Bonciu ct Jonesco, Biologie Roumaine
issue
rale généralisé. Enfin dans letroisièmecasl’animal succombe 72 jours après l’inoculation : il ne présente aucune lésion viscérale, mais un ganglion mésentérique est très .nettement hypertrophié et l'on y trouve de nombreux bacilles. acido et alcoolo-résistants.
(Dans une même série d'expériences faites avec le sang prélevé dans les mêmes conditions, mais inoculé seulement après filtration, les auteurs obtiennent les résultats suivants : rien dans le premier cas ; dans le deuxième le cobaye meurt cachectique au bout de 92 jours sans lésions viscérales, et les ganglions mésentériques contiennent de rares bacilles de Koch et des cellules géantes : dans la troisième observation enfin, le filtrat donne au cobaye une
tubèrculose typique.)
Dans une série d'expériences d’un autre ordre, M. Valtis et Mile Misiewicz (1) inoculent à des cobayes le sang de femmes tuberculeuses en période menstruelle : dans leurs observations aucune lésion viscérale n'apparaît chez les animaux, si longue que soit la durée des expériences, mais ils déterminent uniquement une hypertrophie des ganglions lymphatiques avec présence de bacilles acido et alcoolo-résistants.
De même MM. Armand-Delille, Saenz et Bertrand (2) reproduisent une tuberculose atypique du cobaye par inoculation du sang de granulique.
Enfin un exemple des plus intéressants, à rapprocher de nos observations personnelles, est l’histoire rapportée par MM. Debré et Bonnet (3).
1. Valtis et Mlle Misiewicz, Soc. Biologie, juin 1998. 2. Armand-Delille, Saenz et Bertrand, Société de Biologie, 1928, 3. Debre et Bonnet, Société de Biologie, 1998.
Dans cette observation il s’agit d’un enfant de 11 ans n'ayant rien eu jusqu'au mois d'août 1927. Sa sœur par contre a présenté un érythème noueux suivi de pleurésie séro fibrineuse.
En août 1929, l'enfant se plaint de lassitude, durant jusqu'en octobre. À ce moment, la fatigue augmente, la fièvre apparaît, le malade se plaint de céphalée. Il n’y a ni abattement ni anorexie. Le seul renseignement fourni par l'examen est l’existence d’une splénomégalie très nette.
En 2 à 3 semaines, toute rentre dans l'ordre et, durant l’année qui suit, on n’observe aucun signe morbide.
Hémoculture et séro-diagnostic restent négatifs.
Le 10 novembre, 2 cmc. de sang sont inoculés sous la peau d’un cobaye qu'on sacrilie le 7 février, sans qu'il
‘ait présenté aucun signe de réaction pathologique.
Il présente à côté de viscères absolument sains, une atteinte de ses ganglions lombaires, trachéo-bronchiques et inguinaux, et dans ces derniers. on décèle des bacilles acido-résistants typiques.
. De ces différentes observations (1) on peut admettre la fréquence relative des cas où l’on peut mettre en évidence dans le sang de tuberculeux la présence du bacille de Koch, et cela non par la production des iésions viscérales Lypiques de l'infection du cobaye, mais uniquement par l'apparition de lésions ganglionnaires dont l'origine est affirmée par la présence du bâtonnet acido et alcoolo-résistant.
Mais si intéressante que peut être cette recherche, tant pour le diagnostic des seplicémies tuberculeuses que pour
1. Notons encore que MM. Léon Bernard et Desbucquois ont pu mettre en évidence dans 5 cas sur 15, la présence de bacilles tuberculêux dans le sang de malades en période menstruelle, par la production de lésions ganglionnaires à l'exclusion de toute lésion viscérale. Les animaux témoins sacrifiés au bout de cinq mois ne présentaient plus aucune lésion, :
l'appréciation de la fréquence des bacillémies chez les tuberculeux, elle présente surtout une importance considévable parce que la présence du bacille dans le sang implique la possibilité de son passage dans le placenta et pose le problème de la transmission héréditaire du bacille tubercaleux.
$S 5. — Tuberculose atypique du cobaye et transmission héréditaire de la tuberculose.
La présence du bacille de Koch dans le placenta, dans le sang du cordon, comme dans les organes de fœtus morts de mère tuberculeuse ou prélevés au cours d’opéralions césariennes ou d’avortements thérapeutiques, a été depuis longtemps considérée comme la preuve indispensable qui permet d'établir la réalité de la notion d’hérédité tuberculeuse. Si la clinique avait depuis de très nombreuses années établi qu'un « phlisique est fils de phtisique» la preuve de la transmission directe du germe causal n'avait pu en être donnée, etles découvertes de Villemin et de R. Koch apportaient les possibilités d'en démontrer la réalité.
Les expériences entreprises à ce sujet ne donnèrent tout d’abord que des résultats négatifs et si quelques exceptions paraissaient possibles, dans l'immense majorité des cas il semblait établi que le bacille de Koch de la mère ne se transmet pas au fœtus, si l'on met à part les formes de tuberculose généralisée de la mère avec lésions importantes du placenta. On avait en effet en vain cherché par l'examen direct sur des coupes en série le bacille dans le placenta, ou si on l'avait trouvé dans des cas rarissimes, c'élait à titre de bacilles isolés sans rôle pathogène démontré. De même en ce qui concerne la recherche du bacille dans les organes de fœtus morts nés
de mère bacillaire. L’inoculation de sang placentaire, de fragments de placenta, de fragments de fœtus issus de tuberculeuses n'avaient qu'exceptionnellement déterminé des lésions de tuberculose viscérale chez le cobaye. Par ailleurs on avait fait remarquer que durant les premiers mois de la vie la cuti-réaction tuberculinique élait négative on avait conclu à la non-contamination de tels enfants, la présence de bacilles de Koch vivants si petit qu'en soit le nombre, dans l'organisme, suffit à donner une réaction cutanée positive à Ja tuberculine, et cela aussi bien quand les germes sont à l’état latent que lorsqu'ils entrainent des accidents évolutifs.
Ainsi les recherches expérimentales tendaient-elles à détruire les notions classiques concernant la transmission héréditaire du bacille de Koch, celle-ci étant considérée comme « pratiquement inexistante » puisqu'il n’y aurait dans toute la littérature que 112 ou 114 cas de luberculose héréditaire vérifiée bactériologiquement, selon les méthodes classiques de recherche de la tuberculisation du cobaye. L'importance d'une telle conception devait être capilale, puisqu'elle aboutissait à des conclusions thérapeutiques des plus précices : séparer, dès leur naissance, de leurs parents les enfants de phtisiques, devait suffire à éviter leur contamination.
Si en pratique la valeur d’une telle thérapeutique préventive ne se discute pas, est-ce dire que l'on doit admettre sans réserves la base expérimentale qui en a été le point de départ ? Peut-on, à la suite de travaux récents, nier l'importance et la fréquence de la transmission héréditaire du bacille tuberculeux ?
Déjà il est difficile de voir dans les réactions à la tuberculine un argument suffisant pour éliminer l'existence de bacilles tuberculeux dans l'organisme. Au cours des fièvres éruptives de l’enfance, comme d'ailleurs au cours de bien d’autres états pathologiques, on voit disparaitre une réac-
tion cutanée qui était auparavant fortement positive, et le redeviendra ultérieurement sans que l’on puisse un instant envisager la possibilité de la disparition du foyer bacillaire.
D'ailleurs il nous paraît intéressant de rappeler que dans nos expériences nous avons vu, à plusieurs reprises, des animaux porteurs de lésions bacillaires importantes caractérisées par la présence du bacille tuberculeux, présenter une cuti-réaction négative parfois d’un bout à l’autre de la durée de l'observation. D’autres fois, c'est pendant des mois que la réaction est négative avant de devenir positive. Parfois encore une réaction nette tout d’abord devenait par la suite impossible à mettre en évidence à nouveau, et cela également (bien que les résultats positifs soient plus régulièrement observés) avec les intradermoréactions, moins infidèles que les autres daus l'appréciation des réactions cutanées à la tuberculine. Enfin il faut signaler que les animaux inoculés avec des filtrats tuberculeux ont souvent des réactions négatives à la tuberculine.
Les résultats si bienfaisants de la prophylaxie post-natale autorisent-ils à écarter l'existence d’une contamination in utero ? Il ne semble pas que même du seul point de vue théorique, on soit autorisé à tirer une telle conclusion, une réinfection massive chez un sujet porteur d’une infection atténuée ou latente pouvant aussi bien qu’une infection première donner naissance aux mêmes accidents.
En réalité c’est surtout dans la notion de formes atypiques de l'infection expérimentale du cobaye qu’il faut chercher les principaux arguments capables d'orienter dans une voie nouvelie les recherches sur le problème de l’hérédité tuberculeuse.
La notion des formes atypiques de l'infection tuberculeuse du cobaye ouvre des horizons nouveaux à ce problème de l’hérédité tuberculeuse : « il faut reconnaître,
écrivent MM. Arloing et Dufourt, que ce grand chapitre de l’'hérédité tuberculeuse que l’on croyait définitivement clos, demande à êtretenvisagé sous un aspect nouveau. » Dans cet ordre d'idées, les premières recherches faites en série sont celles de MM. Calmette, Valtis, Nègre et Boquet, d’une part, de MM. -Arloing et Dufourt d'autre part Elles concernent tout d'abord des faits expérimentaux observés au cours des recherches poursuivies par ces auteurs dans l'étude des formes filtrantes du bacille tuberculeux. Nous laisserons ici les parties intéressant la question du virus filtrant, pour n’envisager que les résultats concernant la production de lésions atypiques de la tuberculose du cobaye.
Dans une première série d'expériences faites pas M. Calmette, douze cobayes ayant été inoculés avec des filtrats de produits bacillaires, trois des animaux succombèrent au bout de un mois avec des lésions strictement ganglionnaires où l’on décelait des bacilles acido-résistants, et la réinoculation sans filtration préalable cette fois de ces ganglions reproduisit encore une forme exclusivement ganglionnaire de la tuberculose du cobaye, avec présence de bacilles de Koch dans les lésions.
Mais le fait capital de celte expérience est l'existence, dans le même lot, d’un cobaye femelle qui donne naissance à deux petits, dont l’un succombe et n’est pas examiné, et dont l’autre sacrifié immédiatement après sa naissance est trouvé porteur d'un ganglion mésentérique qui a les dimensions d’un petit pois et qui renferme des bacilles de Koch typiques.
Dans un deuxième groupe d’expériences,une femelle en état de gestation est inoculée avec le fltrat d’une culture de bacille tuberculeux. Vingt. jours après elle met bas quatre petits, dont un est sacrifié immédiatement après sa naissance. On trouve sous le foie, autour des vaisseaux portes, un ganglion hypertrophié et dans les frottis
= Age
de ces ganglions on trouve quelques amas de bacilles acido-résistants typiques.
Dans ces expériences, des cobayes femelles inoculées sous la peau avec des produits renfermant des bacilles tuberculeux — et peu importe, pour le moment, la forme sous laquelle ces bacilles sont dans le filtrat de culture de B. K. — ces femelles donnent naissance à des petits qui paraissent sains, qui survivent indéfiniment si on les abondonne à eux-mêmes, mais dont les ganglions contiennent cependant le bacille acido et alcoolo-résistant, témoin de leur infestation intra-utérine, la présence d’hypertrophie ganglionnaire contenant le bacille de Koch permettant seule d'affirmer que le bacille tuberculeux a traversé le placenta pour ‘infecter le fœtus.
MM. Arloing et Dufourt (1) rapportaient à la même époque un fait en tous points comparable : ils avaient inoculé avecle filtrat d’un pus tuberculeux une femelle en gestation. Le fœtus issu de celle-ci présentait une hypertrophie manifeste des ganglions lombaires, avec intégrité des viscères el ici encore, les frottis des ganglions. montraient la présence de bacilles tuberculeux typiques.
Peu de temps après, dans l'étude de la transmission héréditaire du bacille de Koch chez l’homme on devait trouver des faits identiques. Le 16 février 1926, MM. Arloing et Dufourt communiquaient à l'Académie de Médecine l'observation d’un enfant issu de mère tuberculeuse, séparé d'elle dès sa naissance, et ayant succombé six semaines plus tard sans aucune lésion apparente à
l'autopsie, en dehors d'une légère hypertrophie des gan-