TÉMOIGNAGE DE SA FOI
semaines avant sa mort faire un effort considérable pour appuyer, par une longue lettre adressée au ministre de l'Instruction publique, M. Fortoul, la nomination d'un candidat évangélique à la chaire d'Hébreu dans la Faculté de théologie de Montauban 1.
Le 30 Septembre un certain nombre de membres de sa famille se réunirent autour de lui pour prendre la cène, le service étant présidé par ses deux frères, MM. Frédéric et Guillaume Monod.
Je veux seulement, en deux mots, donner gloire à Dieu, dit-il, et confirmer tout ce que vous venez de dire en mon nom et au vôtre. Je confesse qu'il est un rocher au temps de la détresse, et qu'il se trouve abondamment. Je confesse que sa Parole est entièrement vraie et que toutes ses promesses sont vraies. Il ne nous manque que d'y croire. Si nous pouvions seulement nous les approprier, si nous avions la foi, il n'y aurait rien de si magnifique dans les promesses de l'Évangile qui ne se réalisât pour nous, même dans le présent. Je confesse qu'il est fidèle ; que telles que sont mes pauvres prières, elles me soutiennent, même au milieu des plus vives souffrances, et dans les moments où mon Père trouve bon de me faire souffrir sans relâche. Elles sont exaucées, admirablement exaucées, toutes les fois que je puis m'adresser à lui comme à un Dieu
1 Voir le volume de Lettres.
vivant, et me sentir en communion avec lui... Je me recommande à vos prières, pour que vous demandiez pour moi une patience parfaite, qui ne se démente jamais, même par l'agitation ; et pour que l'excès même de mes souffrances, serve à aiguiser ma foi et mes prières. Je demande la même chose pour vous tous, dans nos afflictions présentes, qui sont grandes pour plusieurs, très grandes pour quelques-uns, et dans celles qui pourraient venir encore.
1er Octobre. — Demandez à Dieu que je ne perde pas patience. Soutenez-moi par vos prières. En voyant combien mes souffrances augmentent, je me demande quelquefois si Dieu, par un coup de grâce, ne me retirera pas subitement. S'il juge à propos de me retirer, il faudra considérer ma délivrance comme une délivrance. Je suis en paix. Jésus-Christ, son sacrifice, le sang de la croix est mon unique espérance. Plus je regarde mes œuvres, plus j'y trouve de péché. Ce que j'ai fait et ce que je n'ai pas fait me trouble également. Je ne trouve rien en moi en quoi je puisse me glorifier, ni même me complaire, combien moins m'appuyer! Si j'avais à recommencer ma carrière, comme il me semble que je ferais mieux, avec plus d'activité, de fidélité; combien elle pourrait être plus utile! A quelque moment qu'il plaise à Dieu de me retirer, je suis prêt à m'en aller. Parlant ou ne parlant pas, je