‹ Adolph MonodChapitre 41 sur 143 · A S0.\ FRÈRE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

A S0.\ FRÈRE FRÉDÉRIC

quante, tout au plus. De personnes bien disposées pour l'Évangile et bienveillantes pour moi, et qui pour l'une ou l'autre de ces raisons désirent que je reste, je n'en puis pas apprécier le nombre ; mais je le crois peu considérable. Dans cet état de choses, je ne pense pas que le ministre puisse, ni doive, peut-être, refuser ma destitution. Et s'il la refuse, rester contre le Consistoire et contre le troupeau. n'est pas seulement dur à la chair — ceci n'est pas à considérer, — mais semble encore plus propre à nuire à la vérité qu'à la servir. Peut-être le Seigneur a fait à Lyon ce qu'il y voulait faire pour moi, et s'y prépare de nouveaux ouvriers, et à moi un nouveau champ de travail.

Je n'ignore pas, au reste, combien le tentateurest rusé, et moi facile à séduire. Peut-être ce changement dans mes vues est-ii venu de mon désir personnel de quitter. Peut-être aussi le Seigneur veut-il que je reste, et me prépare-t-il dans cette crise même et dans ses effets qui peuvent être tout autres que nous ne les attendons, des moyens d'action plus puissants qu'auparavant.

Dans cette incertitude, je m'adresse à lui premièrement, et je lui dis continuellement, et j'espère sincèrement : Enseigne-moi ta volonté, car tu es mon Dieu. Fais-moi connaître le chemin par lequel j'ai à marcher, car j'ai élevé mon cœur vers toi. (Ps. GXLIII, 8-10). Ensuite je recours aux prières et aux conseils de chrétiens plus sages, plus expérimentés que moi.

qui peuvent juger plus sainement de ma position, n'y étant pas engagés eux-mêmes.

Une autre voie sembla s'ouvrir devant lui quelques mois plus tard : la chaire de morale évangélique et d'éloquence sacrée à la Faculté de Théologie de Montauban devenait vacante, par suite de la mort de M. Frossard, le 3 janvier 1830. Les lettres qu'on vient de lire expliquent suffisamment qu'Adolphe Monod, cédant aux conseils de son père et d'un certain nombre de ses amis, et appuyé du reste par vingt-sept Consistoires, sollicita la dispense d'âge qui lui était nécessaire pour être nommé professeur, et résolut de se présenter à la chaire vacante.

Il se mit donc en route pour Montauban, et écrivait de Toulouse le 18 juin, se doutant peu de la manière dont les choses se préparaient pour le concours. Cette lettre, sans traiter directement de ce sujet, est intéressante parce qu'elle nous fait connaître le commencement de ses relations avec les MM. Courtois de Toulouse, qui devinrent pour lui des amis si fidèles.

Toulouse, 18 Juin 1830. ... Je m'attendais à trouver au midi de la France un pays fort beau, des eaux, des mouvements de terrain, etc. J'ai été fort trompé. Partout un pays plat, qui n'a rien de pittoresque, ni d'eaux abondantes, ni de beaux arbres. Je n'ai pas vu un seul paysage aussi beau que ceux

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