UT NUE
avec des cultures virulentes de streptocoques, les animaux succombent au bout de 24 heures ou 48 heures après avoir présenté des signes d'infection généralisée.
Des prises de sang de la veine de l'oreille faites d'heure en heure, après le début de l'expérience démontrent qu'au bout de trois heures le microbe était dans le sang ; à l’autopsie, on le trouve dans les viscères intestinaux.
L'examen microscopique de coupes de muqueuse pharyngienne permit de trouver la trace de son passage et de conclure que le streptocoque à utilisé cette voie pour pénétrer dans la circulation générale. Lôffler dit avoir observé des amas de staphylo-. coques pénétrant de la surface du rhino-pharynx dans l'intériéur des tissus à la manière d’un coin ou d'une languette laissant après eux de la nécrose et allant former des embolies capillaires.
Grober injecte aseptiquement dans les deux amygdales de deux chiens morphinisés 10 centimètres Cubes d’encre de Chine et sacrifie, quelques jours après, les animaux pour voir dans quel sens se produit la migration de cette substance et où elle aboutt:
Dans ces deux expériences il trouve, à l’autopsie, six jours après, des particules d’encre de Chine dans les ganglions m'assétérins, dans les vaisseaux et ganglions lymphatiques superficiels et profonds du cou, le long de la irachée et des gros vaisseaux, de même dans les ganglions sus-claviculaires. Ceux
Pa + ee
du médiastin, le tissu pleural, les deux feuillets de la plèvre, les ganglions lymphatiques diaphragmatiques et mésentériques sont injectés en noir.
Il est incontestable que ces quelques expériences militent en faveur de la théorie sanguine.
4° THÉORIE DE LA PYOPHAGIE. — D’autres auteurs admettent plutôt l’idée que le microbe véhiculé par une membrane déglutie a suivi la voie intestinale et inoculé le colon et l’appendice.
Le professeur Marfan consacre les lignes suivantes sur cette pathogénie des gastro-entérites consécutives aux infections des voies respiratoires.
. © II n’est pas douteux que, dans nombre de cas, les infections des voies respiratoires, provoquent des troubles digestifs par le mécanisme de lélimination, par les voies et glandes digestives des microbes et surtout des toxines... Mais on doit se demander si dans quelques cas il n’y a pas infection directe du tube digestif par déglutition des exsudats microbiens venus des voies respiratoires. En cas de coryza, le nourrisson qui ne sait pas se moucher déglutit en partie les sécrétions morbides du nez ; S'il y a stomatite, angine, adénoïdite, les produits septiques de la bouche, du rhino-pharynx, sont fatalement déglutis.… 11 est facile de s’en assurer par l'examen du carrefour pharyngé ; c’est là qu'on voit les masses muco-purulentes ou purulentes, les produits septiques, pénétrer dans l’œsophage. D'ailleurs, lorsqu'on lave l’estomac des nourris-
SD
sons atteints d’une infection des voies respiratoires, on ramène presque toujours de grandes quantités de mucosités ».
Puis Roux et Josserand qui ont étudié de très près la question, partagent cet avis :
Nous ne pouvons, disent-ils, que partager les idées de Nothnagel, Guinon, Hutinel, Marfan, Boos, Henach, Tiercelin, etc..., sur l’origine infectieuse de l’entéro-colite chez l'enfant. Cette origine infectieuse, pour nous, il faut la chercher dans la pyophagie de l’enfant qui ne crache pas. L’adénoïdite doit être, le plus souvent, la cause de l’entéro-colite, la cause directe, essentielle, unique peut-être. »
Enfin, Comby, dans une importante étude, soutient la même théorie.
Rhino-pharyngite et adénoïdite, antéro-colite muco-membraneuse et appendicite, m'apparaissent, dans beaucoup de cas, comme des étapes successives de la même maladie. L’infection commence par le rhino-pharynx, elle continue par le colon et finit par l’appendice.
« Les sécrétions purulentes et septiques élaborées par le tissu lymphoïde du pharynx, sont incessamment dégluties ; comment n'entraiîneraient-elles pas, à la longue, la gastro-entérite, l’entéro-colite, et enfin l’appendicite (?)
Telles sont donc les théories qui semblent résumer toutes les opinions émises sur l’étiologie pathogénique de l’adénoïdisme et de l’appendicisme.
Il nous paraît légitime que l’on puisse, à côté de
As
ces théories, émettre une théorie éclectique admettant l'association de la théorie sanguine et de la pyophagie.
Donc, nous admettons comme voie de propagation de l'infection partie du naso-pharynx dans l'intestin : la voie sanguine et la voie digestive.
Mais ce qui nous paraît nécessaire c’est d’insister sur l'identité histologique de l’amygdale pharynsienne et de « l'amygdale intestinale », comme on a encore appelé l’appendice.
Ces considérations histologiques jointes aux lésions anatomo-pathologiques sont d'une importance majeure pour expliquer les rapports de cause à effet que les auteurs précités ont voulu voir entre les affections de la gorge et celles du tractus intestinal.
C'est pourquoi nous allons en faire une étude rapide qui nous apparaît comme un complénrent indispensable pour étayer les théories’ sanguine et pyophagique.
DE