‹ Adolph MonodChapitre 114 sur 143 · TÉMOIGNAGES D'AFFECTION · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES D'AFFECTION

agonie, aie pitié de moi! Par la victoire de ta résurrection, aie pitié de moi! Par la gloire de ton ascension, aie pitié de moi ! Par les compassions de ton amour, aie pitié de moi! Par la fraternité de tes souffrances, aie pitié de moi! Partout et en tout, aie pitié de moi !

0 mon Dieu! c'est ta main! Qu'elle est redoutable, cette main divine! Qu'elle est irrésistible! Qu'elle est secourable, cette main paternelle ! 0 mon Sauveur, guéris-moi ! Jésus, qui guérissais tout le monde, guéris-moi! Si j'ai assez souffert, et si j'ai tâché de souffrir pour ta gloire, guéris-moi ! 0 mon Dieu, je ne murmure pas; il n'y a pas une fibre, pas un sentiment en moi qui murmure, guéris-moi pour ta gloire, pour ton service, ou retire-moi dans ton sein. Mon Dieu, je t'attends. Que je suis heureux de te connaître ! de pouvoir t'appeler le Dieu d'amour! Mon âme s'élève à toi.

Il est presque superflu de rappeler de quels témoignages redoublés d'intérêt et d'affection il fut entouré à partir de cette époque ; les prières surtout se multipliaient autour de son lit de maladie en proportion de son épreuve croissante. Ces témoignages de bienveillance abondaient non seulement de la part d'amis attentifs, de médecins éminents et dévoués, de jeunes gens et d'amis qui lui consacraient leurs nuits pour le veiller, et cela pendant des mois, mais surtout de collègues empressés

d'Églises de toutes dénominations, et en particulier du corps ecclésiastique auquel il était rattaché comme pasteur de l'Église Réformée.

« Je serais le plus ingrat des hommes, si je n'en étais le plus reconnaissant», disait-il, en pensant à tant de marques d'affection.

Le Conseil presbytéral, qui lui avait accordé depuis plusieurs .mois les facilités exigées par un état de maladie dont on pouvait encore espérer le voir triompher, l'autorisa à appeler pour suffragant son frère M. Guillaume Monod, alors pasteur à Rouen, son ancien compagnon de jeunesse et d'études.

Voici la lettre qu'il adressa à cet effet, pour le Conseil presbytéral,

A M. le pasteur Juillera.t.

Paris, 23 septembre 1855.

Monsieur le Président,

Je vous serai obligé de vouloir bien, dans la prochaine séance du Conseil presbytéral, lui proposer en mon nom,« pour mon suffragant, mon frère, le pasteur G. Monod, de Rouen.

La durée de la suffragance pourrait être fixée à un an, si le Conseil presbytéral le juge convenable.

J'aurais dû commencer par vous demander pour moi une prolongation de congé; car il faudra, en mettant les choses au mieux, que je me décharge sur

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