‹ Adolph MonodChapitre 105 sur 143 · DERNIÈRES PRÉDICATIONS · texte numérisé non relu

DERNIÈRES PRÉDICATIONS

Qui sait de quelles bénédictions Dieu l'a chargée pour vous?... Ne perdez pas une occasion peut-être unique. Craignez que l'épreuve vous échappe avant qu'elle vous ait rendu tout son fruit ! Hâtez-vous, saisissez votre croix, voyez-y le moment le plus favorable qui vous ait été ménagé — comme à votre Maître la sienne — pour glorifier Dieu et pour le servir!...

C'était bien dans cet esprit qu'il s'avançait luimême au-devant de la croix qui commençait à se dresser devant lui, mais qu'il ne pouvait, par la bonté de Dieu, ni distinguer, ni mesurer encore d'une manière complète. De sacrifice en sacrifice il devait arriver à la discerner plus clairement, et le premier qui lui fut demandé fut celui de sa prédication elle-même. Il put cependant prêcher encore quelquefois dans les premiers mois de Tannée, et continuer d'instruire ses catéchumènes jusqu'à Pâques.

Dès le mois de janvier, il donna sa démission de membre du Comité d'évangélisation de Paris, par la lettre suivante, adressée à son président, M. de Neufville :

Paris, 17 Janvier 1855. — Veuillez, Monsieur et cher frère, offrir à nos collègues et recevoir pour vous-même l'expression du regret que j'éprouve à ne pouvoir être des vôtres ni vendredi, ni aux

séances suivantes de cet hiver. Dieu m'appelle à renoncer jusqu'à nouvel ordre à tout ce qui ne rentre pas directement dans les fonctions de mon ministère. Ce ministère lui-même ne m'est permis qu'à la condition de le réduire à ses éléments les plus spirituels, qui en sont aussi, grâces à Dieu, les éléments essentiels : la prédication et l'instruction de la jeunesse. Ma conscience répugne à figurer de nom où je ne puis être en œuvre et en vérité, et vous me soulageriez si vous vouliez donner à un frère capable d'agir, la place que je laisse vide au milieu de vous. Je ne cesserai pas du reste de vous suivre dans vos travaux de mes faibles prières ; et je réclame une petite place dans votre intercession fraternelle en faveur des membres souffrants du corps du Christ. Votre bien dévoué frère.

Le 21 janvier, jour de son anniversaire, prêchant sur le Psaume GUI, après avoir célébré avec le Psalmiste le Dieu qui pardonne les péchés, il continuait ainsi:

La barrière est désormais abattue; nos péchés, effacés et pardonnes, ne font plus séparation entre Dieu et nous: rien ne l'empêche désormais de se livrer à toute la tendresse qui est dans sa nature. Dans le Dieu de la grâce, David trouve, et nous allons trouver avec lui le Père des compassions. Cette expression est de saint Paul, et semblait devoir être réservée au Nouveau Testament; mais

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