COMPLICATIONS
L’affection n’a pas toujours la marche que nous avons décrite dans les pages ci-dessus. Bien souvent la terminaison en est avancée par une complication.
Les ganglions trachéo bronchiques forment le centre d’un réseau lymphatique important, ils reçoivent tous les lymphatiques du poumon, les lymphatiques superficiels ou sous-pleuraux, ceux de la plèvre, de la trachée, des bronches, du péricarde et du cœur, ceux des organes du médiastin.
En haut ils commuuiquent avec les ganglions du cou, de la chaîne carotidienne et ceux du creux sus-claviculaire.
En bas, avec les ganglions désignés par Testut ct Jacob sous le nom Aortico-ŒEsophagiens. Ces derniers, situés autour de l’œsophage. l'accompagnent dans la cavité abdominale reliant celle-ci à la cavité thoracique.
Les relations nombreuses permettent de comprendre la facilité avec laquelle le processus tuberculeux se propagera. Il semble alors que les
ganglions cessent d'être le principal défenseur mais c'est toujours le système lymphatique qui réagit au niveau des séreuses donnant des péricardites, des pleurésies, des péritonites.
Les pleurésies quelques fois séro-fibrineuses ne présentent rien d'anormal daus leur évolution. Mais fréquemment elles deviennent par la suite hémorragiques. L'épanchement est caractérisé par son extrême abondance repoussant le médiastin, le diaphragme. Le liquide d'abord rosé devient franchement hémorragique avec à côté de nombreuses hématies, une formule presque exclusivement lymphocytaire. Cependant malgré l’épanchement considérable le malade n’a pas de signes de compression pas d'asphyxie pas de troubles cardiaques. L'évolution semble seulement être plus rapide : Broquet et Morénas, « 1 mois 1/2 dans 5 cas, 1 fois 2 mois, 1 fois 3 mois 1/2. »
Notons encore que jamais ces mêmes auteurs n'ont signalé Ia transformation purulente de l’'épanchement.
Les péricardites sont tout aussi fréquentes. Sur les 5 cas, chez les Sénégalais, rapportés par M. Dumas, 3 sont avec épanchement. De même dans plusieurs de nos observations.
Cetépanchement est tantôt séro-fibrineux, hémorragique, louche ; il peut exister isolément maïs le plus souvent il coexiste avec une pleurésie et même une péritonite, réalisant la forme pleuropéritonéale de Fernet et Bouland.
Malgré cette généralisation à toutes les séreuses,
pe
puisque quelques malades ont eu des douleurs très vives articulaires, on n’a pas constaté de généralisation des méninges.
Les signes de compressions furent surtout observés dans les cas rapportés par Arnoux ; syndromes de compression du pneumogastrique quelques fois même précoce servant au diagnostic, compression veineuse comme dans le cas que nous rapportons, compression des bronches.