‹ Adolph MonodChapitre 115 sur 143 · J855 LETTRE AU CONSEIL PRESBYTÉRAL · texte numérisé non relu

J855 LETTRE AU CONSEIL PRESBYTÉRAL

mon suffragant de tout mon ministère, pour un temps assez long. Mais les choses paraissent prendre une tournure plus grave encore depuis le commencement de ce mois. Mon frère G., après avoir appelé en consultation des médecins fort éclairés, m'a déclaré, avec une fidélité toute chrétienne, qu'il juge ma maladie sans remède, et que ma fin pourrait ne pas être éloignée, bien qu'on ne puisse rien dire de précis sur ce point.

C'est d'un cœur soumis que nous avons, ma famille et moi, reçu ce message solennel. Je suis entre les mains de Dieu. Il dépend de lui de me relever, et je sais qu'il le fera, si mon rétablissement est dans les intérêts de sa gloire. Autant que je me connais, la consolation que me donnerait cette délivrance se rapporterait avant tout à l'Eglise. Une sainte ambition de la servir encore me possède, et il me semble qu'une onction particulière devrait reposer sur un ministère qui aurait été comme arraché à une tombe à demi ouverte. Pour moi personnellement, je suis en paix. Celui que j'ai prêché est aussi Celui en qui j'ai cru. Quelque moment qu'il ait marqué pour me retirer à lui, je sais qu'il me soutiendra dans le dernier combat; et j'entre, selon la mesure de ma faible foi, dans la pensée de l'apôtre : Mon désir tend à déloger pour être avec Christ, ce qui m'est beaucoup meilleur.

Ai-je besoin de me recommander à vos prières, et à celles des pasteurs et anciens, mes chers

collègues? De mon côté je les porte sur mon cœur devant Dieu, et vous prie, aussi bien qu'eux, de recevoir avec une confiance plus qu'ordinaire, l'expression de mon attachement en notre Dieu Sauveur.

A partir du moment où son état parut sans ressource au jugement des hommes, il s'abandonna avec une confiance particulière au Seigneur, et retrouva dans cet abandon même, de nouvelles forces pour le servir. C'est ainsi qu'il mit peu à peu ordre à ses affaires ; donna aux siens certaines instructions pour ses manuscrits ; prépara et surveilla l'impression d'un de ses sermons, la Parole vivante, et acheva de composer le cantique, ou plutôt le poème religieux auquel nous avons déjà fait allusion : Jésus-Christ ressuscitant des morts. Il acceptait avec reconnaissance les occasions qui s'offraient à lui — trop fréquentes parfois pour ses forces — de faire quelque bien aux nombreux amis qui désiraient le voir, en s'entretenant avec eux quand il le pouvait. Il écrivait aussi à ceux qui étaient éloignés, et montrait un intérêt particulier à ceux qui étaient isolés ou affligés, sans oublier de se réjouir avec ceux qui étaient dans la joie: témoin ces nouveaux époux qui au sortir du temple où ils avaient reçu la bénédiction nuptiale, venaient réclamer encore la sienne avec quelques paroles d'exhortation. Surtout il continuait à prendre un vif intérêt aux affaires de l'Église, et nous le verrons peu de

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