DEUXIÈME PARTIE
Etiologie Pathogénique
En lisant ces observations que nous venons de relater, un fait semble se dégager de leur analyse : à savoir, que chez un même individu l'infection peut, soit simultanément soit successivement, apparaître dans le tissu Iymphoïde du cavum, du côlon el de l’'appendice,
Nous voulons, dans ce chapitre, essayer de dégager cette notion qui, après Comby, nous semble légitime, à savoir qu'à la suite d’une adénoïdite, il peut y avoir d'abord infection du côlon et, succédant à cette phase colique, une phase appendiculaire qui peut être, dans certains cas, une séquelle de la localisation intestinale.
Mais avant d'exposer les différentes notions sur lesquelles nous nous appuyons pour défendre cette conception, 1l nous semble nécessaire de passer en revue tout ce que les différents auteurs qui se sont occupés de la question ont émis sur ce point.
Nous pensons grouper les différentes notions éparses dans ces communications en quatre théories
1° THÉORIE RÉFLEXE ; 2° THÉORIE NERVEUSE ; 3° THÉORIE SANGUINE ; 4° THÉORIE PYOPHAGIQUE.
1° THÉORIE RÉFLEXE. — Balme, dans sa thèse, en s'appuyant sur les expériences de cautérisation ignée de Ruault, voit dans ces troubles gastro-inteslinaux un réflexe à point de départ tonsillaire.
Ruault applique la boule du galvano-cautère chauffée au rouge vers l’extrémité inférieure de l’amygdale et obtient des réflexes dont le point de départ est, plus probablement le pneumogastrique toux, gastralgie, hypersécrétion acide de l'estomac. En s'appuyant sur ces données expérimentales et sur les faits cliniques, Ruault est amené à concluïe que l'irritation permanente des nerfs par l’hypertrophie amygdalienne était capable de produire des phénomènes semblables chez quelques malades.
Nous donnons uniquement cette théorie pour mémoire, mais nous ne nous baserons pas sur ces données par trop spéciales pour expliquer les faits qui nous intéressent.
2° THÉORIE NERVEUSE. — Groc, dans sa thèse écrit ceci
« Comme l’a fort bien dit Jaccoud, ce microbe
LC TE
n’est que la cause instrumentale de la maladie, il peut en dire le pourquoi, il n’en saurait dire le cominent.
« Pourquoi tous les individus ne sont-ils pas por-. leurs de végélations adénoïdes ?
« Pourquoi n'avons-nous pas tous des angines ou des amygdalites à répétition, de l’appendicite chronique
« Nous sommes conduits à rechercher par quel mécanisme le terrain, chez les adénoïdiens, est mis en élat d’infériorité manifeste et de moindre résistance devant l'infection ?
« L'influence héréditaire, l’intoxication transplacenlaire ont besoin, pour se manifester du côté des muqueuses rhino-pharingiennes, d’un intermédiaire spécial qui commande à la nutrition des tissus. |
« Cet intermédiaire, c'est le système nerveux. Son intervention apparaît nettement dans les expériences de Kossorokoff. Cet auteur a montré que les in: jections sous-cutanées de sérum physiologique produisaient : la dilatation des vaisseaux et l’hyperhémie, la prolifération des cellules lymphatiques et l'augmentation très marquée de la leucocylose, en excilant les extrémités périphériques des nerfs. C'est par le même mécanisme qu’agissent les pointes de feu galvaniques, l’électrolyse linéaire, les friclions méthodiques, le massage vibratoire, les touches irritantes ; tant que le traitement est appliqué, c’est-à-dire tant que l’excitation dure, l’amélioration