‹ Adolph MonodChapitre 117 sur 143 · QLE SA VOLONTÉ SOIT FAITE · texte numérisé non relu

QLE SA VOLONTÉ SOIT FAITE

serai en paix. Si Dieu ne veut pas me rendre à mon ministère, comme je le lui ai demandé encore cette nuit, parce qu'il me semble que mon ministère, arrêté maintenant, serait comme décapité, personne ne se plaindra que mes souffrances soient terminées ; et le plus tôt qu'il me recueillera dans son sein sera le mieux. Je sais que pour moi il m'est beaucoup meilleur d'être avec Christ, bien que je ne me sente pas libre de lui rien demander à cet égard, soit parce que je ne veux pas abréger mes souffrances, s'il m'est bon de souffrir encore, soit parce que je ne veux pas me priver des occasions qui peuvent m'être laissées de le servir. Qu'il fasse ce qui lui semblera bon, pour augmenter la souffrance, pour soulager, pour guérir, pour délivrer, pour retirer, pour laisser ! Je m'abandonne à lui. Tout mon désir est d'être rendu conforme à Christ, et je sais que les souffrances acceptées dans son Esprit sont un moyen de nous rendre conformes à lui. Sa croix est mon espérance. Je ne puis pas dire encore ma joie. Il faut être sincère. A peine puis-je dire que mon acceptation soit de la soumission. Peut-être Dieu me fera-t-il parvenir à la joie parfaite, à ce triomphe complet de la foi sur la douleur. Quoi qu'il en soit, que sa volonté soit faite! Une fois assis et fortement établi en Christ, je ne me préoccupe pas des petites choses ; par où je veux dire, un peu plus ou un peu moins de vie, un peu plus ou un peu moins de souffrances. L'important, c'est que nous soyons à lui.

On sait comment il fut amené à prononcer les méditations qui formèrent plus tard le volume des Adieux, dans des réunions d'amis qui s'assemblaient chaque semaine autour de lui, pour célébrer la communion1. Ces modestes services, commencés le ik octobre 1855, se continuèrent sans interruption jusqu'au dernier dimanche de sa vie terrestre. Dieu exauçait ainsi d'une manière merveilleuse la prière qu'il lui avait adressée, « que son ministère ne s'achevât qu'avec sa vie. » Chaque semaine, son allocution du dimanche, recueillie et transcrite, était envoyée à l'Église Évangélique de Lyon, qui eut ainsi les prémices du volume des Adieux.

Il avait eu une occasion toute naturelle, quelques jours avant le premier service des Adieux, de mesurer ses forces dans une réunion de famille dont nous devons dire ici quelques mots. Depuis l'année 1822, époque du mariage de Mme Babut, jamais les douze frères et sœurs Monod ne s'étaient trouvés réunis. C'était un regret pour tous. Lorsque les médecins eurent déclaré l'état d'Adolphe Monod sans ressource, humainement parlant, une de ses sœurs eut l'idée de provoquer, autour de son lit de maladie, la réunion complète désirée de tous. Cette pensée, accueillie avec joie par le malade, le fut également par tous les membres de la famille : au

1 Voir la Préface des Adieux.

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