ADÉNOÏDITE ET APPENDICITE CHRONIQUE
M. P..., dix-neuf ans, engagé volontaire au 2° régiment de zouaves, se présente à l’hôpital militaire, avec le diagnostic d’appendicite chronique.
Pas d'antécédents héréditaires. Antécédents personnels. — Enfance maladive. Eczéma impétigineux, persistant jusqu'à l’âge de six ans. À huit ans, variole et depuis, troubles digestifs, bizarres, intermittents : anorexie, gastralgie, constipation. Le faciès du soldat est cyanosé par places, la lèvre supérieure courte et épaissie. Les paupières sont le siège d'une blépharite glandulo-ciliaire squameuse.
Depuis cinq jours, le malade se plaint d’une dou-
‘ leur sourde, continue, dans la fosse iliaque droite qu'exaspèrent les mouvements et le travail de la digestion. Le port de la ceinture de flanelle est rendu très difficile. La langue est sale, la bouche pâteuse, l’état nauséeux. Comme la constipation est ancienne, on a administré, dès l’entrée, un lavement glycériné, qui amène l'expulsion immédiate de matières osillées, sèches, noïrâtres, exagère les phénomènes douloureux et détermine un léger mouvement fébrile.
Le ventre n’est point ballonné. Il y a un certain degré de tuméfaction aù point de Mac Burney. La palpation générale est aisément supportée. Si l’on appuie avec insistance sur la région appendiculaire, le malade pousse un cri et se tord sous l'influence de la douleur.
La température est à 38°5, le pouls à 85. Le mé. decin traitant prescrit un purgatif : sulfate de sou de et follicules de séné et institue la diète absoïfue pendant vingt-quatre heures.
Le lendemain et le surlendemain le même état persiste. Le troisième jour, un élève du service, interrogeant le malade, s'aperçoit que ce dernier entend difficilemnt et répond moins bien aux questions posées.
Il n’accuse aucune douleur du côté de l'appareil auditif.
On constate par les épreuves de « Weber » et de « Rinne » qu'il y à un certain degré de surdité du côté de l’oreille gauche.