‹ Adolph MonodChapitre 110 sur 143 · PENTECÔTE 4855: LE SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

PENTECÔTE 4855: LE SAINT-ESPRIT

pas tout pour vous, il ne vous sera rien. Oh! si vous pouviez sentir avec quelle sollicitude ceux qui vous aiment en Jésus-Christ, cherchent à pénétrer l'impénétrable avenir, pour connaître ce que doit rendre la semence de vie qui a été répandue dans vos cœurs par l'éducation paternelle, par l'enseignement pastoral, et, j'aime à le croire, par le Saint-Esprit!... 0 mon Dieu, quant a moi, pour conserver entière mon espérance pour eux, je la dépose, non pas dans leur volonté fragile, non pas dans ma parole fugitive, mais dans ton sein paternel, sous la garde du Saint-Esprit, et au nom de Celui qui est la résurrection et la vie!

Il prêcha encore une fois, le 27 mai, jour de Pentecôte, dans le temple de Pentemont. Loin de s'améliorer, son état de santé allait en s'aggravant. Il dut demander au Consistoire un congé de quelques mois , auquel il fait allusion en peu de mots dans sa prédication, se doutant bien peu cependant qu'il était monté en chaire pour la dernière fois.

Le texte de cette prédication, comme de celle de Pâques, était encore une promesse de Jésus-Christ : Celui qui boira de T eau que je lui donnerai, naura plus soif pour V éternité ; mais l'eau que je lui donnerai, deviendra en lui une source jaillissante en vie éternelle (Jean IV, 1/t) ; il développa cette pensée que «trois choses caractérisent l'eau dont Jésus- Christ dispose pour le croyant: en lui: elle est inté-

rieure ; une source : elle est permanente, et nourrie par elle-même; jaillissante, et jaillissante en vie étemelle : elle est vivante, empressée d'agir, jalouse de se répandre. »

Oh! qui me donnera, s'écriait-t-il, de comprendre ce que je dois expliquer à ton peuple ! Mon âme soupire après toi, ô mon Dieu! et mon esprit prie en moi par des soupirs inarticulés... Oserai-je dire que le don du Saint-Esprit dépasse encore celui du Fils, je ne dis pas en amour, mais en portée? C'est le terme vers lequel la croix elle-même n'est que le chemin. Christ ?ious a rachetés de la malédiction de la loi... afin que nous reçussions par la foi V Esprit qui avait été promis. C'est le terme dernier et suprême. Alors se réalise cette parole étonnante : Je ne vous dis pas que je prierai pour vous,, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé et que vous avez cru que je suis venu de Dieu (Jean XVI, 26, 27). Si le voile s'est déchiré, c'est pour ouvrir le saint des saints ; si la chair de Jésus a été meurtrie, c'est pour nous ouvrir le ciel ; c'est pour le faire descendre dans nos cœurs. 0 certitude sans nuage ! 6 jouissance sans réserve? ô conformité parfaite avec Christ! ô lumière sans ombre! ô Satan écrasé sous nos pieds! ô Christ avec nous, en nous! ô toute la plénitude de la divinité répandue dans l'humanité! Mon Dieu, ouvre mes yeux, mon cœur et mes lèvres ! . . .

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Qu'y a-t-il dans toutes les jouissances de ce monde, qui ne soit comme une eau donnante, et sans vie? En vain une excitation fiévreuse, momentanée, viendrait en troubler la froide paix: c'est pour la laisser retomber le moment d'après dans une immobilité rendue plus sensible par la petite tempête qui l'a précédée. Mais le Saint-Esprit, mais Dieu, mais le ciel, mais l'éternité, comment n'appelleraient-ils pas en action toutes les forces vives et tous les désirs de l'âme? Vous aviez une santé florissante et une longue vie en perspective, et ces biens précieux ne vous semblaient donnés que pour fournir, sinon à vos plaisirs, du moins à votre bien-être, tout au plus à la consolation de votre famille et de vos amis. Mais le Saint-Esprit vient, et le voilà qui vous oblige miséricordieusement à réserver tout ce que vous avez de forces pour le service de Dieu et pour le bien de l'humanité... Vous étiez visité d'une maladie douloureuse, et qui vous épuisait de jour en jour, et vous ne pouviez accepter ni un état continuel de souffrance, ni l'impuissance d'agir, ni cette interruption de votre [vie jdomestique, ni le reste : le Saint-Esprit vient, et le voici qui, déposant en vous la patience parfaite de Jésus- Christ, vous rend capable d'accepter^toutes vos peines avec soumission, avec actions de grâces, avec joie, comme une Visitation de Dieu, destinée à vous rendre plus saint par le renoncement, et plus fort par votre faiblesse. Ainsi fera-t-il pour tout le reste :

il transformera, il renouvellera votre vie tout entière, comme s'il en eût transporté le principe dans le ciel; ou plutôt c'est bien véritablement là ce qu'il a fait. Il a fait mieux encore ; il y a fait descendre le ciel et toute sa vie divine...

Plus je m'applique à pénétrer dans le fond de la pensée de mon Sauveur, plus je me sens incapable de la sonder jusqu'au fond. Oui, le Saint- Esprit est une source qui coule toujours du sein de Dieu; c'est une source qui est transplantée dans notre intérieur; c'est une source dont l'eau jaillit puissamment et pour notre joie, et pour celle des autres... Mais qui de nous a fait l'expérience de ces choses? Qui la connaît, cette source, plantée au dedans de nous, et jaillissante en vie éternelle, tellement qu'elle nous mette réellement à l'abri de la soif? Qui le connaît aussi, ce Christ habitant par la foi dans notre homme intérieur, cet amour qui surpasse toute connaissance, et cet être rempli jusqu'en toute plénitude de Dieu? Qui donc a pu nous dépouiller de si magnifiques promesses, restreindre cette plénitude, contrister ou éteindre le Saint-Esprit, ralentir ou détourner cette eau jaillissante? 0 incrédulité! ô folie, ô plaie de nos cœurs et de l'Église!...

Peuple heureux, auquel il a plu à Dieu de donner le Royaume, ne perds point courage ! Crois seulement, et tu verras la gloire de Dieu. Dans le Saint-Esprit nous avons des ressources

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