liquide de broyage de ces ganglions.
Le cobaye D. III présente une petite adénite inguinale assez modérée ; sacrifié après six semaines, il présente une augmentation de volume très notable des ganglions lombaires et bronchiques, mais l’on ne parvient pas, malgré des recherches pronlongées, à y dépister de bacille tuberculeux.
Le cobaye D. 1V, inoculé dans les mêmes conditions, présente une réaction analogue. Il est sacrifié au bout de trois mois. Ici encore intégrité viscérale, hypertrophie des ganglions lombaires et bronchiques, sans que l'on puisse y dépister de bacille tuberculeux.
Quant au cobaye D. IT, homologue du cobaye D. I, il présente tout d’abord une réaction inguinale identique qui disparait au bout de deux mois et demi. Sacrifié après quatre mois, il ne présente plus aucune lésion pathologique.
Ainsi était démontrée pour le cas de D. l'existence d'une bacillémie tuberculeuse dont la preuve était fournie, à l'exclusion des données classiques, par la production de tuberculose ganglionnaire du cobaye. Reportant alors à plus tard la recherche systématique de la bactériémie chez les tuberculeux, que nous ne pouvions, faute de temps, mener de pair avec nos autres recherches, nous avons essayé de démontrer par les mêmes procédés l’existence de formes septicémiques de l'infection tuberculeuse et cela chez des sujets indemnes de. toute tuberculose
locale.
Un premier résultat positif nous est donné dans l’ob-
servation suivante :
Pre
M.P... âgé de 925 ans, a toujours été bienportant Au mois de février 1998 il est pris brusquement de malaise de courbature, se sent asthénique. La température atteint 39°. L'examen à ce moment ne décèle aucun signe de localisation viscérale. Il n’y a pas de troubles digestifs, pas de tuphos, pas d’amaigrissement. La langue est humide, à peine saburrale, il n’y a pas de lésion bucco-pharyngée, pas d’adénopathies. L’abdomen est souple, indolore ; il n’y a pas de météorisme abdominal, pas de gargouillement dans la fosse iliaque droite, pas d’éruption, et en particulier pas de taches rosées. La rate n’est pas percutable.
L'examen de l'appareil respiratoire est absolument négatif. Le cœur est régulier, bien frappé, il n’y a pas de bruits anormaux ; la tension artérielle est de 12-8. Pas de modifications des réflexes tendineux, cutanés ni pupillaires.
Deux hémocultures sont pratiquées à quelques jours d'intervalle, elles resteront entièrement négatives l'une et l’autre. Le séro-diagnostic pratiqué al deux reprises (quinze jours après le début des accidents, puis deux mois plus tard, reste négatif aussi bien pour les paratyphiques que pour l’'Eberth.
Le même état va persister pendant plusieurs semaines {six semaines en tout) caractèrisé essentiellement par trois symptômes : asthénie d’ailleurs modérée, amaigrissement également peu important ; fièvre enfin, irrégulière s’élevant parfois à 4005 pour s’abaisser ensuite à 3905 : les variations de la tachycardie sont parallèles aux variations thermiques.
Pendant tout ce temps, aucune localisation viscérale ne se manifeste, l'appétit sans être excellent, n'est que partiellement diminué. Le seul incident à noter est l'existence vers la 5° semaine qui suit le début des accidents, d'une légère périostite autour d’une dent de sagesse, qui ne paraît pas susceptible d'expliquer l’état du malade et qui d’ailleurs disparaît en quelques jours.
En présence d'un-teltableau clinique et en raison du caractère négatif des différents examens pratiqués, l'hypothèse d'une typho-bacillose devenait plausible. Remettant à plus tard un examen radiographique impossible à pratiquer à ce
moment On pratique aseptiquement une prise de 20 cc. de sang qui seront inoculés à deux cobayes.
Peu à peu l’état général du malade s'améliore. La température baisse ; elle redevient normale en avril. Le malade reste affaibli, amaigri, mais progressivement son état s'améliore, il part à la campagne, et en juillet 1929, six mois après le début de sa maladie, paraît en bonne santé. Il faut noter cependant un point particulièrement intéressant : dans le courant du mois de mai le malade présente une poly adénopathie assez importante, axillaire, cervicale et inguinale, indolore et apyrétique, qui persiste encore en juin et juillet, mais a presque totalement disparu au mois de septembre.
En résumé, on est en présence d’un syndrome infectieux survenu chez un jeune homme en apparence robuste, sans aucune localisation viscèrale, suivi pendant la convalescence de l’apparition d'une adénopâthie généralisée, état infectieux dont aucun caraclère n'avait permis d’établir l’étiologie.
L'inoculation du sang devait en démontrer l'origine tuberculeuse.
Le cobaye P. I. D le 8 mars 1929, 10 cc. de sang citraté au dixième sous la peau de la cuisse droite. Quinze jours plus tard, alors que le sang s’est complètement résorbé, il présente une petite adénopathie inguinale du côté droit. Cette adénopathie est représentée par un ganglion dur et ferme, qui augmente peu à peu eb atieint les dimensions d’un petit pois vers le 40€ jour qui suit l’inoculation. A ce moment il n'existe aucune autre
adénopathie appréciable et on ne trouve pas de ER" au point d'inoculation. Le 50e jour, l’'adénopathie est ‘entréeen voie de régression : on sacrifie alors l’animal.
À l'autopsie, on note tout d'abord l'intégrité des viscères : foie et rate sont absolument normaux, péritoine et intestin sont intacts. 11 n’existe pas de lésion pulmonaire.
Oumansky 9
Au point d’inoculation il ne reste pas de trace de l’injection de sang pratiquée sept semaines auparavant, mais dans la région inguinale existent deux ganglions très hypertrophiés : l’un a la taille d’un petit pois, l’autre est un peu moins volumineux. Des frottis pratiqués avec ces ganglions sont colorés au ziehl : trois bâtonnets acido et alcoolo-résistants y sont décelés.
A côté de cette hypertrophie des ganglions tributaires du territoire où à été pratiquée l’inoculation, on trouve de pelits ganglions lombaires et mésentériques de beaucoup plus volumineux que les ganglions normaux, mais qui ne sont pas très importants, alors au contraire.que l’hypertrophie est très marquée au niveau des ganglions bronchiques : ceux-ci, au nombre de 4 ou 5 sont très volumineux (5 à 6 fois le volume des ganglions normaux).
Ganglions bronchiques et lombaires prélevés seront broyés avec du sable stérile, passés à plusieurs reprises sur une compresse de gaze stérile, puis le liquide à peine trouble obtenu est inoculé aux cobayes P. IIT et P. IV (chacun reçoit 5 ce. de liquide).
En 48 heures, chez P. IT, en 5 jours chez P. IV, le liquide se résorbe totalement mais les animaux meurent quinze jours après l’inoculation. A l’autopsie aucun ne présente ni lésion au point d’inoculation, ni atteinte viscérale ; nulle part non plus on ne trouve de lésion ganglionnaire.
Le cobaye P. I1, inoculé à la même date que le cobaye P. I présente une réaction locale analogue, bien que moins importante. Deux mois 1/2 après l'inoculation (20 mai 1929) il ne présente plus aucune adénopathie perceptible. Cependant une intradermo-réaction pratiquée selon la technique usuelle est nettement positive, Le 20 juin il est en parfaite santé.
Le 5 juillet, soit 4 mois après l’inoculation, l'animal a considérablement augmenté de poids, il ne présente ni lésion au point d'iaoculalion, ni adénopathie appréciable. L'animal est alors sacrilié (en présence du D'. Tixier qui a examiné à plusieurs reprises Mr. P.). On trouve des viscères absolument sains, seule la rate, sans paraître malade est augmentée de volume. Il n’y à pas de chancre d'inoculation ,les ganglions inguinaux profonds paraissent un peu augmentés de volume et il n’y aurait semble-
fil pas lieu d’en tenir grand compte si l’on ne se souve-
nait que trois mois auparavant la palpation avait montré leur nette hypertrophie.
La région trachéo-bronchique parait à peu près indemne, mais par contre on trouve dans la région lombaire deux ganglions nettement pathologiques, ainsi qu’en lémoigne leur volume qui est au moins quatre ou cinq fois celui des ganglions normaux ; leur aspect qui est gris sale, terne, et non rosé, enfin la présence de bacilles acido-résistants (deux sont vus après {/2 heure d'examen).
La rate qui paraissait suspecte est broyée el inoculée à un cobaye P. V : celui-ci est sacrifié deux mois 1/2 plus tard: il ne présente aucune lésion appréciable ni des viscères ni des ganglions. Les frottis de la rate n’ont
d’ailleurs pas permis d'y déceler de bacilles acido-résis-
tants.
® Cette observation peut être résumée de la manière suivaute : thypho-bacillose cliniquement vraisemblable, dont la nature bacillaire est affirmée par les résultats de l’inoculation au cobaye, celle-ci ayant déterminé non pas les lésions viscérales typiques mais uniquement la forme ganglionnaire de la tuberculose expérimentale, et cela pendant deux générations successives d'animaux.
De cet exemple de thypho-bacillose’ de forme curable il convient de rapprocher l'observation suivante dont
l'intérêt clinique et bactériologique est rèndu encore plus grand en raison des vérifications anatomiques qui on pu être pratiquées.
Mme W... ménagère, âgée de 34 ans, est hospitalisée salle Moïana le 11 mars 1927, trente jours après un accouchement qui a été en tous points normal. Elle n'a jamais été malade auparavant ; elle a deux enfants bien portants.
Quelques jours avant son hospitalisation, elle a ressenti pour la première fois des douleurs assez vagues auniveau des genoux et des chevilles, douleurs qui peu à peu deviennent plus vives,en mêmes temps qu'apparaissent céphalée,nausées vomissementset fièvre. À ce moment la malade aurait eu une angine légère, elle était très fatiguée, néanmoins durant quelques jours elle n’a pas voulu renoncer à ses occupations.
Peu à peu elle sent sonétat s’altérer de plus en plus ; elle perd l’appétit, la fatigue s’accentue ; les douleurs articulaires envahissent poignets, coudes, épaules ; la fièvre devient plus élevée si bien que le 11 mars 1929 elle entre à l'hôpital.
On se trouve à ce moment en présence d’une jeune femme au facies coloré, aux pommettes rouges, peu amaigrie semble-t-il, mais répondant mal aux questions qu’on lui pose, paraissant désorientée. Elle est prostrée mais se plaint cependant d’une céphalée assez vive. Les douleurs articulaires, qui d’après ses dires avaient été intenses dans les jours précédents, semblent avoir à peu près entièrement disparu, mais en réalité si tout phénomène subjectif fait défaut, par contre en note encore au niveau des chevilles et genoux la persistance de manifestations inflammatoires avec rougeur, chaleur et tuméfaction légère. La palpation est absolument indolore.
Les signes généraux par contre persistent intenses : fièvre à 39°5, pouls 112. Les urines sont abondantes (près de 2 litres par 24 heures et la diurèse oscille entre 1 1.5 et 21. pendant toute la durée de la maladie) foncées, ne renfermant ni sucre ni albumine, mais contiennent une notable proportion d'urobiline.
L'examen de la cavité bucco-pharyngée est gêné par un léger degré de trismus qui va d'ailleurs très vite disparaître : la langue est humide, rouge, non saburrale, le pharynx est le siège d’une inflammation érythémateuse peu intense, sans adénopathie concomitante, Il n'existe pas de signe pulmonaire anormal.
Le cœur est régulier, les bruits sont bien frappés, il ny a pas de signe surajouté. La pression artérielle est de 12-8 au Vaquez-Laubry.
L'appareil digestif ne montre que peu de signes anormaux : l’anorexie n’est que partielle, il n’y a plus ni nausées, ni vomissements, l'abdomen est souple, indolent, non météorisé ; cependant il faut noter l'existence d’une diarrhée assez abondante, jaune verdâtre, un peu fétide, sans douleurs abdominales, |
La rate n’est pas perceptible.
On ne trouve aucun signe d’atteinte du système nerveux: l'existence de trismus et la céphalée intense ont fait rechercher les contractures, l'examen minutieux, à plusieurs reprises répété, n'a jamais permis d’en déceler. Les réflexes tendineux, cutanés, pupillaires sont normaux.
Malgré l’atypie de tous ces symptômes, l'existence de la diarrhée, prostration, céphalée intense, l'absence de sueurs, d'anémie.... on pense cependant à une crise rhumatismale en raison de l'importance initiale des douleurs articulaires : après avoir laissé la malade en observation durant 48 heures, un traitement salicylé est institué. Entre temps une seule modification a fait son apparition : au niveau de l'index droit, à hauteur de l'articulation métarcarpo-phalangienne, se produit une fluxion douloureuse avec un placard érythémateux, ayant les dimensions d’une pièce de o fr.50, légèrement infiltrée, qui va d’ailleurs disparaître en trois ou quatre jours sans laisser de traces.
Du 12 au 18 mars, le traitement salicylé est prescrit à la dose de 10 grammes par jour ; mais si les phénomènes» articulaires disparaissent (nous avons déjà signalé qu'ils étaient spontanément en voie de régression lors de son entrée dans le service) par contre les signes généraux
ne s’amendent nullement : la fièvre persiste, en plateau, aux environs de 390, sans rémission matinale, avec tachycardie persistante. L'état général s’altère progressivement, la prostration s’accentue et la malade tombe dans. un état d’hébétude dont on ne peut la tirer. Elle se plaint toujours de douleurs occipitales si intenses que malgré l'absence de tout signe méningé, on pratique une ponction lombaire qui donne issue à un liquide limpide, non hypertendu, de composition normale : la recherche des bacilles de Koch y est négative.
.’ D'autre part un signe persiste, accompagnant la prostration, la fièvre, la céphalée : c’est la diarrée initiale qui peu à peu devient plus profuse, s'accompagne de météorisme abdominal. La pression de la fosse iliaque droite devient douloureuse; cependant il n’y a pas d’éruptions, la rate n’est pas perceptible.
Quatre hémocultures vont être pratiquées, en présence de cet état infectieux dont l'origine rhumatismale ne paraît plus devoir être retenue. Toutes vont rester fnégatives, bien qu'elles aient été conservées pendant plusieurs jours à l’étuve (5 à 12 jours), aussi bien celles pratiquées sur bouillon ascite que celles faites sur milieux ordinaires. L’ensemencement du sang en milieu anaérobie est également négatif. |
Le séro-diagnostic vis-à-vis de l’Eberth et des paratyphiques est négatif d’un bout àl'autre de la maladie.
Abattement, fièvre, diarrhée persistent et s’accentuent peu à peu, en même temps qu'un amaigrissement considérable progresse de jour en jour. Le pouls reste accéléré en relation avec l'hyperthermie. Aucune localisation viscérale n'apparaît. Vers la fin du mois une défervescence thermique légère s’ébauche,enmême tempsque la diarrhé diminue, mais il ne s’agit là que d’une rémission passagère ; presque aussitôt la fièvre atteint à nouveau 409 et même 41° par moments! Puis au début d'Avril elle s’abaisse à nouveau, en même temps que le pouls se ralentit; mais durant le même temps la stupeur s'accentue etla malade succombe dansun état d'adynamie complète le avril. Dans les 48 heures qui. ont
précédé la mort, on voit apparaître une légère dyspnée et en mêmetempsl'examen pulmonaire quis’était jusque-là montré négatif, révèle l’existence de matité avec silence à la base droite. La ponction exploratrice donne issue à une toute petite quantité de liquide teinté en rouge, dont on retire 30 cc. sans pouvoir en obtenir une plus grande quantité. Le lendemain (date de la mort de la malade) on pratique une nouvelle ponction exploratrice qui reste négative.
L'examen du liquide le montre formé d'hématies, de cellules endothéliales et surtout de lymphocytes, auxquels s'ajoutent de rarissimes polynucléaires. Le culot de centrifugation sert à la recherche du bacille de Koch qui est négative.
On'injecte alors sous la peau de la cuisse 10 ce. de ce liquide à un cobaye W. r et une même dose à un 2° animal Win: |
L’autopsie de la malade pratiquée 26 heures après la mort ne permet de déceler aucune lésion viscérale : les poumons sont normaux, les tragments prélevés en différents endroits surnagent parfaitement sur l’eau. La base droite est examinée de façon toute particulière, on ne trouve plus trace de liquide ; la séreuse ne présente ni dépoli ni adhérence ; il n'existe ni lésion cicatricielle ni lésion inflammatoire.
Le cœur, d'aspect normal, est ferme. Iln'y a pas d'épanchement dans le péricarde. Il n’y a, sur les coupes, ni modifications de l’endocarde, ni modifications du solene et des dimensions des diverses cavités cardiaques.
L'examen de l'abdomen est tout aussi infructeux : foie et rate sont sains, l'intestin est normal ; il n’y a pas de granulations péritonéales, pas de liquide exsudatif. Les annexes (utérus, ovaires) ont été examinées avec soin : aucune lésion ne s’y observe. Enfin, l'intestin a été plus particulièrement
examiné en raison de la diarrhée persistante qu'avait pré: sentée la malade : la seule lésion appréciable est une congestion de toutes les muqueuses du grêle mais très modérée, et sans que l'on puisse déceler d'ulcérations quelconque.
L'examen du système nerveux montre son intégrité.
L'étude anatomique nous apparaît donc comme essentiel
Hi
lement décevante, incapable d’aider au diagnostic étiologique du syndrome clinique si spécial que présentait notre malade. Sans doute l’étude anatomique permettait d’éliminer les diagnostics initiaux de rhumatisme, de typhoïde, d’endocardite..…. mais iln’apportait aucune preuve en faveur de l’origine tuberculeuse possible du syndrome observé étiologie dont la preuve allait être donnée par les résultats de l’inoculation au cobaye (1).
Le pouvoir pathogène de ce liquide pleural apparaît au premier abord comme assez réduit, puisque le cobaye WI inoculé le 5 avril 1929, après avoir présenté une adénopathie inguinale correspondante un mois après, voit cette hypertrophie ganglionnaire s'effacer peu à peu. En juillet elle a totalement disparu ; en octobre 1929 le cobaye paraît absolument indemne ; son poids est passé de 400 grammes à 700 grammes environ.
Le cobaye W IT présente au début une réaction identique, peut-être un peu plus précoce, puisque l’adénopathie est appréciable dès le 20€ jour qui suit l’inoculation. Dans le courant de juin elle devient un peu plus importante ; le cobaye, en bon état général, est sacrifié au bout de six semaines.
Au premier examen, l'animal paraît indemne :il n’y a pas trace de lésion viscérale, le foie, la rate, les poumons, l'intestin sont normaux. On ne trouve pas non plus de lésions au siège de l’inoculation et les ganglions inguinaux eux-mêmes ne paraissent guère hypertrophiés : il semble que l'impression d’adénopathie perceptible pendant la vie de l'animal tenait à l'existence de petits pelotons graisseux sous-cutanés.
Mais dans le mésentère et surtout dans la régionlombaire, on trouve une hypertropie ganglionnaire des plus nettes ; certains groupes sont peu augmentés, les ganglions ne dépassant pas le volume d’une lentille ; d’autres, plus volumineux au contraire (surtoutles ganglions rétro-hépatiques)
1. L'inoculation de fragments de foie et de rate a donné également naissance chez le cobaye à une tuberculose ganglionnaire avec présence de rares bacilles tuberculeux. L’inoculation de fragments de poumons a été négative.
atteignent le volume d’un petit haricot. Les ganglions sont fermes, durs, nelaïssant sourdre aucun liquide — mais les frottis de l'un d'eux montrent la présence de plusieurs bacilles acido et alcoolo résistants typiques. La totalité des ganglions, broyée suivant la technique usuelle, sert à réinoculer deux nouveaux cobayes W III et W 1V. |
Le cobaye W III, un mois plus tard, présente une assez volumineuse adénopathie inguinale ; il est sacrifié 4o jours aprèsla date de l’inoculation ;tousles viscères sontindemnes, mais par contre tous les groupes ganglionnaires sont le siège d'une hypertrophie des plus importantes (surtout en ce qui concerne les groupes trachéo-bronchiques) mais il faut deux heures d'examen pour dépister sur les frottis de ces ganglions un bacille acido et alcoolo-résistant. e
Lecobaye W IV ne commence à présenter d’hypertrophie de ses groupes ganglionnaires de l'aine que deux mois après avoir été inoculé. Cette adénopathie devient importante, puis commence à regresser en août.À ce moment on prélève par biopsie un de ces ganglions : trois bacilles acido et alcoolo-résistants sont vus. Cependant la plaie se cicatrise parfaitement bien ;en septembre l'animal a engraissé ; en octobre, état général parfait ; il ne subsiste aucuaé trace de la lésion ganglionnaire non plus que de l'intervention.
Les observations que nous venons de rapporter ne sont pas les seules qui aient été observées, où la nature bacillifère du sang de tuberculeux ait pu être démontrée par la production de tuberculose ganglionnaire à l’exclusion de toute lésion viscérale. |
C'est ainsi que MM. Bonciu el Jonesco (1) dans le laboratoire du professeur Cantacuzène, inoculent dans le péritoine de cobayes le sang de trois malades atteints de granulie. Un cas fut complètement négatif ; dans un deuxième l'inoculation détermine une tuberculose viscé-