TRISTESSE SELON DIEU
raison de son sermon sur la misère de l'homme, après se l'être appliquée d'abord à lui- même : « Quand a-t-on vu le Dieu fort commencer et ne pas finir? Tu n'agites que pour calmer. Tu n'ébranles que pour affermir. »
Il écrit encore à son père :
Rome, 11 Septembre 1827. — Cher père, je n'ai pas le temps de répondre en détail à ton excellente et tendre lettre. Sous le rapport essentiel tu auras été content, car tu me dis: « Encore une ou deux lettres comme celle du 26 juillet, et je croirai mes prières exaucées. » Tu auras reçu depuis une lettre par A. qui expose exactement l'état de mon esprit. Il n'a guère changé depuis. J'ai eu, j'ai encore des moments de grande tristesse, mais ce n'est pas de la mélancolie. C'est une tristesse selon Dieu, née du souvenir de mes fautes et de la vue de ma misère morale, qui, pour la première fois, commence à peser fortement sur ma conscience ; et cette tristesse ne cessera que quand je serai entièrement convaincu, non seulement dans mon esprit, mais dans mon cœur, du pardon sans réserve de Dieu, et pour exprimer toute ma pensée, de mon entière réconciliation avec lui. Quand j'écrivais à A., je ne sentais pas encore, lui disais-je, la doctrine de la rédemption ; aujourd'hui je commence à la sentir par le besoin que j'en ai. Je ne crois pas avoir senti cela auparavant, ou pas de la même manière. Combien je désire, et
avec quelle ferveur je prie Dieu, mon bien -aimé père, que je puisse désormais ne te donner que des sujets de satisfaction, et plus de sujets de chagrin !....
Quelque temps auparavant, Adolphe Monod avait obtenu de son ancien condisciple et ami, le pasteur Vallette, la promesse qu'il viendrait le remplacer à Naples, à partir du 1er octobre 1827 : «Venez prendre ma place, lui écrivait-il, et que Dieu qui me bénit en faisant passer mon Église entre vos mains, vous bénisse en l'y faisant prospérer ! » Un moment, après le changement qui s'était opéré en lui, il se demanda s'il devrait prolonger son séjour en Italie. Tl ne le pensa pas, et rentra en France. M. Vallette le remplaça en effet à Naples, et demeura pasteur de cette Eglise pendant quatorze ans. Il fut ensuite appelé, comme on le sait, par l'Eglise de la confession d'Augsbourg à Paris, où Adolphe Monod le retrouva plus tard, lorsqu'il devint luimême pasteur de l'Eglise réformée de cette ville. Le souvenir de l'Église de Naples et des amis qu'il y avait laissés resta bien vivant dans le cœur de son premier pasteur. Il y revient fréquemment plus tard dans sa correspondance avec M. Vallette.
...«Je saisis cette occasion, lui écrivait-il entre autres de Montauban, le 12 mars 18/i.O, de me rappeler à votre bon souvenir et de vous demander des nouvelles de l'Église. L'œuvre du Seigneur prospère-t-elle dans votre désert? Ah! Saluez en