Autres causes accidentelles (variole, scarlatine
rougeole, croup, broncho-pneumonie).24 —
Total.68
Voici notre statistique de Pen-Bron.
Sur 292 adénopathies tuberculeuses, nous avons eu : 120 guérisons ;
1S9 améliorations ;
8 états stationnaires ;
8 morts.
Les causes de morts ont été :
1 mort par phtisie aiguë.
2 morts par méningite tuberculeuse.
1 mort par pleurésie et tuberculose pulmonaire.
1 mort par péricardite rhumatismale.
Quelques-uns des enfants que nous signalons amé-
hurés seulement sont encore à Pen-Bron et pourront plus tard être comptés parmi les guéris.
Mais, en revanche, beaucoup de ceux que nous comptons parmi les guéris ne le sont qu’en apparence ou momentenément, ils quittent l’hôpital guéris de leur suppuration et avec des ganglions très diminués, mais au bout de quelques mois ou de quelques années nous les retrouvons avec des récidives plus ou moins complètes.
Il n y a pas à mettre en doute la guérison complète absolue pour toujours, de certaines écrouelles même suppurées : nous connaissons des personnes âgées qui en portent des cicatrices indiscutables, mais il ne faut pas non plus prononcer trop vite le mot de guérison.
La rechute est extrêmement commune : au bout de huit, dix, vingt ans quelquefois, onia voit revenir.
Il n’est même pas rare de voir des enfants guéris vers 1 âge de la puberté et ne conservant que quelques glandes un peu hypertrophiées à peine visibles, être repris vers quarante, cinquante, soixante ans même, d écrouelles tuberculeuses, après avoir traversé l’âge adulte et la maturité sans accidents.
Il existe une très grande différence de pronostic entre les écrouelleux enfants et les écrouelleux adultes.
L’enfant bien soigné a beaucoup de chances de se guérir d’une façon durable et définitive.
L’adulte atteint après seize ou vingt ans d’adénopathie tuberculeuse aura beaucoup de peine à se guérir et sera beaucoup plus exposé aux complications de tuberculoses locales ou viscérales.
Il faut également faire cette remarque paradoxale
PRONOSTIC. 123
que les adultes ont des écrouelles d’autant plus graves au’ils n’en ont pas eu étant enfants.
^L’adulte pris en bonne santé apparente, n’ayant ' pas eu de tare scrofuleuse pondant son enfance, n’ayant pas d’adénopathie tuberculeuse, n’a pas cette forme indolente, relativement bénigne et facilement curable de la strume ganglionnaire. Chez lui l’adénopathie deviendra vite volumineuse; la tuberculose ga-nera promptemeut les ganglions voisins ; on verra bien plus souvent dans ces cas la masse ganglionnaire que l’adénopathie isolée ou en chaîne. Rapidement l’adénopathie sera douloureuse et soumise à des poussées inflammatoires. La guérison sera très difficilement obtenue et dans la majorité des cas cette manifestation tuberculeuse ne sera que le premier terme d’autres accidents ostéo-articulaires ou viscéraux graves.
J’ignore si cette constatation a été faite par d autres et signalée avant moi, mais je pourrais produire, si ce travail comportait des observations, un certain nombre de faits qui sont absolument à l’appui de cette assertion.
Chez le vieillard, c’est-à-dire après soixante ans, l’adénopathie neuve, rare du reste, retrouve les allures indolentes, strumeuses de l’enfance, mais elle indique toujours une détérioration profonde de l’économie et elle coïncide avec une autre cachexie.
Je n’ai jamais vu chez lui l’adénopathie à marche subaiguë, envahissante, douloureuse, fébrile, que nous signalons chez l’adulte.
L’adénopathie tuberculeuse survenant chez un enfant riche et entouré de soins, bien nourri et bien
124 ADÉNOPATHIES TUBERCULEUSl
log’é, est plus grave que celle qui atteint l’enfant misérable; elle indique en effet un état général profondément atteint. L’enfant pauvre scrofuleux mis dans de bonnes conditions se guérira, quand au contraire la scrofule de l’enfant riche résistera aux traitements les mieux dirigés, au séjour prolongé sur une plage de 1 Océan. °
Enfin l’adénopathie axillaire, en dehors même de toute complication pulmonaire antérieure, indique une détérioration plus profonde de l’organisme que
I adenopathie cervicale. L’adénopathie inguinale serait la moins grave de toutes. Il n’y a rien d’absolu bien entendu, dans ces différences, mais elles sont vraies d’une façon générale.
Pour établir dans toute sa vérité le pronostic des adenopathies, il nous faut maintenant étudier dans quelles proportions elles se compliquent ;
1° De tuberculoses ostéo-articulaires ;
2“ De tuberculose pulmonaire;
3“ De méningite tuberculeuse.
1” tuberculoses ostéo-articulaires
Kœnig avec le concours de Orth, se basant sur 7 autopsies faites à Gœtting-ue, arrive à cette conclusion :
II paraît éminemment vraisemblable que la grande ma- J^onte de tous les cas d’ostéo-artbrite tuberculeuse ne Toit pas ■primitifs mais secondaires, métastatiques. Cette conclu-
non seulement sur le résultat des autopsies,
mais aussi sur 1 observation clinique L ^