‹ Adolph MonodChapitre 101 sur 143 · ÉVIAN · texte numérisé non relu

ÉVIAN

21 Août 185/|.. — ...Il me semble que j'ai gagné quelque chose dans cette retraite sur mon esprit de découragement, c'est-à-dire d'incrédulité ! Si Dieu me fait la grâce de me maintenir dans les habitudes de prière que j'ai contractées ici, j'espère que, vivant plus près de lui, je serai moins touché des épreuves terrestres qui, si amères soient-elles, ne peuvent nous suivre tout au plus que jusqu'à la mort : pourvu qu'elles nous fassent mieux connaître et goûter l'amour de celui qui est amour, le temps viendra, et bientôt, que nous prendrons plaisir aux larmes qu'elles nous auront tirées des yeux. Vivons dans le ciel, quoique travaillant sur la terre, et toutes choses seront adoucies. Ce n'est pas pour rien que Jésus-Christ nous a donné ce tendre et saint exemple. La paix est là pour nous, et là seulement.

Evian, 10 Septembre 185/t. — ...N'oublions pas la poésie, mes enfants: c'est si beau, la poésie! toutes les œuvres de Dieu sont pleines de poésie. Allons, courage, confiance, foi! nous avons reçu de Dieu tous les dons nécessaires: il ne s'agit que d'y croire et d'en user pour sa gloire. Que votre vie, ainsi conduite, sera pleine, utile, heureuse et sainte! Oublions le temps perdu, laissons les choses qui sont derrière nous, et donnons gloire à Dieu par la consécration de toutes nos forces de corps et d'esprit à son service... Je vous dépose tous sur le sein paternel de

382 ADOLPHE YIONOD 1854

Dieu... Que la paix soit avec vous tous, au milieu desquels les pieds nous brûlent de nous retrouver! Nous en sommes à Ézéchiel XVIII ; à Psaume LX, et a Genèse XV.

A Mme Valcher Veyrassat.

Évian, 41 septembre 4854.

Chère sœur et amie,

Vous voulez de mes nouvelles: je ne sais trop que vous dire de mon pauvre moi. Je suis mieux que lorsque vous m'avez vu à Céligny: plus de bien-être, et aussi, en général, plus de forces. Cette amélioration, qui parait tenir à l'usage des eaux, durera-t-elle quand il aura cessé? Je ne sais, Dieu le sait. Mais ce que je sais bien, c'est que mes sentiments sur tout cela sont aussi conformes à ceux que vous m'exprimez dans votre bonne lettre, que le vrai est conforme au vrai, et le bien au bien. Xous sommes heureux, trois fois heureux, dix fois heureux; parce que notre Dieu est bon, trois fois bon, mille fois bon. Il est le seul bon, le seul aimant, le seul aimable, le seul Dieu et le seul Seigneur. Votre lettre a été pour moi comme Prov. XVI, 1k et XXV, 11, 12; et je souhaite que ces quelques lignes soient pour vous comme Prov. XXV, 25. Oh! que j'aime les Proverbes!

Page 1