‹ Adolph MonodChapitre 31 sur 143 · RETOUR EN FRANGE. LYON · texte numérisé non relu

RETOUR EN FRANGE. LYON

mon nom ceux de mes anciens amis de Naples qui veulent bien garder quelque souvenir de mon séjour au milieu d'eux, que je n'oublierai jamais. Surtout saluez très affectueusement pour moi mes excellents amis Comte. Je crains de leur paraître ingrat par mon silence ; et pourtant le cœur ne l'est pas. Mais le courant des occupations m'entraîne, et je n'ai presque aucun temps pour aucune correspondance qui ne soit pas nécessitée par les affaires. Parlezmoi de M. G., de sa femme, de leur enfant acloptif, saluez les Meuricoffre, les deux Autran, les Audra, etc., etc. Tout ce que vous m'apprendrez me sera bien précieux. Prov. XXV, 25. Que de fois je souhaite de revoir Naples avant de mourir ! »

De retour en France, Adolphe Monod fit un court séjour auprès de sa famille, et fut bientôt appelé par le Consistoire de l'Eglise réformée de Lyon, où son talent l'avait fait remarquer. Il prêcha à Lyon le 28 octobre, pour se présenter. Le Consistoire se réunit à l'issue du service, et l'élut immédiatement. Entré en fonctions au mois de décembre 1827, comme second pasteur, il devint président du Consistoire quelques mois plus tard, par suite de la retraite de M. Pasche. Il retrouva à Lyon un ancien condisciple, M. Charles Barde, de Genève, qui avait été appelé comme suffragant pendant quelques mois, en attendant la nomination d'un pasteur de nationalité française.*Ce ne fut pas sans

hésitation qu'il accepta cette vocation, attiré qu'il se sentait plutôt vers, la carrière du professorat. Mais aucune voie ne s'ouvrait devant lui dans ce sens, et il exposa lui-même à son père les raisons qui le décidaient en faveur de Lyon.

18 Octobre 1827. — ...Venons au grand point, à Lyon. Deux carrières s'ouvraient devant moi, le professorat et le pastorat. Il n'est pas nécessaire de choisir Tune à l'exclusion de l'autre ; mais il faut, lors même que je pourrais les réunir un jour, commencer par m'occuper spécialement de l'une des deux. Dans ma dernière lettre je penchais, tu t'en souviens, pour le professorat. Mes idées ont changé depuis, et je préfère aller à Lyon. Voici les raisons qui me font croire que cette vocation est, pour le moment, plus conforme à mon devoir, et aux vues de la Providence à mon égard. En général je pense qu'un professeur peut faire plus de bien qu'un pasteur ; mais il faut peut-être en excepter le cas d'une Église aussi importante que celle de Lyon. De plus, ce but est plus rapproché, est plus assuré ; l'autre est éloigné, est incertain ; une vacance pourra arriver ou dans un temps si long que je me lasserai d'attendre, ou dans un temps si court que je n'aurai pu me préparer. En n'allant pas à Lyon, je renonce, non pas sans doute au pastorat, mais à un poste éminemment intéressant, central presque de toute la France, unique à plusieurs égards; — en y allant,

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