NOUE
On fait passer le malade au service d'otologie. La membrane du tympan est normale. On examine le cavum et, quelle n'est pas la stupéfaction du médecin qui pratique la rhinoscopie postérieure, d'y apercevoir des végétations adénoïdes, pédiculées, fossiles, recouvertes d’un muco-pus verdâtre et appliquées exactement contre l’orifice pharyngien de la trompe gauche.
On désinfecte la région.
On pratique des douches nasales chaudes de sérum physiologique. Tout symptôme appendiculaire a disparu.
Huit jours après, on enlève les végétations adénoïdes demi-molles. Depuis deux ans, cet homme a pu faire son service et n’a plus ressenti de troubles gastro-intestinaux.
Revu en octobre 1904, il attribue sa guérison totale à l'intervention chirurgicale sur son rhinopharynx.
OBSERVATION V (Groc. Ed. Thèse de Lyon, 1905)
VÉGÉTATIONS ADÉNOÏDES DANS L'ENFANCE. — CATARRHE CHRONIQUE PHARYNGIEN. — APPENDICITE CHRONI- QUE. ,
Mile C... B..., seize ans, sent constamment des mucosités coulant le long de la paroi postérieure
EEE
du pharynx vers son œsophage et leur trouve « un goût amer »..
Antécédents héréditaires. — Pas d’appendicite familiale.
Antécédents personnels. — À six ans a subi l’a-
blation des végétations adénoïdes. A été traitée maintes fois à la consultation du D’ Garel, médecin des hôpitaux de Lyon, pour une hyÿpertrophie considérable de l’amygdale palatine gauche qui, sous l'influence de pointes de feu, a regressé de volume. S'enrhume et tousse au moindre refroidissement. A eu une grippe très forte en 1902, nécessitant un séjour au lit de 3 mois.
Est très nerveuse et se plaint depuis très longtemps de troubles digestifs divers : anorexie, constipation, gastraloie. À fait un séjour d’une semaine dans le service du professeur Poncet, à l’Hôtel- Dieu pour une maladie d’intestin qu'on a qualifiée d'appendicite.
Histoire de la maladie.
En juin 1904, deux jours après une poussée aiœuë du côté de son pharynx, la malade est prise brutalement, vers neuf heures du soir, d’une « sensation de corde au creux de l'estomac », s’accompagnant de vomissements et de coliques dans tout le ventre. Elle est obligée de s’aliter et le médecin appelé, en toute hâte, constate une hyperesthésie cutanée au niveau de la fosse iliaque droite ; pas de contracture des droits, ni d’empâtement, ni de tumeur. Le point de Mac-Burney est très net.
Le pouls est à 80, bien frappé.
La température à 38°4.
Le faciès est terreux.
Il fait appliquer un sachet de glace sur la région cœcale droite, prescrit une piqüre de morphine et ordonne la diète absolue.
La malade, au cours de l’interrogatoire, appelle son attention sur l’état pathologique habituel de son arrière-gorge.
Le médecin constate, en effet, l’ancienneté des lésions, il remarque une hypertrophie inflammatoire très accentuée de l’amygdale droite et dirige, contre elle, aussitôt, une thérapeutique efficace.
Il voit alors, sous l'influence des douches locales chaudes, de gargarismes à l’eau de guimauve et au chlorate de potasse, les phénomènes intestinaux rétrocéder ; il établit immédiatement une relation de cause à effet entre les phénomènes observés du côté du pharynx et ceux qui se sont produits du côté de l'appendice.
Cette jeune fille n'ayant pas voulu subir lablation de son amygdale a présenté, par la suite, de nouvelles poussées aiguës qui se sont accompagnées quelquefois, d’une réaction appendiculaire identique.
OBSERVATION VI (Groc. Ed. Thèse Lyon, 1905)