Thèse de'Dodiu
PRONOSTIC
Les ganglions sus-claviculaires furent pris à leur tour et on soupçonna une propagation au poumon, mais sans que l’auscultation révélât encore rien. Quelques jours seulement avant la mort, le malade se plaignit d’oppression et on trouva à l’auscultation quelques râles, peu nombreux d'ailleurs^ disséminés dans la poitrine. Ce malade succomba et à l’autopsie on trouva les ganglions du cou et surtout ceux du côté gauche complètement désorganisés et remplis de pus caséeux assez épais; les poumons ne présentaient que des granulations tuberculeuses assez récentes, quelques-unes seulement caséeuses, disséminées en grand nombre dans toute leur étendue. Sur la' plèvre viscérale on trouvait aussi quelques granulations. Rien dans les autres organes et en particulier dans l’intestin.
Mais il est rare que les événements marchent avec une succession aussi rapide ; l’adénopathie précède la tuberculose pulmonaire, mais la précède pendant plusieurs mois ou plusieurs années avec des oscillations, des poussées subaiguës ou au contraire des demi-guérisons momentanées ; puis un jour, l’étatgénéral s’altère, le malade mange mal, se débilite et au bout d’un temps variable, on peut constater les premiers signes de la tuberculisation pulmonaire.
Au point de vue des complications pulmonaires, l’adénopathie axillaire, comme le fait remarquer Sanchez Toledo, indique une infection plus grande que l’adénite sus-claviculaire qui est elle-même une manifestation plus grave de la tuberculose que l’adénite cervicale ou sous-maxillaire.
11 y a des cas incontestables dans lesquels l’adénopathie tuberculeuse a été le premier terme de la tuber-
culose pulmonaire et l’a causée; mais la fréquence de ces faits est très discutée.
Coulon*, Gilette, Bergeron, Bouchut^ Harand^ etc,, admettent que les scrofuleux, et par scrofuleux il faut entendre surtout les enfants qui portent des adénites cervicales, deviennent rarement phtisiques.
Marfan ^ dans son article de la Pathologie interne, se range à cette opinion.
Pour lui, un très petit nombre de scrofulo-tuberculeux porteurs d’un lupus ou d’une adénite tuberculeuse en évolution depuis l’enfance deviennent phtisiques; les scrofuleux restent la plupart du temps indemnes de phtisie pulmonaire.
Le scrofuleux contracte facilement des tuberculoses mais elles sont atténuées par le terrain, restent très lentes, curables, peu infectantes, peu virulentes et dépassent rarement les ganglions. Le scrofuleux a des tuberculoses locales, mais très rarement des tuberculoses viscérales.
Il nous semble qu’il faut ici encore très soigneusement distinguer les écrouelles de l’adulte et celles de l’enfant.
L’enfant scrofuleux atteint d’adénopathies tuberculeuses devient rarement phtisique.
Nous avons eu à Pen-Bron 292 écrouelleux, deux seulement sont devenus tuberculeux pulmonaires. Étant donnée la fréquence de la phtisie, cette proportion est très minime.