TOUTE LA. PAROLE DE DIEU NÉCESSAIRE
apporter ce témoignage comme un élément à cette réponse : oui, toute la Parole de Dieu est nécessaire. Si j'ai le bonheur de causer encore avec vous, Monsieur, je vous communiquerai quelques idées en développement de cette opinion. Une chose sur laquelle j'insiste comme remarquable, c'est que, lorsque j'ai eu cette conviction pour mes enfants, elle m'était donnée par Dieu et directement pour accomplir un devoir maternel, qu'elle me traversait pour ainsi dire sans me toucher ; j'avais certitude pour eux et doute pour moi. Je n'aurais pas osé lire ce que je sentais devoir leur donner à lire ; — en tout, l'admirable plan chrétien m'a été prêté pour l'expliquer à mes enfants bien longtemps avant que la grâce le révélât à mon propre cœur. Je reviens à votre question : Donnez-vous l'Ancien et le Nouveau Testament ? Non Monsieur ; nous ne donnons que le Nouveau Testament parce que nous sommes convaincues que le clergé s'opposerait à nos distributions; et ce qui ne nous arrêterait pas, j'espère dans un devoir spécial, comme l'éducation de nos enfants, doit, je crois, nous arrêter dans une œuvre de charité que nous devons calculer avec prudence pour l'étendre le plus possible. Le jour où cette prudence ne nous arrêterait plus, pour ma part au moins, je distribuerais toute la Bible. Nous ne pouvons publier encore de rapport par des raisons de prudence également ; mais je vous donnerai par Mrae B. tous les renseignements...
Pardonnez-moi, Monsieur, la confusion de cette longue lettre; de violentes douleurs de tête auxquelles je suis sujette m'empêchent de la relire. Toutes nos amies et particulièrement Mme de Broglie se rappellent à votre bon souvenir et à vos prières.
La prédication évangélique d'Adolphe Monod rallia bientôt autour de lui des personnes pieuses qui avaient formé une Église séparée, mais qui étaient toutes prêtes à se grouper autour d'un pasteur évangélique si elles le trouvaient dans l'Église nationale. On écrivait dès juin 1828 : « Le ministère d'Adolphe a déjà porté un fruit précieux ; il a fait cesser la séparation à Lyon. Le ministre séparatiste est venu à lui, lui a parlé de la manière la plus affectueuse , et lui a déclaré qu'il allait renoncer au service qu'il faisait à l'heure du sermon, et qu'il se faisait une joie d'être au nombre de ses auditeurs. »
Cependant, cette impression n'était pas générale, il s'en faut ; et il put s'apercevoir bientôt que ses prédications commençaient à causer une certaine alarme, en particulier dans le Consistoire.
«Le Consistoire me traita d'abord avec une bienveillance et une estime distinguée, que ses procédés subséquents ne m'ont point fait oublier. Il y avait peu de temps que mon esprit avait été ouvert à l'intelligence de l'Écriture, et que j'avais reconnu la vérité de la doctrine dite orthodoxe. Mes senti-