ADÉNOIDITE ET APPENDICITE CHRONIQUE
X..., 21 ans, cavalier au 2° dragons. Le malade entre à l'hôpital pour un écoulement persistant de l'oreille droite, datant de six semaines.
Antécédents héréditaires. — Un frère goîtreux et crétin.
Antécédents personnels. — Rougeole dans l’en-
fance. Homme intelligent et ne présentant aucun stigmate de dégénérescence, accuse de la gène respiratoire qu'il localise surtout au fond du nez, dort depuis longtemps la bouche ouverte et se fait réveiller chaque nuit par ses camarades parce qu'il ronfle bruyamment.
À l'examen de sa gorge, on ne constate pas d'hypertrophie nette de ses amygdales. Le voile du palais est lisse, uni, bien tendu, la paroi postérieure du pharynx est parsemée de granulations et de varicosités, on note la présence, à droite, d’un faux plilier postérieur.
À la rhinoscopie antérieure, tuméfaction diffuse de la muqueuse nasale, déviation à droite de la cloison.
À la rhinoscopie postérieure, hypertrophie assez volumineuse, à forme molle de la glande de Luschka sans aucune trace d’inflammation.
On propose au malade de lui enlever ces végélalions adénoïdes à une date assez rapprochée lorsque son otile moyenne sera guérie.
Le quinzième jour après son entrée le malade ressent, un malin « au saut du lit », une douleur vive en coup de poignard dans dans la fosse ilaane droite. Il pâlit affreusement et tombe.
La syncope n’est pas complète ; aussitôt replacé sur son lit il se remet el nous constatons alors une douleur très vive au point de Mac Burney, elle s'irradie vers les lombes et surtout vers la crête iliaque jusque dans la cuisse droite.
Il y a de l'hyperesthésie localé et de la défense de la paroi, les mouvements du membre inférieur droit et les contractions des muscles larges de l’abdomen sont douloureux. Le ventre est ballonné, l’élat nauséeux, pas de vomissements.
Frappé, à bon droit, d’une crise aussi soudaine, que rien ne faisait prévoir, nous interrogeons le malade sur les antécédents digestifs.
Pressé de questions, il nous raconte qu'à 12 ans il a eu une crise analogue intense et continue, avec vomissements, fièvre, ayant nécessité un séjour au lit de deux semaines, le tout qualifié d’inflammation d'intestin par le médecin traitant. Crise identique à quinze ans avec même cortège symptomatique et même diagnostic.
On met le malade à la diète.
Son pouls est à 95. La température à 39°7. Sa
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langue est humide et rose, pas de phénomènes &e péritonisme.
Revu le lendemain, la nuit a été bonne ; les mèêmes symptômes persistent, l'élévation thermique est moindre, mais le malade se plaint de la gorge.
On constate, à l'examen, une rougeur généralisée diffuse du pharynx, les végétations adénoïdes, qui, il y a deux semaines étaient intactes, sont recouvertes par un muco-pus verdâtre, épais, les ganglions sous et rétro-maxillaires sont volumineux, l’adénoïdite est certaine.
On cherche, par une thérapeutique bien comprise à faire régresser cette inflammation aiguë et l’on constate qu’à mesure qu'elle s'atténue, les syintômes appendiculaires s’amendent. La guérison des deux affections est concomitante comme l'avait été leur début.
On opère ce malade des végétations adénoïdes, on cautérise au thermo-cautère ses granulations pharyngées. Revu il y a dix jours et un an après l'opération, ce soldat n’a plus eu de poussées aiguës du côté de sa gorge ni de son appendice.