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CHAPITRE II

LYON

ministère dans l' église réformée — fondation de l'église évangélique

Adolphe Monod reçut à Lyon un accueil sympathique et bienveillant. Dès son arrivée, il fut mis en rapport avec plusieurs personnes influentes de l'Église, parmi lesquelles nous devons nommer tout d'abord Mme Évesque, dont la maison était le rendez -vous d'une société choisie. Son esprit aimable et distingué s'ouvrit pleinement à l'Evangile ; et bien qu'alliée à plusieurs membres du Consistoire, elle devint quelques années plus tard un des premiers et des plus fidèles membres de l'Église évangélique.

A sa Mère.

Lyon, 17 Janvier 1828.

... J'ai eu le plaisir de faire cette semaine la connaissance de Mme la baronne Pelet. Elle a passé ici deux jours, pendant lesquels Mraes Évesque et de Villas, ses cousines, ont eu la bonté de me faire ren-

contrer deux fois à dîner avec elle. Elle m'a plu infiniment. Mais je n'ai pu m'entretenir avec elle aussi librement que je l'aurais désiré, étant en société de plusieurs personnes à qui je ne savais pas si les sujets religieux, sur lesquels j'aurais voulu faire parler Mme Pelet, plaisaient autant qu'à moi. Mercredi, après diner, une discussion s'établit entre Mme Pelet et M. T., protestant, mais incrédule, de l'école de Voltaire et des philosophes, homme distingué par les qualités de l'esprit et celles du cœur. Mme Pelet ne voulut considérer la question que sous un seul point de vue : les fruits du christianisme comparés avec ceux de l'incrédulité. Elle a parlé admirablement de la paix, de l'inaltérable tranquillité, de la fermeté, de la charité que produit dans un cœur le sentiment de l'amour de Dieu pour nous, déclaré dans notre réconciliation avec lui par Jésus-Christ. Lorsqu'ensuile M. T., à son tour, a parlé avec éloquence de la force d'âme que peuvent inspirer, selon lui, aussi bien et mieux encore les doctrines de la religion naturelle, les perfections que la raison reconnaît en Dieu, et l'immortalité de l'âme, Mme Pelet l'interrompait de temps en temps en disant : « Que cela est froid ! que cela est glacial en comparaison ! d et le disait avec un accent pénétré qui me prouvait mieux que tous les raisonnements, la vérité et l'efficacité de la doctrine de l'Évangile. Quand je vis la conversation languir entre eux, je la repris avec M. T. sous un autre point de vue. M. T. eut à peine répondu quelques

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