CHAPITRE IV
ANATOMIE PATHALOGIQUE
« À petite lésion initiale de la tuberculose pulmonaire infantile correspondent de grosses lésions ganglionnaires. Aux grosses lésions de l'adulte correspondent souvent de minimes lésions ganglionnaires. »
Ici rien de semblable et M. A. Dumas dit, à propos des Sénégalais : « Jamais en France nous n'avions rencontré dans les autopsies de tuberculeux une telle proportion d’adénite médiastinale et les rencontrant, nous étions habitués à trouver une
‘parallélisme d'intensité entre l'adénite et la lésion
pulmonaire, là au contraire c'est une discordance complète. »
La même constatation peut être étendue aux cas que nous avons envisagés. Les ganglions du cou, des aisselles, des aines sont augmentés de volume, mais surtout les ganglions du médiastin.
Si nous considérons leur disposition, nous les voyons formant autour des bronches et au niveau du hile différents groupes que Barety a décrit dans sa thèse. Un groupe surtout nous paraît intéressant
HHOteTr.
Il est constitué par de nombreux ganglions qui pénètrent bien profondément dans l'intérieur des poumons en suivant les divisions bronchiques dont ils occupent les angles de bifurcation et, suivant Cruveilher (traité d'anatomie descriptive 1877. t. [IT), on peut retrouver ces ganglions jusqu'aux divisions de 4° ordre.
Ces ganglions, complètement enfouis dans l’intérieur du poumon et en contact avec les bronches et les vaisseaux, sont à l'état normal d’un très petit volume, celui d’un pois au maximum ; ils s’enfoncent, d'après Testut, de 3 ou 4 centimètres en dedans du hile, en plein poumon par conséquent. Aussi nous verrons ces ganglions hypertrophiés envahir le poumon en suivant les divisions bronchiques, en restant indépendants du parenchyme qui reste saisi autour d’eux et qu’ils compriment.
Ces ganglions se présentent à tous les stades de l'infection bacillaire, tantôt simplement hypertrophiés infiltrés de granulations tuberculeuses, tantôt ayant subi la dégénérescence caséeuse, presque Jamais la fonte purulente.
A côté de ces lésions i nportantes du hile, nous trouvons au niveau du poumon, ou un parenchyme sain, ou infiltré de granulations tuberculeuses. Mais presque jamais ces lésions n'arrivent à la caséification et l’on ne rencontre que rarement des cavernes.
Rien d'extraordinaire dans ces conditions que la recherche du bacille de Koch dans les crachats soit négative dans tous les cas observés. Dans
not
l'observation N° IT. La recherche positive du bacille de Koch correspondait, à l’autopsie, à une petite caverne de la grosseur d’une petite noix.
Au niveau de la plèvre nous aurons des adhérences avec de nombreuses granulations miliaires et un épanchement hémorragique le plus souvent.
On retrouve souvent ces mêmes lésions au niveau du péricarde et du péritoine.
Au niveau du péricarde un liquide séreux, ou louche, ou hémorragique le distend lui donnant une forme de sablier à gros renflement inférieur. Les feuillets sont épaissis, lardacés, tapissés de nombreuses membranes fibrineuses avec de nombreux tubercules.
Au niveau de la rate, ces lésions sont assez importantes à signaler. M. A. Dumas a constaté que chaque fois que le parenchyme pulmonaire était sain, la rate était indemme. Au contraire, quand celle-ci était hypertrophiée ou farcie de tubercules on retrouvait des lésions au niveau du poumon. Il pense que la rate serait le point de passage entre les territoires lymphatiques et sanguins, faits qui confirmeraient l'opinion de Calmette, à savoir que l'infection du poumon se fait par la voie sanguine.
Que donneraient ces lésions à l'écran ?
L'examen radioscopique sera d’une grande importance, permettant un diagnostic précoce.
Alors que le malade ne présente que de l’adénopathie, les signes fournis par l'examen clinique sont nuls ; à l'écran, les ganglions se présenteront comme
op
une masse grisâtre, à bords nets, occupant Île hile, à côté de cela le champ pulmonaire est à peu près normal.
Pour Moreau : chez un grand nombre de sujets il existe d'énormes h;ypertrophies des ganglions du hile, en particulier du hile droit. Ces adénopathies forment des opacités à contour net et semblables à celles des kystes dermoïdes.
Au sommet : il n'existe que de l'obscurité avec 1bsence totale d’illumination à la toux (infiltration parenchymateuse) ou bien, quand l’opacité n'est pas complète, la toux fait apparaître l’aspect granité dû à des caséifications discrètes. Tantôt le sommet reste normal, tantôt l'obscurité s'étend à un champ pulmonaire qui est entièrement voilé.
En cffet, si on suit par l'examen radioscopique l'évolution des lésions, on constate que cette ombre centrale augmente dans tous les sens à la fois, surtout dans 'e sens horizontal], donnant un aspect triangulaire orienté dans la direction des scissures; bientôt une masse noire occupe une grande partie du champ pulmonaire, laissant libre le plus souvent la région apicale et la région du diaphragme.