‹ Adénopathies tuberculeusesChapitre 43 sur 86 · Nélaton · texte numérisé non relu

Nélaton

pies à foyers purulents intraganglionnaires. Cette forme subaiguë torpide avait été déjà signalée par Velpeau et Chassaignac sous le nom d’adénite intraganglionnaire.

D’après Nélaton ce ne sont pas des adénites tuberculeuses, quoiqu’elles s’en rapprochent beaucoup par leurs symptômes ; elles sont inflammatoires et succèdent à des lésions superficielles (herpès du prépuce écorchures insignifiantes depuis longtemps cicatrisées). Il semble qu’elles puissent être rapprochées des lymphangites tardives de G. Marchand et Jouet; comme ces dernières, elles se développent lentement après que la porte d’entrée des principes infectieux est close ; comme elles encore, ces adénites restent très circonscrites, très lentes dans leur évolution; peut-être, ajoute Nélaton, parce que la porte d’entrée ayant été très petite et s’étant vite cicatrisée, l’absorption de l’agent infectieux a été minime et n’a produit des effets qu’après culture en quelque sorte au milieu du ganglion. En somme, ces adénites subaiguës, de diagnostic très difficile, ne seraient pas tuberculeuses, mais nous ne voyons pas que des inoculations aient été faites. Ch. Nélaton parle d’examen histologique, nous en connaissons l’insuffisance.

2“ ADÉNITES STRUMEUSES

Jusqu’à la découverte de Koch et aux moyens bactériologiques de contrôle que nous possédons, toutes les adénites passaient à l’origine pour des adénites strumeuses, la scrofule et les écrouelles se confondaient inévitablement ; puis à une période plus avancée

NATURE ET DIAGNOSTIC

on est arrivé à décrire à part des adénites strumeuses et des adénites tuberculeuses ayant leurs caractères spéciaux et leur diagnostic propre. Par une réaction inévitable, nous avons une tendance que justifient les faits à rejeter complètement les premières du cadre nosologique.

Sans entrer dans la discussion traditionnelle des différences qui existent entre la scrofule et la tuberculose, il importe d’établir, s’il existe des adénites scrofuleuses.

La question a été soulevée plusieurs fois au dernier Congrès de la tuberculose et nous résumons fidèlement les opinions émises par les hommes compétents qui ont fait des communications à ce sujet.

Au point de vue clinique, la distinction ne tient pas debout.

Les signes de l’adénite scrofuleuse sont identiques à ceux qui caractérisent l’adénite tuberculeuse de régions sous-cutanées, écrivait Le Dentu*. Voici cependant quelques petites différences : réunion en masses des ganglions d’une même région, volume parfois très considérable de la tuméfaction, lobulisation de la tumeur offrant des points durs et d’autres plus ramollis, tendance à l’ulcération de la peau et à une suppuration profonde et intarissable, cicatrisation laissant des traces profondes, indélébiles, fort disgracieuses.

Mais si l’on se reporte à la description des ganglions tuberculeux, on retrouve les mêmes symptômes. On sent que tous les auteurs se sont battu les flancs pour enfanter deux descriptions difl'érentes qui n’ont pas leur raison d’être.

Dictionnaire de médecine et chirurgie pratique, t. XXI p. 81.

düO ADÉNOPATHIES TUBERCULEUSES.

Les nuances d’évolution, la marche, les symptômes ne permettent pas d’établir un diagnostic différentiel clinique qui n’a pas sa raison d’être.

La clinique est donc d’accord avec l’examen microscopique et l’inoculation, qui vont nous permettre d’établir l’identité pathologique des adénites strumeuses et tuberculeuses.

h'sxamen microscopique n’est pas très satisfaisant au premier abord pour établir cette identité ; dans beaucoup d’adénofiathies tuberculeuses on a beau multiplier les coupes, on n’arrive pas toujours à y trouver des bacilles ; mais, comme le fait très bien remarquer le professeur Cornil, ce résultat négatif n’a pas l’importance qu’on pourrait lui attribuer. De ce qu’on n’a pas trouvé de bacilles dans un ganglion, on n’est pas en droit d’affirmer qu’il n’y en avait pas ; leur nombre est parfois très limité et ils ont pu passer inaperçus là où ils existaient, et en fait l’inoculation positive vient démontrer, en même temps que la nature tuberculeuse de ces adénites, l’insuffisance delà recherche histologique qui avait été faite. Ajoutons que ce moyen de contrôle n’est pas à la portée de tous; il exige une instrumentation et une technique que tous les médecins ne peuvent avoir, et même après un examen soigneux fait par un histologiste expérimenté, il laisse toujours. une porte au doute.

Vinoculation beaucoup plus accessible au plus grand nombre et beaucoup plus exacte a donné des résultats très intéressants.

Villemin avait déjà recherché si les inoculations donnaient des résultats différents dans la tuberculose

NATÜRE ET DIAGNOSTIC. 101

plutôt à l’ancienne forme dite strumeuse. Ses inoculations ne donnèrent pas de résultats décisifs à cause des fautes de technique.

Mais depuis cette époque les inoculations péritonéales ou sous-cutanées ont donné entre les mains de Gohnheim, Schuller, Lannelongue, Kiener, Grancher, H. Martin des résultats si affirmatifs qu’il ne saurait y avoir le moindre doute. L’adénite strumeuse, le scrofulome de Grancher, les îlots strumeux de Cornil, les tubercules primitifs de Kôster donnent lieu, alors même que les bacilles n’ont pu y être constatés histologiquement, à des résultats positifs et se révèlent tuberculeuses de par la lésion initiale, de par les tuberculoses ganglionnaires consécutives, de par la généralisation tuberculeuse mortelle à laquelle succombe l’animal inoculé.

Non seulement les ganglions les plus typiques qu’on puisse trouver de l’ancienne scrofule donnent ainsi la preuve de leur nature, mais des adénites purement hypertrophiques sans aucune lésion apparente se révèlent tuberculeuses. Bien plus, comme nous l’avons vu (Panizzi), les ganglions normaux chez des sujets sains peuvent contenir des bacilles et reproduire la tuberculose par inoculation.

Cependant le professeur Arloing* (de Lyon), tout en se défendant de vouloir'faire revivre la scrofule comme maladie spécifique, établit une distinction dans les résultats qu’on obtient suivant qu’on inocule un produit franchement tuberculeux ou certaines adénites strumeuses.

Page 1