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ORIGINES DE LA FAMILLE

l'Angleterre (1807); les fortunes étaient bouleversées, la famille de Goninck ruinée, et plusieurs de ses branches durent s'expatrier, pour s'établir à Paris et en Suisse: M. Monod, vivement encouragé par toute la famille de sa femme, se décida à se transporter à Paris.

La famille de Goninck, originaire d'Anvers, avait émigré à Rouen, vers le milieu du dix-septième siècle. La révocation de l'édit de Nantes força Frédéric de Coninck (né à Rouen en 1660) de se réfugier à Schiedam, en Hollande. Son petit-fils, Jean de Goninck, parti fort jeune pour Batavia, en revint au bout de vingt ans avec une certaine fortune. Il épousa Suzanne Esther, quatrième fille de l'historien Rapin de Thoyras, et mourut à la Haye en 1774. A son tour, son fils, Frédéric de Goninck (père de Mme Jean Monod), quitta la Hollande en 1774, pour s'établir à Copenhague. Sa maison prospéra au delà de toute attente, grâce à ses relations avec Anvers, où il retrouva des descendantes de ses ancêtres richement mariées. En 1770, il avait épousé Marie de Joncourt, née à la Haye, fille de Louis de Joncourt et de Rachel Damberbos. Les de Joncourt et les Damberbos étaient également des protestants réfugiés1. M. Frédéric de Goninck mourut à Copenhague en 1811.

1 Le grand-père de Rachel, Jean Damberbos, fut emprisonné comme beaucoup de ses coreligionnaires, pour avoir résolu de faire passer ses enfants à l'étranger. 11 sortit de prison, avec le

Le 1er novembre 1808, Jean Monod arrivait à Paris avec sa femme et leurs huit premiers enfants, dont le plus jeune était dans sa deuxième année. (Adolphe était le sixième.) Il fut installé comme pasteur par M. Rabaut-Pommier le 26 décembre. De 1809 à 1818, la famille s'accrut encore de cinq enfants; un seul mourut, en bas âge. Les douze autres , huit fils et quatre filles, survécurent à leur père et à leur mère. Le premier d'entre eux que Dieu rappela fut Adolphe (le 6 avril 1856).

Les premières années du ministère de Jean Monod à Paris furent semées de bien des difficultés. Sa femme, jeune encore et transplantée dans un pays étranger, dut comme recommencer la vie, dans des conditions bien différentes de celles où elle avait vécu jusqu'alors. Mais c'était une femme vaillante, pleine de savoir-faire et d'énergie pour sa tâche maternelle. Ce furent des années heureuses aussi, à bien des égards. Elle vit son mari dès le début estimé, béni dans son ministère, qui laissa des traces profondes dans l'Église de Paris. M. et Mme Monod élevèrent laborieusement leur

secours de ses amis, après y avoir langui assez longtemps. Son fils Jean, sur lequel manquent des renseignements précis, fut le père de Rachel (née le 15 décembre 4719). Pour éviter le sort de sa sœur aînée, qui avait été jetée dans un couvent, Rachel se réfugia en 1737 à la Haye, où elle épousa (1745) Louis-Gertrude de Joncourt. Ce dernier avait quitté Saint- Quentin en 1725, peut-être pour cause de religion, mais cela n'est pas certain.

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