Société de Biologie (octobre
cela quel que soit le produit initial que l’on utilise : culture pus, liquides pleuraux, crachat bacillifère... peut donner naissance à des lésions diverses :
a) Dans un premier type, sur lequel nous n’insisterons pas, et qui paraît bien êtré le plus rare, on reproduit chez l'animal une tuberculose viscérale typique, dont la seule particularité serait peut-être la durée de son évolution, les animaux ne succombant souvent qu'après plusieurs mois (3 à 4),
b) Dans un deuxième type, plus intéressant, car il répond à certains faits que nous avons observés, les animaux maigrissent, se cachectisent et meurent en quelques mois sans présenter à l’autopsie ni lésion viscérale ni atteinte de leur système ganglionnaire, mais les réactions cutanées à la tuberculine sont souvent positives.
c) Enfin dans un dernier groupe de faits qui sont indéniablement ceux que l’on observe le plus couramment, l’animal présente des lésions strictement ganglionnaires. Dans ce cas, même après une survie qui peut dépasser plusieurs mois (6 mois, 8 mois ou même davantage) les cobayes ne présentent ni chancre d’inoculation ni ganglion satellite caséeux, non plus que les lésions nodulaires que l’on obtient habituellement par linoculation d’un produit tuberculeux ordinaire.
Par contre les ganglions voisins des points inoculés se tumélfient ; parfois cette tuméfaction est légère, d’autres fois ils atteignent le volume d’une petite noisette, puis ils disparaissent entre la 3° et la 4e semaine pour redevenir normaux.
A l’autopsie des animaux qui sont sacrifiés ou qui succombent, soit à une maladie irtercurrente, soit avec un syndrome d’amaigrissement progressif, on ne trouve aucune lésion caséeuse ganglionnaire, mais tout le système lymphatique (et surtout les ganglions lombaires et trachéo-bronchiques) est tuméfié.
Les ganglions sont durs et contiennent parfois un pus liquide presque uniquement constitué par des polynucléaires. Dans les frottis de ces ganglions on peut déceler des bacilles acido-résistants typiques que l’on ne trouve qu'après une recherche souvent minutieuse et prolongée. Ces bacilles sont soit isolés, soit groupés en amas de plusieurs éléments qui se rencontrent le plus souvent en un même point de la lame. La présence de ces bacilles constitue le témoignage bactériologique essentiel de l'infection tuberculeusé provoquée par les filtrats.
Les filtrats de culture ou de produit pathologique tuberculéux inoculés aux cobayes déterminent donc chez eux des lésions purement ganglionnaires, dont les caractères sont identiques à ceux que nous avons étudiés nous-même. Deux chapitres sont dès lors à envisager. | 6
1° Réactions à la tuberculine des animaux inoculés avec les filtrats.
29 Réinoculations en série.
A) Les réactions à la tuberculine ont élé tout d'abord étudiées par MM. Arloing et Goumont, puis confirmées par les recherches de Valtis, Durand, Oury et Benda, E. Sergent, Debré, Lelong et Bonnet: en ce qui concerne la cutiréaction avec la tuberculine, elle est souvent positive, mais inconstante, et un certain nombre d’auteurs, Popper et Rouleano, Mlle Togounoff, Nelis, Valter et Portret l'ont trouvée négative chez des animaux dont les ganglions cépendant renfermaient des bacilles tuberculeux typiques acido et alcoolo-résistants.
En ce quiconcerne l’istradermo-réaction, MM. Arloing et Dufourt l'ont reconnue beaucoup plus fidèle, et considèrent qu’elle est positive dans tous les types expérimentaux de la tuberculose du cobaye à virus filtrant, mais moins nette el passagère dans les formes où les animaux
survivent sans autre lésion que l'hypertrophie ganglionnaire.
Elle apparaîtrait 24 jours environ après l'inoculation, et il faudrait souvent employer de fortes doses (1/50) ; d’ailleurs elle ne persiste pas indéfiniment, et au bout d’une période qui durerait 45 jours environ, elle deviendrait négalive à moins que l’on n'utilise des doses plus fortes (1/25). Enfin chez les animaux survivants après 2 ou 3 mois elle est absolument négative.
B) Quel est le pouvoir pathogène des bacilles acido-résistants trouvés dans les frottis de ganglions des cobayes inoculés avec les filtrats ? Ici encore trois éventualités sont possibles.
19 Dans un premier cas, le plus fréquent, la réinoculation produit chez les animaux de 2°, 3e, 4e, 5e passage exactement le même type anatomique que chez les animaux directement inoculés avec le filtrat.
Chaque série d'animaux présente exactement la même hypertrophie ganglionnaire sans caséification, bien que parfois il y ait suppuration, sans chancre d’inoculation, sans lésion viscérale aucune, et les animaux abandonnés à eux-mêmes vivent indéfiniment. Peu à peu l’hypertrophie de leurs ganglions diminue, et si on les sacrifie dans des délais trop longs (après plusieurs mois) on peut ne plus retrouver trace d’une réaction ganglionnaire qui a cependant été importante, et en tous cas la découverte du bâtonnet acido-résistant est ici beaucoup plus délicate que dans les cas précédents.
La transmission en série du faible pouvoir pathogène est donc la règle. |
20 Mais dans un 2e type de faits, les réinoculations vont donner lieu à des résultats différents. T'antôt après 5 passages comme dans une observalion relatée par MM. Valtis,
Nègre, Bocquet et Mile Cutonciéry (1), deux animaux présentaient après 10 jours d’inoculation des lésions spléniques avec bacilles tuberculeux, tandis qu’un 3°animal de la même série ne présentera après six mois de survie que les lésions ganglionnaires avec B. K. abondants. L’inoculation de ces ganglions à de nouveaux cobayes (68 passage) va donner lieu à un abcès local abacillaire dont l'inoculation (7° passage) détermine des lésions exclusivement ganglhionnaires riches en bacilles tuberculeux.
Dans les observations de MM. Arloing et Dufourt, c’est après deux passages chez le cobaye que le filtrat d’une ascite tuberculeuse expérimentale a reproduit une tuberculose typique (chancre d'inoculation, caséification des ganglions, tubercules spléniques et pulmonaires).
Dans l'observation de Durand, Benda et Kourilski, quatre passages sont nécessaires avant d'observer un retour à la tuberculose viscérale, les animaux des séries précédentes n'ayant eu d'autres lésions que des lésions ganglionnaires, où l'on ne trouve pas de B. K.
+ Enfin dans quatre cas M. Saenz a pu obtenir des lésions nodulaires typiques dès le troisième passage chez l'animal.
De ces différentes observations il résulte indiscutablement que les filtrats peuvent après plusieurs passages récupérer un pouvoir pathogène identique à celui des cultures de bacilles tuberculeux dont ils sont issus, mais ce retour à une virulence plus grande paraît l’exception.
30 Enfin il est plus fréquent de voir s’épuiser, après un certain nombre de passages chez l’animal, le pouvoir pathogène du virus issu des filtrats Luberculeux, la réinoculation ne donnant plus aucune lésion apparente.