DERNIÈRES PRÉDICATIONS
pouillé de tout cela; il a quitté le séjour du ciel et le sein de Dieu; il est venu sur notre triste terre comme un homme semblable à nous, que dis-je? il s'est abaissé au-dessous de nous, vivant dans l'indigence, dans l'abandon, dans le mépris, et il est mort, comme le dernier des hommes, du supplice des malfaiteurs. Et tout cela, pour vous revêtir de tout ce dont il se dépouillait. S'il descendait du ciel, c'était pour vous y faire monter; s'il visitait la terre, c'était pour vous soustraire à sa malédiction; s'il mourait, c'était pour vous mériter la vie. Et maintenant vous voilà, si vous croyez de cœur en Jésus-Christ, rachetés de la condamnation par le sang de Jésus-Christ, enfants de Dieu en Jésus- Christ, baptisés de l'Esprit de Jésus-Christ, et prêts à mourir dans la paix de Jésus-Christ, pour passer à la gloire de Jésus-Christ. Vous savez cela? vous croyez cela ? Eh bien ! les yeux que vous venez d'arrêter sur Jésus-Christ, jetez-les maintenant sur le pauvre; et la mesure dont il a usé avec vous, pour les biens et les maux du monde invisible, usez-en avec le pauvre pour les biens et les maux de la vie présente...
Il terminait par ces paroles : Celui-là fera entre tous l'aumône la plus riche en sacrifice, qui aura jeté le regard le plus repentant, le plus croyant, le plus aimant, sur Jésus-Christ, lui faisant à lui-même l'aumône du sang de sa croix.
Quinze jours plus tard, le jour de Noël, il prononçait un discours dont quelques fragments ont été reproduits dans la préface des Adieux, sur ce texte : Pour toi une épée transpercera ton âme, et dans lequel nous relevons seulement quelques paroles qui étaient comme prophétiques pour luimême ; après avoir exhorté ses auditeurs à marcher dans la conformité avec Jésus-Christ, il ajoutait :
Que si, entre les douleurs dont le chrétien est atteint ou menacé, il s'en rencontre une poignante entre toutes, et qui soit aux autres ce que la croix était aux autres douleurs de Jésus-Christ, eh bien ! mon frère, ma sœur, accueillez-la dans le même esprit que Jésus-Christ a accueilli sa croix. Dites, vous le pouvez : Père, délivre-moi de cette heure; mais ajoutez, vous le devez : mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure! Voilà, je le vois, où Dieu voulait ni' amener; voilà l'affliction qu'il préparait dès longtemps pour moi, et moi pour elle, par toutes mes amertumes passées; voilà où devait aboutir ma vie extérieure, et où ma vie intérieure devait achever de s'épanouir et de mûrir. C'est votre Golgotha, dont Dieu vous avait épargné la vue anticipée pour ménager votre faiblesse... Quelle qu'elle soit, cette heure devant laquelle la nature a tant reculé, contre laquelle vous avez eu Gethsémané sur Gethsémané , qu'elle vienne ! et si elle est déjà venue, qu'elle soit bienvenue de vous.