‹ Adolph MonodChapitre 5 sur 143 · ENFANCE ET JEUNESSE · texte numérisé non relu

ENFANCE ET JEUNESSE

en vers, soit en prose, et il y excellait.» — «Voir mon jeune Adolphe exercer les fonctions pastorales à la tête d'une Église qu'il a créée, dont il est le pasteur, lui écrivait quelques années plus tard une ancienne amie de sa mère, Mme Verdier ; cet enfant qui jouait naguère, cela me vieillit plus que les douze petits enfants qui m'entouraient il y a peu de jours, et m'étonne encore davantage; car aucun n'avait cette figure mutine qu'il faut que je transforme en un homme de Dieu. Béni soit Dieu de l'avoir fait tel ; et puissiez-vous, mon cher Adolphe, recueillir les doux fruits de votre zèle et prospérer à l'ombre de vos bonnes œuvres»... Une aptitude particulière à écrire sa langue et à la parler se manifesta de bonne heure chez lui, et dès son premier sermon son père devina en lui un prédicateur remarquable. Lui-même ne se sentait pas cette facilité au travail qui frappait les autres. Il avait au contraire, avec un vif désir de se distinguer en toutes choses, une défiance très grande de lui-même et de ses capacités, et se faisait remarquer par le soin et la conscience qu'il apportait à son travail. Souvent plus tard il disait que s'il avait obtenu quelque succès en ce monde, c'était moins par la richesse d'une nature exceptionnelle que par un travail plus qu'ordinaire. Disons plutôt que Dieu lui avait accordé l'un et l'autre; et que les talents naturels qu'il avait reçus furent secondés par l'ardeur d'une conscience qui n'était jamais satisfaite, et par une soif de la

perfection qui s'étendait à toutes choses et ne lui laissait point de repos ; et qui, après lui avoir causé des années de découragement et de mélancolie, ne trouvèrent à s'apaiser que dans une consécration absolue de son être tout entier à la volonté de Dieu, au moment de sa conversion.

Fort jeune encore, il désira se préparer au ministère évangéljque, et annonça cette résolution à ses parents dans une pièce de vers qu'il leur adressa à l'occasion de son quinzième anniversaire, et dont quelques fragments nous semblent trouver ici leur place, parce qu'elle nous fait connaître les sentiments qui l'animaient dès lors, et l'esprit dans lequel il se préparait à sa carrière future. A côté de certaines exagérations de jeunesse, il y respire une ardeur et un enthousiasme que l'on serait heureux de rencontrer quelquefois aujourd'hui. Il l'intitula lui-même

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