‹ Adénopathies tuberculeusesChapitre 10 sur 86 · PizziNi, Zeit. fur klin. Med,, XXI, p · texte numérisé non relu

PizziNi, Zeit. fur klin. Med,, XXI, p

IC ADÉNOPATHIES TUBERCULEUSES.

lymphatiques des sujets non tuberculeux ayant succombé aune affection tout autre que la tuberculose ne pouvaient pas contenir des bacilles de la tuberculose.

Trente sujets ont fait l’objet de ces études.

La proportion des recherches positives a été de 42 p. 100. G’est-à-dire que douze fois sur trente inoculations, les résultats furent très affirmatifs et les cobayes succombèrent à la tuberculose.

Or, les ganglions qui paraissaient absolument sains en apparence provenaient de sujets ayantpourlaplupart l’apparence d’une très belle santé et morts soit d’accidents traumatiques, soit de maladies aiguës.

Les ganglions mésentériques n’ont jamais paru tuberculeux; les ganglions péribronchiques au contraire ont donné le plus de résultats affirmatifs.

Ces expériences ont le plus grand intérêt et méritent d’être renouvelées ; elles prouveraient l’ubiquité des bacilles tuberculeux, la possibilité de leur existence dans les ganglions lymphatiques sans qu’ils se manifestent par les lésions ordinaires de la tubercu- i lose. Ces bacilles resteraient ainsi, conservant toute j leur virulence, inoffensifs jusqu’au jour où, sous l’influence d’une association bactéridienne ou d’une moindre résistance de l’organisme, ils deviendraient actifs, se multiplieraient et seraient le point de départ des lésions tuberculeuses que nous connaissons.

Les conditions de résistance organique seraient donc prépondérantes et auraient bien plus d’importance prophylactique que les mesures prises pour éviter l’infection, et les causes secondaires qui permettent aux bacilles d’entrer enjeu auraient une influence plus considérable que la contagion elle-même.

ÉTIOLOGIE.

La contagion, il ne faut pas se le dissimuler, doU être de tous les instants ; chez les enfants, elle se fait par l’alimentation lactée (Legroux), sans parler de toutes les autres occasions de contage ; chez l’enfant du second âge et chez l’adulte, les causes d’infection se multiplient encore par le contact, les poussières, les viandes tuberculeuses, etc. Il semble impossible qu’arrivés à un certain âge nous n’ayons pas tous été contagionnés. 11 est probable que nous l’avons presque tous été': les uns luttent si énergiquement que le bacille à peine introduit est détruit sur place ou dans les ganglions ; les autres laissent le bacille envahir leurs ganglions : il s’y cantonne inactif et ne peut aller plus loin, comme dans les observations de Panizzi ; les autres enfin, après une lutte plus ou moins prolongée, se laissent envahir et n’ont point la résistance organique suffisante pour tenir l’ennemi en respect.

L’infection cependant peut ne pas dépasser les ganglions ; les adénopathies se caséifient et suppurent. Tout n’est pas encore perdu et l’organisme peut être vainqueur sur ce terrain, témoin ces nombreux écrouelleux ou tuberculeux locaux qui guérissent pour toujours. Enfin dans beaucoup: de cas cette première étape ganglionnaire est franchie sans coup férir, et le bacille, cantonné pendant un temps variable dans le système lymphatique, se fixe dans un viscère important, s’y multiplie, y évolue et donne lieu soit à une tuberculisation pulmonaire, soit à une méningite. . . V,.

Sont-ce là de simples vues théoriques? Il èstbien possible que les choses soient plus complexes que nous le pensons; mais une pareille conception répond

bien, à tous les besoins de la clinique et satisfait l’esprit.

La contagion ne serait plus l’exception mais la règle; l’hérédité ne serait plus qu’un défaut de résistance transmissible des parents aux enfants.

, Quant à la scrofule, elle ne serait plus qu’une disposition du système lymphatique se laissant facilement envahir, mais opposant d’autre part une résistance assez vive à laisser le bacille dépasser ses limites, l’emprisonnant dans ses ganglions et y localisant la lutte.

La question de résistance variable suivant les espèces animales ne fait de doute pour personne.

La question de résistance dans l’espèce humaine est plus complexe, parce qu’elle dépend d’une foule de tares ou de conditions'vitales individuelles.

Beaucoup de chirurgiens qui opèrent des tuberculoses locales ont contracté des tubercules dits anatomiques, mais qui ne sont en somme qu’une lésion d’inoculations tuberculeuses (Verneuil, Maisonneuve, etc.). J’en ai porté moi-même pendant trois mois un très manifeste à la partie interne de la main droite. Mauvais terrain de culture, paraît-il : mon organisme a détruit sur place le tubercule. Supposez d’autres conditions vitales et voilà la tuberculose installée dans les ganglions et de là envahissant toute l’économie, renouvelant la triste histoire dont M. Verneuil entretenait l’Académie en 1884.

Ces contagions frustes doivent être très fréquentes par les voies respiratoires ou digestives.

Nous ne rappelons ces faits que pour expliquer la fréquence des adénopathies tuberculeuses. Elles exis-

ÉTIOLOGIE. 19

lent là où ne soupçonnait pas leur existence ; elles sont compatibles avec la meilleure santé apparente, mais n’en constituent pas moins un danger permanent de généralisationlejour où,*sous des causes diverses, il y a déchéance de l’organisme ou introduction dans les ganglions de bactéries nouvelles.

On peut donc poser ces conclusions :

r L’adénopathie tuberculeuse extrêmement fréquente atteste la très grande fréquence de la tuberculose chez l’homme, fréquence dont les tuberculoses constatées ne nous donnent pas une idée exacte ;

2“ La question de résistance individuelle et, chez le même individu, de résistance momentanée domine toute l’étiologie, la marche, la gravité, les localisations de la tuberculose.

C’est la même pensée qu’exprime le professeur Bouchard * en parlant de la phtisie :

« En résumé, il y a deux parts à faire dans les causes de la phtisie :

« 1“ La cause prochaine immédiate réside dans l’agent infectieux ;

« 2° La cause occasionnelle et déterminante réside dans l’aptitude morbide. »

« On conçoit, sans qu’il soit besoin d’insister, toute l’importance de la seconde cause, puisque c’est à son défaut que les quatre cinquièmes de notre race doivent d’échapper à une maladie qui, si elle n’eût eu à mettre en œuvre que la première cause, en aurait depuis longtemps déjà fini avec l’espèce humaine. »

Age. — Les auteurs qui ont écrit sur les maladies

Page 1