SON MARIAGE
ceux que je connais; pour tous, ô mon Dieu, comme Jésus-Christ m'a parfaitement aimé, lorsque je n'étais que pécheur et son ennemi!
7 Juin. — M. a dit à un membre du Consistoire : «Vous aurez de la peine à montrer à M. Monod que ce qu'il prêche n'est pas selon la Bible » ; et P. a répondu naïvement : « Nous nous garderions bien de l'essayer, nous serions battus. » — « Mais vous prenez sur vous-mêmes une immense responsabilité. » — « Oui, aussi notre position est bien plus critique que la vôtre. »
Nous avons à mentionner ici un événement important de la vie privée d'Adolphe Monod qui coïncida avec le commencement de ses difficultés ecclésiastiques; nous voulons parler de son mariage. Mademoiselle Hannah Honyman appartenait à une honorable famille écossaise, qui était venue s'établir à Lyon après les bouleversements de 181 4-1 81 5, et dans laquelle Adolphe Monod fut appelé à exercer son ministère, à l'occasion d'épreuves grandes et multipliées que Dieu fit fondre sur elle. Ce fut l'affectueuse insistance d'un ami commun, M. Félix Vernes, qui mit Adolphe Monod en relation comme pasteur avec la famille Honyman, que visitait également M. le pasteur Ch. Barde. Mademoiselle Honyman, restée seule avec sa mère d'une famille de quatre enfants, alliait à une excellente éducation un noble caractère et une piété sincère et éclairée. Elle se mon-
tra bien, dès ces années difficiles et douloureuses, par la tendresse de ses affections, la fermeté de sa foi, son activité modeste et silencieuse, cette femme forte, dont parle l'Ecriture, en disant que le cœur de son mari s'assure en elle. Une grave maladie faillit l'enlever aux siens, en 1 852 ; mais elle fut rendue aux prières de son mari et resta jusqu'à la fin la compagne fidèle et dévouée de son ministère, l'amie des pauvres, des petits, des prisonnières, de tous ceux qui ne pouvaient pas lui rendre la pareille. La simplicité était un des traits marquants de son caractère. «Elle était simple dans toute sa manière d'être, simple dans son langage, simple dans sa vie religieuse, simple dans son affection, simple dans ses joies, simple dans sa douleur», disait-on avec vérité devant son cercueil. Elle porta son deuil et son veuvage avec une rare dignité, et fut recueillie douze ans après son mari. Gomme lui, elle fut appelée à glorifier Dieu dans la maladie et dans la souffrance, et sa fin, simple comme sa vie, fut pleine de sérénité et de paix. Ses enfants se lèvent et la disent bienheureuse.
Le mariage eut lieu le 2 septembre 1829. Le voyage de noces de M. et Mme Adolphe Monod consista en une excursion de quelques jours dans le Dauphiné. A ce voyage se rattache un épisode intéressant, parce qu'il nous montre le zèle ardent qui animait Adolphe Monod pour la conversion de ceux qui l'entouraient. Leur passage à Vienne coïncida