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VIE DE FAMILLE

nombreuse famille, et cette éducation simple, consciencieuse, chrétienne, fondée avant tout sur la piété, l'amour et le respect du devoir et de l'autorité paternelle, l'honneur du nom et de la famille, porta ses fruits. Les parents marchaient eux-mêmes à la tête de leurs enfants dans toutes les vertus humaines et chrétiennes où ils souhaitaient de les voir s'engager à leur tour, les entraînant plus par leur exemple qu'ils ne les exhortaient par beaucoup de paroles : lui, absorbé par les devoirs de son ministère, sans cesser pour cela de diriger les études de ses fils auxquels il s'appliquait à communiquer son admiration pour nos grands auteurs classiques ; elle, entretenant avec chacun d'eux, surtout avec ceux que leurs études ou le mariage éloignaient successivement d'elle, des rapports pleins de confiance et de tendresse; conservant sur tous et sur chacun une influence extraordinaire, et la plénitude de son autorité maternelle. Tous sentaient qu'il y a pour unir une force plus puissante que Téloignement et la distance pour séparer, et que la diversité de tendances et d'opinions pour diviser. Le développement spirituel et religieux qui s'opéra peu à peu dans chacun des douze enfants ne fit que redoubler leur tendresse et leur déférence pour leurs parents. Rien d'égoïste, du reste, dans ces relations de famille si fortes. «Il semble, écrivait Mme P. A. Stapfer, qu'il ne devrait pas rester de place dans des cœurs où l'amour paternel, fraternel et filial doit en occuper une si vaste.

Cependant on trouve encore à s'y loger bien plus solidement que dans d'autres moins occupés. » Us étaient entourés d'amis nombreux et dévoués ; et la maison paternelle conserva jusqu'à la fin pour tous un charme que rien ne pouvait faire oublier.

Adolphe Monod fut ainsi élevé à Paris, sous la direction de son père, avec l'aide de précepteurs et de professeurs distingués., notamment de M. Philippe-Albert Stapfer, ami intime de ses parents, dont il partageait les soins avec ses frères , et dont il rechercha toujours les conseils et les directions. Nommons aussi leur précepteur, M. Kuster, auquel tous conservèrent un reconnaissant souvenir. Adolphe fut de bonne heure particulièrement associé à son frère Guillaume, son aîné de deux ans (familièrement appelé Billy). Ils s'appliquèrent d'une manière spéciale à l'étude des classiques anciens et modernes. Des études de sciences faites au collège Bourbon, des cours de la Sorbonne, du Collège de France et de la Bibliothèque royale furent ajoutés en complément à l'instruction de la maison paternelle. «Dès son enfance et sa première jeunesse, Adolphe était cité dans sa famille pour sa vive intelligence, sa facilité de travail, sa gaîté, son imagination, son amabilité et son ardeur à tous les jeux d'adresse et même de hasard. Sa seule ambition était de s'y distinguer. Plus tard, il se livra avec la même ardeur aux jeux de l'esprit, soit

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