‹ Adolph MonodChapitre 129 sur 143 · PLUS QUE VAINQUEUR · texte numérisé non relu

PLUS QUE VAINQUEUR

salutaires ! Je vous renvoie à la Parole de Dieu et à ce mot de Jésus-Christ, pour que le Saint-Esprit l'écrive dans vos cœurs.

Même jour, soir. — Il est écrit : Nous sommes plus que vainqueurs , par Celui qui nous a aimés. Comment puis-je être plus que vainqueur dans l'état où je suis, par exemple? Comment la Parole de Dieu sera-t-elle trouvée vraie? Et pourtant, il faut qu'elle soit vraie , parce que Dieu ne peut pas mentir. Ce sera par la foi. Et nous la trouverons plus vraie dans l'exacte proportion où nous aurons plus de foi. Ce n'est que quand nous avons un peu de foi que nous commençons de la trouver vraie, et si nous avions une foi complète, nous la trouverions complètement vraie. Quoi qu'il en soit, donnons gloire à Dieu et à sa Parole. Tout est perdu si nous eu doutons ; car la question de la Parole de Dieu, c'est celle de Dieu même, et douter de la Parole de Dieu, c'est douter de Dieu. Si dans ce moment je pouvais voir le ciel ouvert, et contempler mon Sauveur dans tout son amour, je serais plus que vainqueur. Ne nous en prenons qu'à nous-mêmes. Accusonsnous nous-mêmes. Mettons Dieu hors de cause. Que Dieu soit reconnu véritable, et tout homme menteur.

Il Janvier 1856. — Je vous prie de ne vous point relâcher à cause de mes afflictions, que je souffre pour l'amour de vous, ce qui est votre gloire(Eph. III-, 13).

Je veux bien que vous sachiez que les choses qui me sont arrivées sont arrivées pour un plus grand avancement de V Évangile (Phil. I, 12). Si même je sers d'aspersion sur le sacrifice et le service de votre foi, j'en suis joyeux, et je m en réjouis avec vous tous ; vous aussi pareillement soyez-en joyeux, et réjouissez -vous -en avec moi (Phil. II, 17, 18). Saint Paul se montre sous un aspect bien touchant dans tous les versets que je viens de rapprocher. Non content de supporter patiemment ses afflictions, il prévient ses frères et ses sœurs contre une impression fâcheuse que leur amour pour lui pourrait leur faire concevoir. Et il les fortifie par la pensée que ce qu'il souffre est pour leur bien, et pour la gloire de l'Eglise et pour celle de Dieu ; que ce qui lui est arrivé a tourné à l'avancement du règne de Jésus-Christ. Et puis, selon une de ces images qu'inspire une charité surhumaine, et dont il a le secret, il compare son sang versé au vin répandu sur la tête des victimes. Si je sers d'aspersion sur le sacrifice et le service de votre foi, j'en suis joyeux et je m en réjouis avec vous tous ; vous aussi, réjouissez-vous-en avec moi. C'est beaucoup demander, assurément, mais que c'est pur, que c'est chrétien ! Quel homme ! Quel apôtre ! Dans ma petite mesure j'ai pu reconnaître que mes souffrances ont été utiles pour l'Eglise , et en demandant à Dieu de ne pas permettre que je me laisse abattre par elles, je lui demande aussi que

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vous, mes chers amis, n'en soyez jamais abattus ni scandalisés, et que vous profitiez de cette liberté d'esprit et de corps que je n'ai pas, pour supplier Dieu de laisser à ces souffrances leur véritable caractère en moi-même et dans les autres, et de les faire tourner à la gloire de Dieu et au salut des âmes.

6 Janvier. — J'aime à me rappeler diverses paroles de l'Épitre de saint Jacques, et en particulier le commencement : Comptez pour toute joie quand vous êtes exposés à diverses tentations, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience. Nous sommes souvent portés à douter que nous devenions plus patients dans l'épreuve ; et saint Jacques nous assure qu'il y a une vertu propre dans l'épreuve qui, par le cours naturel des choses, toujours sous la bénédiction de Dieu et l'action du Saint-Esprit, nous fait croître dans la patience sans que nous en ayons conscience nous-mêmes, comme l'habitude de porter de lourds fardeaux développe les forces physiques de l'homme, sans qu'il se dise chaque jour : Je suis plus fort qu'hier. Laissons en paix Dieu faire son œuvre, sans nous tàter constamment le pouls spirituel. Il ne permettra pas que nous souffrions en vain. Les voies de Dieu sont variées. // est magnifique en conseil et abondant en moyens...

Oh! que l'Évangile est puissant! Que l'Esprit de Dieu est saint! que ses promesses sont fidèles! et

que nous avons sujet, les uns et les autres, en traversant successivement les joies de la vie et ses peines, de croître dans l'amour, et de prendre patience pour un peu de temps; un rien, si nous savons voir les choses comme elles sont. Après quoi s'ouvre une gloire et une félicité dont nous n'avons aucune idée, et que toutes nos afflictions en ce monde auront servi tout ensemble à augmenter et à nous rendre plus sensible par le contraste. C'est l'histoire de Jésus-Christ; c'est celle de tous les siens...

7 Janvier. — Peut-être n'avez-vous jamais réfléchi quelle grâce c'est de pouvoir mettre un pied devant l'autre, de se transporter, je ne dis pas d'une rue dans une autre, mais d'une chambre dans une autre, sans douleur; ou quelle grâce c'est, quand on est fatigué d'être couché dans une position , de se tourner et d'en prendre une autre sans difficulté; ou quelle grâce c'est que de pouvoir manger sans souffrir, ou bien encore, et surtout, quelle grâce c'est que de pouvoir faire usage des facultés de son esprit, soutenir une conversation intéressante, écrire, travailler, s'employer pour le service de Dieu et des hommes. J'ai joui de toutes ces choses pendant cinquante-trois ans de ma vie sans les apprécier. Je les apprécie aujourd'hui, et je désire que vous appreniez de moi à les apprécier, afin que vous soyez pénétrés de reconnaissance envers Dieu ;

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