Legroux, Congrès de la tuberculose, p
micro-polyadénopathie qui, le plus souvent, il faut le proclamer, disparaît avec l’âge, à ce point que beaucoup de ceux qui l’ont présentée jouissent ultérieurement d’une santé parfaite. On dit alors qu’ils ont changé leur tempérament lymphatique contre un tempérament sanguin ou nerveux.
Mais combien de fois observe-t-on que quelques-uns de Ces ganglions indurés s’enflamment un beau jour, se gonflent et suppurent! Et dès lors on ne dit plus lymphatisme, on prononce le mot de scrofule.
Si, par suite d’une suppuration intarissable, des fistules s’établissent, s’il reste des écrouelles, des cicatrices indélébiles, on n’hésite plus à affirmer la scrofulo-tuberculose ; et, de fait, beaucoup de ces écrouelleux présentent tôt ou tard une tuberculose osseuse, articulaire, cérébro-méningée, intestinale ou péritonéale, ou enfin pulmonaire.
Eh bien! je suis convaincu pour ma part, depuis que j’étudie la pathologie sur le terrain de l’enfance, que nous avons affaire là et dans tous ses degrés à l’adéno-tuberculeuse.
Le fait est accepté, démontré pour les ganglions autrefois dits scrofuleux, ceux qui suppurent ou se caséifient. Nous devons l’accepter aussi pour ces petits engorgements ganglionnaires multiples et disséminés dans les régions cervicales, axillaires et inguinales, sans oublier les régions sus-épitrochléennes et poplitées.
Si la preuve bactériologique n’est pas encore faite, ellele serait déjà s’il ne me répugnait dans un but expérimental de risquer de petites opérations pouvant devenir funestes à mes jeunes malades, d’ouvrir la porte plus béante à une infection tuberculeuse alors que la nature semble faire elle-même une thérapeutique si sûre dans beaucoup de cas; si, dis-je, la preuve expérimentale n’est pas encore faite, les preuves classiques et les constatations anatomo-pathologiques abondent dans le sens que je viens d’indiquer.
Cliniquement en effet ces hypertrophies ganglion-
ÉTIOLOGIE.
naires peuvent suppurer au lieu de disparaître; elles vont savent concomitant avec d’autres tuberculoses locales; on les retrouve chez les enfants qui meurent de méningite tuberculeuse, etc. ’
Anatomiquement, quand les enfants succombent a une maladie intercurrente, on trouve chez ces porteurs de micro-polyadénopathies d’autres ganglions viscéraux qui montrent bien la nature tuberculeuse de ces adénites bénignes en apparence.
Cette preuve bactériologique que Legroux regrettait de ne pas avoir a été faite depuis par Mirinescu ‘.
Les expériences portent sur cinq cas, et les inoculations ont été faites sur le cobaye. Les deux premiers cobayes sont morts onze jours après l’inoculation, c’est-à-dire à une époque à laquelle l’animal ne succombe que lorsqu’on lui injecte une forte dose de culture virulente de bacilles. Les -trois autres sont morts également de tuberculose, mais plus tardive-
Les recherches histologiques ne laissent non plus aucun doute. Les bacilles, d’après Mirinescu, se rencontrent toujours très difficilement dans les ganglions caséo-scléreux ou scléreux où même ils peuvent marquer, plus facilement et plus nombreux dans les ganglions qui, à côté de tubercules crus, présentent des foyers caséeux plus ou moins grands, rarement dans les gros ganglions franchement caséeux, mais toujours dans les ganglions qui paraissent sains à l’œil nu. Ils sont peu nombreux et limités au loyer tuberculeux.
Pizzini 2 a voulu également savoir si les ganglions
1. Mirinescu, thèse de Paris 1890, Lapolyadénüe périphérique.