‹ Adolph MonodChapitre 111 sur 143 · FIN DU MINISTÈRE ACTIF · texte numérisé non relu

FIN DU MINISTÈRE ACTIF

infinies, et qui peuvent se nourrir de la perte même de toutes les autres. Oui, le Saint-Esprit, Dieu en nous, peut nous rendre plus heureux par la perte de la joie humaine; plus forts, par la perte de la force propre ; plus saints, par le sentiment croissant de notre misère. Demandons- le les uns pour les autres. Pour moi, que ma santé altérée condamne à prendre encore une fois congé de vous pour de longs mois, j'ai bien besoin de me reposer dans cette consolante doctrine. Abattu et affaibli, j'ai pourtant la confiance qu'il me reste à exercer un ministère spirituel, plus fructueux peut-être que celui qui a précédé, et auquel Dieu me prépare par l'épreuve. Oui, mes fidèles amis en Christ, j'ai cette confiance que cette maladie est pour la gloire de Dieu, et que, guéri ou non, elle me rendra plus capable de servir Dieu selon sa volonté. C'est de quoi je veux faire le sujet de mes prières durant mon pénible exil ; c'est aussi sur quoi je me recommande aux vôtres. Puissions-nous nous retrouver l'hiver prochain, enrichis de grâces nouvelles pour le service de Dieu, et voyant devant nous des chemins nouveaux pour l'y suivre!...

Le Seigneur ne lui refusa pas cette grâce suprême de continuer à le servir au sein d'une souffrance qui devait aller toujours en croissant. Dès ce moment, il fut aidé ou plutôt suppléé dans ses fonctions pastorales successivement, pendant quelques

semaines, outre M. Petit, qui lui continuait son fidèle concours, par M. le pasteur Paul Gallot, de Neuchâtel, et par un de ses neveux, M. le pasteur Robineau, jusqu'à celui où il dut se décharger entièrement de son ministère sur un suffragant régulier. Réduit à un repos toujours plus absolu, il ne put prendre aucune part active à la Conférence générale de l'Alliance Évangélique, réunie à Paris à la fin d'août, à l'occasion de l'Exposition universelle. Il suivit pourtant avec intérêt ses travaux, et reçut avec joie une députation de la Conférence, chargée de lui porter l'expression de sa sympathie, et composée de MM. les pasteurs Cuvier et Juillerat et de Sir Culling Eardly, — aussi bien qu'une visite collective de quelques-uns de ses anciens élèves présents à Paris pour la Conférence.

Son œuvre cependant n'était point terminée ; selon sa prière constante, elle ne devait s'achever qu'avec sa vie. Le Seigneur lui réservait un dernier et suprême ministère, celui de la souffrance et de la patience, dans lequel nous avons à le suivre encore. A mesure que cette souffrance deviendra plus intense, nous le verrons plus uniquement préoccupé du désir de glorifier Dieu.

Efforçons-nous, disait-il, de glorifier Dieu. Il est facile de glorifier Dieu quand tout va bien ; mais c'est bien difficile quand tout va mal ; quand on

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