‹ Adénopathies tuberculeusesChapitre 44 sur 86 · Congres de la tuberculose, 1889, p · texte numérisé non relu

Congres de la tuberculose, 1889, p

Ces expériences se bornent à démontrer « que parmi les différents aspects sous lesquels s’offre la tuberculose ou la tuberculo-scrofulose, il existe des degrés variables de virulence dont la connaissance est intéressante au point de vue du pronostic ».

La tuberculose type empruntée aux poumons, au péritoine, aux méninges, a constamment déterminé chez le lapin et chez le cobaye la tuberculisation pulmonaire en deux mois.

L’adénopathie de type strumeux, choisie autant que possible chez de jeunes sujets paraissant exempts de lésions viscérales et, dans une certaine mesure, de suspicion ancestrale, a été inoculée concomitamment à des lapins et à des cobayes.

Or, en deux mois l’infection des cobayes était produite, tandis que les lapins persistaient à donner physiologiquement et anatomiquement les signes d’une bonne santé, et les enfants sur lesquels avalent été enlevés les ganglions sont restés des scrofuleux et rien que des scrofuleux.

Dans d’autres cas, avec des adénopathies enlevées à des malades qui paraissaient cliniquement de simples scrofuleux, M. Arloing a eu, même chez le lapin, des infections après inoculations; mais il s’est trouvé que dans ces cas les malades, contrairement à toute attente, étaient victimes de généralisations :

Faut-il donc^ conclure à l’existericé d’adénites scrofutinctes?^*^ tuberculeuses spécifiquement dis-

J ai cherché dans le but de trouver les éléments de cette distinction, mais je n’ai pas obtenu de résultats convaincants. De sorte que je ne puis rien objecter de décisif à

nature ét diagnostic.

ceux qui prétendraient que les adénites non infectantes pour le lapin sont dues à une tuberculose atténuée.

Toujours d’après M. Arloing, l’atténuation du virus peut aller jusqu’à l’impuissance vis-à-vis du cobaye.

Il a essayé, suivant la méthode de Pasteur, de restituer à ces bacilloses atténuées leur virulence, en les confiant pendant une ou deux générations à un organisme jouissant d’une grande réceptivité : il n’y est pas . parvenu ; il est vrai que l’expérience n’a porté que sur deux générations, et peut-être en continuant la série y serait-on arrivé.

M. Nocard aurait été plus heureux et aurait réussi à rendre virulentes pour le lapin des tuberculoses ganglionnaires qui ne l’étaient pas tout d abord, il croit également que l’on doit tenir longtemps, plus longtemps que ne l’a fait M. Arloing (deux mois), le lapin en observation avant de le déclarer indemne.

Les mêmes expériences ont été faites pour les tuberculoses cutanées; elles ont donné des résultats négatifs sur le lapin quand il n’y avait pas de lésions pulmonaires.

Dans les tuberculoses de l’appareil locomoteur le résultat opératoire a été plus satisfaisant chez les malades dont les lésions s’étaient montrées peu infectantes pour le lapin.

M. Nocard fait à ce propos remarquer qu’il ne saurait y avoir de doutes surl’identité des lésions, puisque les adénopathies les plus franchement strumeuses contiennent des bacilles, mais elles les contiennent souvent en très petit nombre.

Or, dit-il, la question de quantité a une très grande im-

iOi adénopathies tuberculeuses.

portance, surtout pour la tuberculose. Si eu prenant une culture de tuberculose ordinaire on l’amenait au même degre de dilution que les produits tuberculeux, on obtien drait, je crois, les mêmes résultats. 11 n’y a pas pour moi une atténuation reelle portant sur la qualité des bacilles Il ne s agit que d’une rareté plus grande de ceux-ci La preuve que leurs propriétés ne sont pas affaiblies, c’est que les scrofuleux meurent souvent de granulie. Comment expliquer cela? Est-ce que les bacilles e'taient atténués ou quils se sont réveillés, ou bien les tissus du malade ont-ils sous une influence quelconque, perdu leur résistance? La dernière interprétation est, je crois, la meilleure.

La scrofule du porc donne des lésions si pauvres en bacilles qu’on a beaucoup de peine aies y rencontrer même sur un grand nombre de coupes. L’inoculation de ces produits tue les cobayes en trois, quatre ou cinq mois, mais ne tue pas le lapin. Mais inoculez les cobayes en série, au fur et à mesure les bacilles se multiplient, et dès le quatrième passage par le cobaye les produits sont assez actifs pour que l’inoculation intraveineuse au lapin le tue en vingt-cinq jours par une véritable septicémie tuberculeuse M. Daremberg a eu occasion d’observer une tubercu ose locale du lapin qui se généralise sur le cobaye et les lapins de un à trois mois, mais qui ne donne que des tuberculoses locales chez le lapin adulte, alors meme que l’animal a été inoculé par trépanation.

Pour M. Leloir, il n’y a pas qu’une question d’espèce animale, il y a aussi la question du lieu inoculé. Meme avec le lupus qui paraît une tuberculose plus atténuée encore que les adénopathies strumeuses, on

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