‹ Adolph MonodChapitre 123 sur 143 · FIN DE LA. GUERRE D'ORIENT · texte numérisé non relu

FIN DE LA. GUERRE D'ORIENT

d'éducation, d'instruction, ou des événements du jour. Parfois ii était trop souffrant pour faire plus qu'une courte prière. Loin de s'appesantir sur luimême, il était plein de reconnaissance pour les soins dont il était l'objet, et de sympathie pour les souffrances des autres, quelles qu'elles fussent ; et souvent ses prières étaient une simple énumération des affligés auxquels il pensait, pour demander à Dieu de les soulager et de les fortifier en lui. Dès ce moment, et pendant toute sa maladie, il trouva un secours particulier dans le chant des cantiques : au milieu des plus vives souffrances, il en était calmé et consolé.

Parmi les événements importants de l'hiver 1855- 1856,, se place au premier rang la fin de la guerre d'Orient. Au mois de mars, les négociations internationales se poursuivaient activement, et il désira qu'une réunion de prières eût lieu chaque jour dans sa maison, pour demander à Dieu de hâter la conclusion de la paix. Ses préoccupations se portaient souvent sur un de ses neveux, M. Henri Babut, aumônier militaire en Grimée. C'est à lui qu'il adressa, apprenant qu'il venait de tomber malade, une des dernières lettres qu'il put dicter, alors que le Seigneur avait déjà retiré à lui son jeune serviteur. La nouvelle de sa mort, survenue le 23 mars, n'arriva à Paris que trois jours après celle de son oncle.

Il nous semble que ces Souvenirs seraient incomplets sans quelques extraits d'une sorte de journal dans lequel les siens s'étaient appliqués à recueillir ses dernières exhortations, en même temps que les dernières lettres qu'il put dicter.

Si quelque malade, quelque affligé peut y trouver force, consolation ou encouragement, ne comprendrons-nous pas mieux cette invocation du pasteur mourant :

« Mon Dieu ! je te rends grâces pour cette douleur, le tourment et la grâce de mes derniers jours, l'honneur de ton nom et la confirmation de ton Évangile, et le sceau de mon ministère ! »

A M. Charles Bouvier.

Paris, 7 Octobre 1855.

Bon et sympathique ami, ce qui part du cœur va au cœur. Quiconque a souffert, fait sans peine la différence entre les témoignages d'affection qu'il reçoit, de ce qui est banal d'avec ce qui est senti. C'est pour cela que ces petits messages qui me viennent de vous et de votre excellente compagne, excitent en moi une reconnaissance plus qu'ordinaire. Je ne me sens pas moins attiré vers vous que vous paraissez l'être vers moi ; et ce qui m'attire, ce n'est pas seulement la conviction où je suis que j'ai en vous un ami vrai et qui me regrettera sincèrement; c'est aussi la conformité particulière de nos

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