RÉUNION DE FAMILLE
J'en jouis aujourd'hui plus que jamais, et c'est un adoucissement a ma maladie. Si je voyais le ciel ouvert et que Dieu me dît: Viens, je t'attends, je ne serais pas plus tranquille sur mon avenir. Dieu soit béni pour cette assurance... Mes derniers jours seront remplis, je l'espère, du besoin de glorifier Dieu dans mon esprit et dans mon corps qui lui appartiennent...
Je puis dire que je vous porte tous, tous les jours devant Dieu. Je dois cela à la méthode dans la prière, sur laquelle mon attention a été portée pendant ma maladie. Tl est indispensable d'avoir un certain temps déterminé pour la prière, et d'y observer un certain ordre ; et c'est à des habitudes fortement prises l'année dernière, que je dois d'avoir pu continuer malgré mes souffrances.
7 Octobre. — ...Nous vivons dans un temps auquel je n'oserais pas dire qu'une mesure rare de vie intérieure -a été accordée. Je crois qu'il y en avait une mesure plus grande dans les premiers temps du Réveil ; quelques serviteurs de Dieu le sentent encore plus vivement que moi. Mais il ne faut pas aller trop loin , de crainte de manquer à la reconnaissance : ce qu'on a pris pour un déclin, peut n'être qu'une transition, par laquelle Dieu nous fait entrer dans la voie d'un développement plus profond. Une chose est certaine: il n'y a pas d'époque où les serviteurs et les servantes
du Seigneur se soient sentis plus pressés de croître et de voir croître l'Eglise dans la vie spirituelle. Ce gémissement universel tant déploré, a un côté fâcheux; mais il a aussi un côté touchant et encourageant. C'est un besoin, une aspiration à laquelle le Seigneur ne peut manquer de répondre, et chacun peut contribuer, pour sa part, à amener une vie chrétienne plus spirituelle et plus profonde pour l'Église, par une vie personnelle crucifiée, éloignée des facilités et du bien-être, à qui les facilités et le bien-être feraient peur, conforme à l'image du Fils de Dieu; une vie crucifiée, abaissée, humiliée, qui se sépare complètement de celle du monde, et cherche sa joie dans le renoncement et le sacrifice... Je mets sur la conscience de chacun de vous, selon ses forces, sa position et son temps, de travailler à réaliser, chacun individuellement et dans nos rapports divers, ce qui constitue dans l'Église la véritable vie de Jésus-Christ ; car il n'y a pas d'autre vie chrétienne que la vie de Christ en nous. Les deux grands moyens d'y parvenir sont la prière et la Parole de Dieu...
La prière fervente, persévérante, la prière de la foi, la prière d'une âme qui ne se sent vivre que dans une communion constante avec Dieu, que cette prière est peu connue ! Je commence, à la fin de ma carrière,, à me réveiller, lorsqu'il semble que je m'approche du séjour de la prière éternelle, où la vie est une prière perpétuelle... Tous les