PRÉDICATION ÉVANGÉLIQUE
ments religieux étaient encore peu éclairés et peu affermis. Mes premières prédications s'en ressentirent. Ce ne fut qu'en février 1828 que j'exposai clairement pour la première fois la voie du salut, dans deux sermons que j'ai imprimés depuis sous le titre de : La Misère de l'homme et la Miséricorde de Dieu. Depuis cette époque, ma prédication, suivant le mouvement de ma conviction personnelle, devint de plus en plus claire et prononcée dans le sens des Écritures et de la Confession de foi. Je pus remarquer dès lors qu'elle commençait à déplaire, et à inquiéter le Consistoire... »
En septembre 1828, il dut demander, pour cause de santé, un congé d'un mois, dont le Consistoire lui accorda la prolongation, ce temps n'ayant pas suffi à le remettre. Ce fut pendant cette absence que commencèrent au sein du Consistoire les discussions qui devaient aboutir à sa destitution. Nous ne nous arrêterons pas longtemps sur l'histoire de cette destitution. Nous aimons mieux renvoyer nos lecteurs au récit qu'Adolphe Monod en fit lui-même, et que les circonstances obligèrent sa famille à publier après sa mort1. Peu porté à écrire et à rien publier à ce sujet, comme quelques amis le pressaient de le faire dès cette époque, il rédigea cependant une relation complète de l'affaire sous forme de mémoire
1 La Destitution oV Adolphe Monod. Récit inédit, rédigé par lui-même. 1864.
destiné au ministre. Mais il ne put se décider à l'imprimer, dans un esprit de charité, et pour éviter, autant qu'il dépendait de lui, de prolonger ces discussions pénibles. Nous-mêmes nous ne revenons pas sur ces souvenirs déjà lointains sans une certaine répugnance. Et cependant cette destitution joua un rôle si important dans la vie d'Adolphe Monod qu'il y aurait une sorte d'affectation à la passer sous silence. Faut-il le dire, nous n'aborderons ce sujet qu'avec toute la réserve que lui-même nous prescrirait, et avec une mesure qui n'est qu'une justice rendue à sa mémoire. Les hommes passent; les principes restent, et la Parole de Dieu demeure éternellement. Nous parlerons de ces événements sans amertume ; lui-même n'en avait aucune, heureux de reconnaître que les hommes même qui lui étaient le plus opposés dans le Consistoire avaient pour lui non seulement de l'estime, mais de l'affection, témoin ce mot de l'un d'entre eux qui le prenait familièrement par le bras dans la rue , au sortir d'une séance orageuse, en lui disant : « Hors du Consistoire nous sommes cousins ! »
Dès cette première année de séjour à Lyon, du reste, en présence des difficultés et de l'opposition qu'il sentait croître devant lui, Adolphe Monod hésita de nouveau entre le ministère actif et la carrière du professorat, à laquelle il s'était toujours cru plus apte. Il passa une partie du congé que nous avons mentionné auprès de sa famille, et le reste à la'cam-