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Nous constatons une même marche aiguë dans les autres cas que nous relatons. À côté de cette évolution rapide nous sommes frappés de voir, en dehors des complications, le peu de signes physiques observés.
1e période, période de début. — Tout d’abord nous avons une période assez longue pendant laquelle le sujet est dans un état de santé assez bon, continue à vaquer à ses occupations, mais où l’on peut constater les quelques symptômes suivants : c'est une légère altération de l’état général, de l’asthénie, de l’hypotonie musculaire, une légère élévation de la température.
Le seul signe important et vraiment précoce qui mérite de retenir l’attention c'est les adénites.
Pour Proquet et Morenas, le palper de la région sus-claviculaire permet de constater, sous la corde de l’omohyoïdien, une petite nodosité roulant sous le doigt, habituellement du volume d’un pois ; ce ganglion généralement unilatéral et le plus fréquemment à droite est observé dans 70 °/, des cas. C’est aussi l'opinion de Borrel.
Pour Luquet, la constatation de ce ganglion aurait unegrosse valeur diagnostiqueet permettrait presque à coup sûr de diagnostiquer chez les noirs une tuberculose débutante.
En 1895, Arnoux, présentant quelques cas d’adénopathie trachéo-bronchique observés à Pointe-à- Pitre, recommande de rechercher avec soin tous les signes d’auscultation et d'interroger les ganglions du cou, des aisselles et des aines.
Dans l'observation ne 1, ce sont encore ces ganglions sus-claviculaires qui attirent l'attention avant même que le diagnostic soit établi, et, alors que la malade passait pour une typhique, on notait des ganglions sus-claviculaires volumineux bilatéraux roulant sous le doigt, mais n'ayant aucune tendance à se ramollir, ni à suppurer sans modifications des téguments qui la recouvrent.
% période. Période d'état. — Rien de bien caractéristique non plus dans les signes de la période d'état. |
Le malade devient de plus en plus faible, perd l'appétit, la dyspnée augmente.
Au poumon, on note quelques ronchus et râles sibilants, puis plus tard quelques râles muqueux, fins d’œdème. Enfin une submatité sous-claviculaire qui tend à se généraliser.
A cette période on peut entendre dans l’espace interscapulo-vertébral, un souffle pseudo-tubaire analogue au souffle décrit par d’Espine dans l’adénopathie trachéo-bronchique des enfants et une diminution du murmure vésiculaire du côté correspondant.
Ce sont les rares signes de compression des organes du médiastin. Bien qu'Arnoux ait noté dans les différents cas observés dans sa thèse, soit des compressions des veines, des bronches, du pneumogastrique et que Monsieur Dumas ait vu dans un cas la mort survenir rapidement, probablement à la suite de compressions nerveuses.
En résumé, à part quelques rares cas où l’on a
des signes de compression, rien dans l’auscultation ne permet d'expliquer la température et la cachexie progressive.
Nous n’aurons de même rien à noter dans l’expectoration, Monsieur Roubier déclare avoir été frappé dans son centre de triage de la rareté de l'expectoration des nègres dont l’examen clinique basé surtout sur les signes généraux faisaient soupconner la tuberculose. L’expectoration est muqueuse ou séreuse, presque jamais purulente, quelquefois teintée de sang, mais jamais de sang pur comme dans les hémoptysies. Même observation faite par Messieurs Broquet et Morenas.
Deux cas seulement où l'examen a été positif furent rapportés par MM. Dumas et Borrel. Chez les malades de nos observations l'examen des crachats fut négatif.
Pas de signes ni du côté du cœur, ni du côté de l’'encéphale.
L'examen du sang, pratiqué dans l'observation n° 1 après coloration au Leischman, permit de noter un pourcentage de globules blancs par rapport aux globules rouges sensiblement voisin de la normale et une formule lencocytaire sans modification qui mérite d’être retenue.
A cette période le signe constant, et le plus important, est la température. La fièvre est continue, donnant parfois une courbe en plateau, au point de simuler une typhoïde, fièvre tout à fait semblable à celle que décrit Nutinel dans l’adénopathie trachéobronchique de l'enfant.
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« La fièvre persistante, sans autre signe, doit conduire à l'exploration du médiastin. Cette fièvre peut être continue, ondulante, avec de faibles écarts journaliers, parfois à 39° réalisant un plateau d’aspect typhique. »
Ou bien la température procède par poussées successives prenant le caractère hectique décrivant ainsi des oscillations de 1 ou 2 degrés entre la température du matin et du soir, tombant parfois le matin à 37°.
Dans bien des cas on a pu noter une augmentation de Ia rate et du foie.
Après un temps variable de 3 ou 4 mois, l’amaigrissement devient plus rapide, on constate parfois de légers œdèmes, la perte de l'appétit, l’albuminurie, l’irrégularité plus grande dans la courbe thermique. Tous ces symptômes surviennent les quelques semaines ou même les quelques jours qui précèdent la mort.