Brissaud. Dict. encylopédique, art. Scrofule
ÉTIOLOGIE.
effet, marquent dans l’histoire pathologique de notre pays l’époque néfaste des lépreux, des pestiférés, des syphilitiques, impitoyablement chassés de tout lieu, comme les cagots du midi de la France, et il est vraisemblable que des surprises de diagnostic firent attribuer à la scrofule les caractères d’une maladie honteuse. En rendant ces erreurs moins dangereuses, le décret du Parlement ne fut peut-être pas trop rigoureux.
C’est probablement sous l’impression de ce préjugé ancien que les concurrents de 1749 admirent généralement la contagiosité des écrouelles : r à une certaine distance, 2“ par une fréquentation plus ou moins intime, 3» par un contact plus ou moins immédiat (Chahmetton).
Cette doctrine de la contagiosité ne survécut pas aux expériences d’Hébréard, médecin à Bicêtre, qui avait été précédé dans cette voie par Kortum.
Pelletier essaya d’inoculer la scrofule à des cochons d’Inde et n’y réussit pas ; à lui-même il inocula avec la lancette le pus de plusieurs enfants scrofuleux sans aucun résultat.
Cette non-contagiosité est donc acceptée par Guersant dans le Dictionnaire en 60 volumes.
Nous savons aujourd’hui de quelles précautions il faut s’entourer pour obtenir des résultats positifs dans l’inoculation, et nous ne comprenons plus la contagion comme les anciens.
Il est évident qu^ la contagion d’enfant à enfant est un fait possible; mais il doit être extrêmement rare, car nous n’en trouvons pas d’exemple. Nous trouvons au contraire des faits d’auto-inoculation à distance sur le même enfant : c’est ainsi que Sevestre a soigné
un enfant atteint de tuberculoses cutanées papillocrustacées. Ces tubercules, qui existaient à la face dorsale des deux mains, avaient suivi des gommes tuberculeuses ramollies et suppurées du cou. Il est probable, d’après lui, que ces lésions cutanées ont été le résultat d’inoculations directes, l’enfant ayant à maintes reprises frotté ses mains contre les ulcérations du cou. On a vu de même aux environs d’une adénopathie suppurée la peau présenter des points tuberculeux.
Milieux. — L’babitation a sur la production de l’adénopathie tuberculeuse une très grande influence. La plupart des enfants que nous avons interrogés habitaient des rez-de-chaussée humides et sans soleil. Nous avons vu des enfants jusqu’alors bien portants ne devenir écrouelleux qu’après un ou deux ans de séjour dans un logement malsain. Beaucoup de prisonniers deviennent écrouelleux par les mêmes raisons (Delignt*, Broussais nE Beauvais®, Bancel*). Certaines casernes ont été signalées parla fréquence des adénopathies qui s’y produisent.
L’alimentation défectueuse, le surm'enage, les maladies débilitantes sont autant de causes indirectes : comme l’habitation malsaine, elles enlèvent à l’enfant ou à l’homme la résistance vitale qui lui est nécessaire pour lutter contre la bacillose. A défaut d'autres, nous aurions là encore une preuve de l’existence du bacille tuberculeux à l’état latent, compa-
1. Dei.igny, Adénopathie cervicale des scrofuleux. Paris, 1876,