JE SUIS LA RESURRECTION ET LA VIE
de Jésus-Christ, recueillis dans la force de l'âge et au sein de leur travail, ils ne sont pas morts, ils vivent. Ces jeunes hommes, ces jeunes femmes, qui vous ont dit adieu en posant sur le sein de Jésus leur tête fatiguée, ils ne sont pas morts, ils vivent. Ces petits enfants, qui vous ont devancés en balbutiant le nom de Jésus de leur voix enfantine, ils ne sont pas morts, ils vivent. Tous ces saints, tous ces martyrs, tous ces fidèles, que le Seigneur a rappelés à lui dans les générations passées, ils ne sont pas morts, ils vivent. Ces généreux confesseurs de Jésus-Christ, dont une Eglise idolâtre et déchue a versé le sang comme l'eau sur notre malheureuse terre de France, ils ne sont pas morts, ils vivent. Luther, Calvin, Wikleff, Huss, Jérôme de Prague, et tous ces témoins des âges obscurs, ils ne sont pas morts, ils vivent. Bernard, Ambroise, Augustin, Chrysostome , Athanase, et toutes ces grandes lumières des premiers siècles, ils ne sont pas morts, ils vivent. Paul, Pierre, Jean, Jacques, Timothée et tous les apôtres, ils ne sont pas morts, ils vivent. Que dis-je, tous les prophètes, tous les croyants de l'Ancien Testament, espérant au Christ qui devait venir, ils ne sont pas morts, ils vivent. Ésaïe vit, Ezéchias vit, David vit, Jacob vit, Abraham vit, Noé vit, Abel vit. Ils ne vivent pas selon la chair, mais ils vivent selon l'Esprit; ils ne vivent pas pour les hommes, mais ils vivent pour le Seigneur; ils ne vivent pas quant à l'apparence, mais ils vivent quant
à la réalité. Peuplez, peuplez ce monde invisible, le seul véritable et le seul permanent, de tous ces morts vivants, et trouvez, si vous le pouvez, une société où il soit plus désirable d'obtenir une place. Et en attendant que vous l'obteniez, ne pleurez pas sur ceux qui vivent, pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants, qui traînez une vie toujours mourante ; pleurez les larmes d'une sainte impatience, pour aller rejoindre, non seulement ces hommes de Dieu, dont le monde ri était pas digne, mais Celui qui est leur résurrection, leur vie, leur félicité commune !
Il terminait par un dernier et pressant appel à ses catéchumènes:
C'est ici votre privilège, qu'étant encore exempts des molles habitudes d'un demi-christianisme, la carrière est toute neuve, toute libre et tout entière devant vous. Sentez, sentez le prix de ce privilège, je ne dis pas avec le cœur de ceux qui ont à se reprocher d'y avoir été infidèles, — cela n'est pas possible; mais sentez-le autant que la prière, la réflexion, hélas! et l'expérience de vos devanciers vous en rendront capables. Jésus n'a pas fait les choses à demi avec vous; ne les faites pas non plus à demi avec lui. Entre la résurrection qu'il dit être, et qu'il est, et une foi impuissante, une foi de tradition et d'imitation, dites-vous bien qu'il n'y a pas de milieu, et que si Jésus-Christ n'est