‹ Adolph MonodChapitre 108 sur 143 · JE SUIS LA RÉSURRECTION ET LA VIE · texte numérisé non relu

JE SUIS LA RÉSURRECTION ET LA VIE

Mais, du sein de cette race perdue et mourante, voici un homme qui ne se vante de rien moins que de supprimer la mort, pour quiconque consent de s'en rapporter à lui seul...

Et après avoir répété les paroles du Sauveur qui lui servaient de texte: Je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en moi, encore quil soit mort, vivra; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais, et fait voir en Jésus-Christ le principe même de la vie et de la résurrection, il montrait les croyants déjà morts, vivants, malgré les apparences extérieures, aussi bien que les croyants encore vivants.

Quoi qu'il en soit, Lazare vit; et en attendant qu'il se réveille, il est déjà tout vainqueur de la mort, tout affranchi de la condamnation, n'ayant plus à paraître devant le tribunal de Dieu, que pour que sa place de félicité lui soit assignée. En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle; et il ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort dans la vie (Jean V, 2/i).

Voilà la consolation que Jésus-Christ offre à Marthe dans la mort de Lazare. Combien cette consolation n'est-elle pas plus précieuse que celle qu'il va lui accorder aussi, comme par surcroît, de le voir, dès à présent, interrompre son sommeil et sortir de son tombeau! Le bienfait du miracle ne vaut pas

celui de la grâce; cette consolation de surcroit sera courte comme la vie terrestre, puisqu'il faudra, tôt ou tard, perdre de nouveau Lazare ou être perdu de lui, pour parler comme les hommes, tandis qu'au point de vue de la résurrection et de la vie qui sont en Jésus, il n'a été séparé d'elle pour un peu de temps, qu'ahn qu'elle le recouvrât pour toujours (Phil. 15). Au reste, si Jésus accorde à Marthe cette consolation momentanée, tout en lui apprenant à ne pas l'estimer trop haut, c'est pour montrer, dans la personne de Lazare, cette doctrine même que nous venons d'exposer. Vous doutez que la mort du croyant ne soit qu'un sommeil? Eh bien! pour convaincre votre incrédulité, en voici un que je vais réveiller. Il eût mieux valu pour lui-même continuer ce doux sommeil qu'il goûtait dans mon sein, mais il vaut mieux pour vous qu'il se réveille, pour que vous receviez instruction, et que, sans troubler de même le sommeil de tant d'autres saints qui dorment en moi, vous connaissiez, par ce seul exemple, combien vous pouvez être tranquilles pour eux...

Oui, consolez-vous, et que les consolations du Dieu fort ne soient pas réputées trop petites pour vous. Celui qui a cru en Jésus, tout mort qu'il est, il vit. Votre Lazare n'est pas mort, il vit. Vos vieillards, ces pères et ces mères en Israël qui se sont endormis en Jésus, rassasiés de jours, ils ne sont pas morts, ils vivent. Ces serviteurs et ces servantes

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